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Qu'est-ce que la Check-list ?

Web page - Posted on Jan 05 2010

Élaboration de la check list version française

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 234 millions d’interventions chirurgicales sont réalisées chaque année dans le monde. Dans les pays industrialisés, la mortalité en lien avec la chirurgie serait de 0.4 à 0.8% et le taux de complications postopératoires graves serait de 3 à 16% – la moitié de ces complications sont considérées comme évitables. C’est pourquoi, l’OMS a lancé le programme « Safe Surgery Saves lives » (La chirurgie sûre sauve des vies) visant à réduire les taux de complications et de décès postopératoires. L’objectif de ce programme est de renforcer l’implication des équipes en s’appuyant sur des recommandations de bonnes pratiques afin d’améliorer la sécurité du patient en chirurgie.  

Afin d’implanter ce programme l’OMS a choisi un outil simple, facile à mettre en oeuvre et peu onéreux : une check-list qui supporte les différents standards sécurité devant être vérifiés avant, pendant et après toute intervention chirurgicale. 

Cette check-list est également efficace : une étude réalisée selon un protocole avant-après, sur près de 8000 patients dans 8 pays sur une période courte (moins d’un an) a permis de conclure à l’amélioration des résultats chirurgicaux grâce à l’implantation de cette check-list.  

Confortée par ces résultats, la HAS a souhaité promouvoir l’utilisation d’une check-list type OMS, adaptée au contexte français.

Les objectifs de la check-list sont :

 

  • d’améliorer la sécurité au bloc opératoire et réduire les erreurs chirurgicales en intégrant dans les pratiques quotidiennes des équipes chirurgicales, la vérification croisée de différents points critiques de sécurité ;
  • de renforcer, d’améliorer la communication et le partage des infiormations au sein des équipes travaillant au bloc opératoire.

Un groupe de travail composé d’une trentaine de personnes représentant le conseil national de chirurgie, les collèges professionnels et organismes agréés de chirurgie et d’anesthésie, les représentations professionnelles des personnels infirmiers travaillant au bloc opératoires ainsi que les fédérations d’établissements hospitaliers a participé à la rédaction de la check-list  « Sécurité du patient au bloc opératoire » ; les patients étaient représentés par le LIEN, membre du collectif inter associatif sur la santé (CISS).  

Dans sa version diffusée, la check-list n’est pas modifiable : les 10 critères retenus étant considérés par les professionnels du bloc, comme étant indispensables à vérifier ; d’autre part, étant donné la mobilité des professionnels, le caractère unitaire du document facilitera son utilisation. Néanmoins, une marge d’adaptation sera autorisée en fonction des systèmes d’informations et des programmes déjà en œuvre dans les établissements. Elle fera l’objet de développements spécifiques complémentaires dans le cadre de leurs collèges professionnels, ainsi par exemple, la check-list Circulation extra-corporelle pour la chirurgie cardiaque.


 

 Dès janvier 2010, la check-list de la HAS est applicable en France dans tous les établissements de santé qui disposent d’un bloc opératoire. Sa mise en place sera vérifiée par les experts-visiteurs dans le cadre de la certification, à travers la V2007 et la V2010.


Modalité de mise en oeuvre et constat des experts-visiteurs

La certification des établissements de santé vise à apprécier l'appropriation de la démarche d'amélioration de la qualité et de sécurité des soins par l'ensemble des professionnels. Cette appropriation nécessite un engagement de la direction et de la commission/conférence médicale d’établissement, un relai effectif de l'encadrement et la participation de l'ensemble des professionnels. 

 

Au bloc opératoire, le développement d’une culture partagée de la sécurité s’articule autour de la mise en œuvre de la check-list, des revues morbidité mortalité au bloc opératoire (RMM) et de la gestion des évènements indésirables ainsi bien sûr que des activités menées dans le cadre du Conseil de bloc.

 

L'implantation de la check-list requiert l’adhésion de tous  : implication des représentants institutionnels et des responsables des départements et services de chirurgie, d'anesthésie, engagement pérenne des professionnels de bloc opératoire et en particulier impulsion donnée par le chirurgien et l'anesthésiste responsables de l'intervention.

 

Ce document vise à garantir la sécurité du patient par des vérifications : identité, site, positionnement du patient, contrôle du bon fonctionnement du matériel (traçabilité du matériel stérilisé), information et communication inter-équipe, antibioprophylaxie, comptage des instruments, signalement d’éventuel dysfonctionnement, etc.

 

L'expert-visiteur en visite s’interrogera sur sa mise en œuvre au quotidien (intégrée au déroulement du programme opératoire). Il ne doit pas s'agir d'un remplissage passif, voire a posteriori des liens mais d'un renseignement proactif au fur et à mesure de la réalisation partagée et croisée au sein de l'équipe. L’expert-visiteur s’assurera que le time out (temps de pause avant incision) est pratiqué pour toutes les interventions et qu’il constitue un moment d’échange oral des informations.

 

 L’idéal serait que l’établissement présente aux experts-visiteurs :

  • l’état de déploiement de la check-list dans l’établissement au moyen d’une cartographie fonctionnelle couvrant tout ou partie des activités au bloc opératoire et autres secteurs interventionnels ;
  • la stratégie d’implantation utilisée : réunions, informations des équipes, affichage ou autre ;
  • les supports retenus (papier ou informatique), le mode d’archivage ;
  • la réalité de l’utilisation au quotidien avec rencontres de professionnels des 3 métiers du bloc : chirurgiens, anesthésistes-IADE, IBODE ; il sera intéressant de connaître leur décision concernant celui retenu comme coordinateur Check-list ainsi que de connaître la fréquence des No-Go (c’est à dire le nombre de Non (Items non vérifiés de manière croisée) et leur gestion quant aux décisions d’arrêt de la procédure chirurgicale ;
  • une évaluation succincte de son utilisation par les équipes (indicateurs de pratiques – % de renseignements de la liste, de résultats intermédiaires type ABprophylaxie, ou de résultats finaux – ex taux d’ISO).

Pour la V2010 (critère 26a : « pour chaque intervention chirurgicale, la procédure de vérification de l’acte est mise en œuvre par un membre identifié de l’équipe opératoire »), le fait de constater une utilisation systématique de la check-list dans tous les blocs opératoires le conduira à répondre « oui », une mise en place dans la majorité des blocs opératoires ou dans la majorité des cas une réponse « en grande partie », une mise en place très peu fréquente ou dans un nombre de blocs opératoires très minoritaire  « partiellement ». Enfin, une non intégration de l’outil aux pratiques organisationnelles des blocs opératoires retiendra la réponse « non ».

Concernant la V2007, le critère retenu pour préciser l’utilisation de la check-list est le 32b du manuel de certification des établissements de santé et plus spécialement le 2ème élément d’appréciation « Transmission des différentes informations pertinentes adaptées à la prise en charge du patient en per-opératoire… ».

L’appréciation concernant la mise en place de la check-list s’effectuera de la même façon mais en tenant compte des 3 niveaux de réponse prévus dans la procédure V2007.

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