Check-list et accréditation
La check-list est intégrée au programme inter-spécialités à double titre.
- Dans les recommandations générales : mise en place de la check-list « sécurité du patient au bloc opératoire »
- Dans les activités d’accompagnement et de surveillance des risques : enquêtes sur la mise en œuvre de la check-list « sécurité du patient au bloc opératoire »
Le programme inter-spécialités est défini lors de la commission risques inter-spécialités au titre des missions qui lui sont confiées :
− définir et mettre en œuvre la stratégie de gestion des risques communs à plusieurs spécialités ;
− valider les enseignements et les recommandations inter-spécialités proposés ;
− proposer un programme d’amélioration de la sécurité des pratiques applicable à toutes les spécialités.
Enquêtes sur la mise en œuvre de la check-list
La check-list « sécurité du patient au bloc opératoire », adaptée d’une check-list de l’OMS, est mise en application en France depuis le 1er janvier 2010.
Une première analyse internationale de la mise en œuvre de la check-list de l’OMS, publiée dans N Engl J Med 2009;360:491-9, à partir de l’expérience de 8 centres dans le monde sur une période courte (moins d’un an), montre déjà des résultats éloquents : diminution en moyenne de moitié du taux de mortalité (qui passe de 1.5% à 0.8%, P=0.003), et d’un tiers du taux de complications (qui passe de 11.0% à 7.0%, P<0.001). Si l’on stratifie l‘étude sur les pays industrialisés, la mortalité diminue de manière non significative de 0.9 à 0.6% (P=0.18%), mais le taux des complications diminue significativement de 10.3 à 7.1% (P<0.001%).
En France, une enquête auprès des médecins engagés au sein de 15 organismes agréés pour l’accréditation (OA-A) a été menée en 2010 après 6 mois de mise en œuvre de la check-list dans les blocs opératoires français, pour évaluer sa faisabilité et son acceptabilité.
Le taux de réponses est important : 1900 réponses parmi les 8 781 médecins engagés, soit 21,6%. 99 % des répondeurs ont effectivement mis en place la check-list, 80% depuis plus de 6 mois, sans différence significative selon le type d’établissement de santé ni le type d’activité.
En revanche la « culture de sécurité » et la conscience de l’importance du travail en équipe dans la prévention du risque peut encore progresser : en effet, si près de ¾ des répondeurs délèguent toujours à d’autres, ce qui est prévu, plus d’un tiers des répondeurs ne participent pas du tout au processus (poser ou répondre aux questions).
Délégation | Participation | |||||
A un autre professionnel | OUI | NON | ||||
Toujours | 1324 | 73% | 709 | 54% | 566 | 43% |
Parfois | 350 | 19% | 285 | 81% | 53 | 15% |
Jamais | 132 | 7% | 120 | 91% | 8 | 6% |
Total | 1827 |
| 1122 | 61% | 633 | 35% |
La majorité des répondeurs est convaincue que la check-list peut être améliorée. Il existe par exemple une incompréhension sur la formulation de « la réponse oui » (« La réponse « OUI » à un item valide sa vérification croisée au sein de l’équipe. Si cette vérification n’a pu être réalisée, la réponse « NON » doit être cochée ») : 40% des répondants comprennent la réponse « oui » comme étant la vérification d’un item, 53% comme la réponse directe à l’item.
Parmi les difficultés ou les freins les plus souvent cités, il y a l’obligation de la présence de tous les intervenants à tous les temps du questionnement (38% des répondeurs), la mauvaise adaptation de quelques items (30%), des réticences à une tâche administrative (29%), l’impression de « théâtralisation » (27%) et l’inadaptation pour les interventions courtes (26%).
62% des répondeurs estiment que la check-list ne ralentit pas significativement l’activité, et qu’elle est plutôt adaptée à la pratique (seulement 31% pensent le contraire).
Enfin 81% des répondeurs pensent que la check-list est une bonne chose pour la sécurité des patients ; 68% pensent que l’utilisation est généralisable à toutes les interventions. Plus d’un tiers ont déjà pu détecter un événement porteur de risque (EPR) grâce à la check-list, ou pensent que cela est possible (mais 56% non…) et près des deux tiers en ont tiré des modifications organisationnelles : avec un si faible recul, on peut trouver ces constatations appréciables.
En conclusion, cette enquête est encourageante ; elle montre une assez bonne mobilisation des médecins engagés dans l’accréditation ainsi qu’un sentiment d’acceptation globale du principe. Cependant, l’implication directe des médecins dans la réalisation de la check-list « sécurité du patient au bloc opératoire » reste apparemment encore à améliorer. Cette enquête permet également de relever un certain nombre d’imperfections à corriger pour en augmenter l’acceptabilité.
ESDI - Déclaration d'intérêts en ligne
Français