Accroître la sécurité du patient est devenue aujourd'hui un enjeu majeur de tout système de soins. Les dispositifs qui visent à sécuriser les soins sont multiples, répondent à des méthodologies différentes, mais doivent s’inscrire dans une forte cohérence. La HAS est très mobilisée sur ce défi à la fois en promulguant des actions contributives à la sécurité du patient (check-list, accréditation, certification...), en accompagnant pédagogiquement ces actions, en facilitant par tous les moyens le renforcement de la culture de sécurité dans les établissements, et en veillant aussi à ce que ces dispositifs restent réalistes par rapport aux autres exigences de prise en charge thérapeutique et des conditions professionnelles du moment.
Les trois sessions consacrées à cette thématique ont pour objectif de dégager, avec les participants, et à partir de retours d’expériences de différents acteurs, des conclusions et des pistes d'actions nouvelles.
Les évènements indésirables graves (EIG) liés au médicament (erreur de molécule, erreur de dose, interactions, problèmes de prescription et d’administration) sont extrêmement fréquents, préjudiciables pour les victimes et potentiellement inducteurs d’un surcoût de la prise en charge. Que faire pour réduire ce risque lié aux erreurs de prescription ou d’administration, tout en assurant un accès à une prescription de qualité ? Informer et former les patients, mieux armer le retour d’expérience, mieux former les médecins, doter les soignants et les patients d’aide dans la distribution et l’administration du médicament, doter les praticiens d’outils d’aide informatique plus pertinents ? La session pose le problème, soumet au débat plusieurs approches illustrées par des initiatives de la HAS et discute de pistes alternatives.
Cette session sera précédée d’une session sur le même thème :
ST 1 : Accroitre la sécurité du patient
Et suivi d’une autre :
ST 7 : Accroitre la sécurité du patient : une culture commune à partager
Consulter le texte des moments forts et le diaporama de cette session en bas de page
Visionner la vidéo de cette session thématique
Vidéo assez volumineuse, merci de patienter quelques instants
Modérateur :
- Armelle LEPERRE-DESPLANQUES – Chef du service programmes pilotes impact clinique, Haute Autorité de Santé
Intervenants :
- Dominique BONNET-ZAMPONI – OMEDIT, pôle appui à la qualité et à la performance, ARS Ile-de-France
La prescription médicamenteuse est un élément fondamental de la qualité des soins délivrés au patient et donc de sa sécurité. Bien prescrire nécessite d’évaluer la balance bénéfice/risque du (des) médicament (s) pour chaque patient, pris dans sa globalité et sa singularité. Ceci est particulièrement vrai mais complexe chez les personnes poly-pathologiques, comme beaucoup de sujets âgés. Le programme PMSA, Prescription Médicamenteuse chez le Sujet Agé, met à la disposition du prescripteur des outils pratiques, supports à une démarche d’optimisation de la prescription chez ces patients complexes.
- Edith DUFFAY – Responsable du pôle logistique médicale, CH de Lunéville
Dans un établissement de santé, la conciliation des traitements médicamenteux s'effectue aux points de transition que sont l'admission, le transfert et la sortie du patient hospitalisé. Le processus formalisé contribue à la continuité des soins et leur qualité. Il permet notamment la détection et la correction des écarts observés entre la première ordonnance rédigée à l'admission et le traitement de ville du patient. Certaines de ces divergences sont intentionnelles. D'autres sont non intentionnelles; il s’agit alors d’erreurs médicamenteuses qui doivent être corrigées. Les résultats issus d'études internationales convergent avec ceux observés en France. Ils montrent que pour plus de 40% des sujets de 65 ans et plus hospitalisés après passage aux urgences, existent des divergences non intentionnelles dans leur traitement qui sont détectées et corrigées grâce au processus de conciliation.
- Carole MICHENEAU – Chef de projet, service programme pilotes impact clinique, Haute Autorité de Santé
La polymédication très fréquente chez le sujet âgé, souvent justifiée en raison des pathologies associées, majore le risque iatrogénique. Le sujet âgé est particulièrement exposé (20% des hospitalisations des sujets âgés en France, essentiellement liées aux médicaments cardiovasculaires et psychotropes). La HAS en collaboration avec les professionnels a développé les programmes d’amélioration des pratiques « AMI » pour une meilleure prescription et maîtrise des situations à risque. Un exemple de ces programmes, le programme "AMI Alzheimer", Alerte et Maîtrise de la Iatrogénie des neuroleptiques dans la maladie d'Alzheimer, sera présenté au cours de cette table ronde.
- Yasmina SAMI – Chef de projet, service évaluation et amélioration des pratiques, Haute Autorité de Santé
Avec l’aide d’un groupe de travail associant les professionnels concernés par la prise en charge médicamenteuse, la HAS publie un guide pour prévenir la survenue des erreurs médicamenteuses lors de l’administration des médicaments. Ce guide propose de s’appuyer sur la règle des 5B pour s’assurer que le « bon médicament est administré à la bonne dose, selon la bonne voie, au bon moment et au bon patient ». Des repères de bonne pratique et des outils sont proposés pour aider les professionnels de santé, notamment dans le domaine de la gériatrie.