L’essentiel sur – Lettre de la HAS – n° 30 – Janvier-mars 2012
Prévenir et reconnaître le syndrome du bébé secoué
Lié à la maltraitance, le syndrome du bébé secoué touche au minimum 200 enfants par an. Il conduit à de sévères séquelles et au décès de 10 à 40 % des jeunes victimes. La HAS publie des recommandations pour aider les professionnels à mieux repérer et à diagnostiquer ce syndrome.
Faciliter le repérage et le diagnostic du syndrome du bébé secoué, tel est l’objectif des recommandations de bonne pratique publiées par la HAS. Des recommandations élaborées par la Société française de médecine physique et de réadaptation (Sofmer), dans le cadre d’une audition publique, et pour lesquelles la HAS a apporté son appui méthodologique.
Le bébé secoué est une forme de maltraitance qui concerne des nourrissons de moins de 1 an, souvent même de moins de 6 mois. Ce syndrome résulte de secouements provoqués par des adultes, des hommes dans 7 cas sur 10, qui ont pu être exaspérés par les pleurs de l’enfant. Pour la première fois, des critères diagnostiques reposant sur l’examen clinique et les données d’imagerie cérébrale sont détaillés dans ces recommandations. Celles-ci soulignent l’importance, pour les médecins, de signaler les cas de bébé secoué au procureur de la République. Ce signalement est d’autant plus précieux qu’on constate une récidive dans plus de 50 % des cas. La HAS préconise de favoriser les campagnes d’information afin de sensibiliser le plus grand nombre à ce syndrome encore mal connu. Elle a d’ailleurs mis en ligne, sur son site, des vidéos pédagogiques accessibles au grand public. Face à des pleurs prolongés, apparemment sans cause, il est notamment conseillé de coucher le nourrisson sur le dos dans son lit et de quitter la pièce.