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Développement professionnel continu (DPC) en anesthésie-réanimation

Mise en œuvre du DPC en anesthésie-réanimation


Mise en œuvre du DPCLe développement professionnel continu (DPC) entrera en vigueur le 1er janvier 2012. Il se caractérise par la prédominance de l'évaluation des pratiques par rapport aux modalités traditionnelles de formation médicale continue (FMC) qui devront évoluer vers des approches plus interactives que celles habituelles (congrès, conférences, cours). Le développement du e-learning en sera un des pivots. L'objectif du législateur est par ailleurs de simplifier le processus pour les praticiens en fondant l'évaluation des pratiques et le perfectionnement des connaissances en une seule démarche.
Auparavant, il y avait d'un côté la FMC, qui relevait de conseils nationaux différents selon l'exercice (libéral ou hospitalier) avec un projet de barème complexe, et de l'autre l'évaluation des pratiques professionnelles et l'accréditation autour des Unions régionales de médecins libéraux (URML), des Commissions médicales d’établissements (CME) et des organismes agréés.

Définition du DPC : les décrets en cours de finalisation définissent le DPC comme « l’analyse, par les médecins, de leurs pratiques professionnelles, ainsi que l’acquisition ou l’approfondissement de connaissances ou de compétences ». Il est défini par une obligation individuelle qui s’inscrit dans une démarche permanente. Le médecin satisfait à son obligation annuelle de développement professionnel continu dès lors qu’il participe à un programme de développement professionnel continu collectif. Pour que cette obligation soit remplie, le programme doit répondre à une orientation nationale ou à une orientation arrêtée au niveau régional. Le programme mis en œuvre par un organisme DPC peut être annuel ou pluriannuel et il est caractérisé par une méthode. L'accréditation est une méthode de DPC.

En pratique pour les anesthésistes réanimateurs :
- comment entrer dans le DPC ?
Il faut s'inscrire dans un programme DPC (finalement proche des programmes EPP que nous connaissons déjà) auprès d'un organisme enregistré pour le DPC par une commission nationale unique composée essentiellement de professionnels issus des conseils nationaux professionnels de spécialité.
- auprès de qui s'inscrire ?
Les organismes DPC auprès desquels il sera possible de s'inscrire seront essentiellement le Cfar, passage obligé dans le cadre de l'accréditation (comme actuellement), mais également les CME et les URML (futures unions régionales des professionnels de santé (URPS)) qui pourront élaborer des programmes DPC moins spécifiques de la spécialité.
- comment valider ?
L'inscription à un programme DPC et sa réalisation vaudront DPC. L'organisme DPC transmettra l'attestation au Conseil départemental du lieu d'exercice.
- quel financement ?
Le projet de décret indique que les CHU et les CH consacreront respectivement un pourcentage minimum de 0,50 % et 0,75 % du montant des rémunérations de ses praticiens au financement des actions de DPC des médecins. Le financement des libéraux sera assuré en principe par une contribution de l'Assurance maladie définie par convention.

En conclusion, une nouvelle page pour la formation continue des médecins est en train de s'écrire. Elle apporte une cohérence attendue à l'ensemble du processus et elle renforce la place des professionnels dans le dispositif au travers de leurs Conseils nationaux professionnels. Il reste à démontrer néanmoins que le DPC sera effectivement porteur d'une vraie dynamique et d'une amélioration de la qualité et de la sécurité des soins.

Pr Bertrand Dureuil – Président de la Commission accréditation – Cfar – Département Anesthésie-réanimation chirurgicale – Hôpital Charles Nicolle – Rouen

 

Simulation en anesthésie-réanimation et développement professionnel continu (DPC)


La simulation se développe rapidement en France pour la formation initiale et continue.
L’anesthésie-réanimation et les disciplines chirurgicales font figure de précurseurs, mais poursuivent des objectifs différents. En effet en anesthésie-réanimation, selon une logique largement éprouvée en aviation, l’objectif de la simulation est double :
 - permettre de maîtriser des incidents et procédures peu fréquents ou graves et complexes (maîtrise technique) ;
 - favoriser l’acquisition des compétences non techniques (facteur humain).

Les chirurgiens quant à eux, sont plus naturellement enclins à utiliser la simulation pour l’apprentissage de nouvelles techniques opératoires, les aspects non-techniques étant secondaires. Enfin, la simulation entre en force dans les facultés de médecine pour l’apprentissage de gestes techniques sans recourir au patient.

Le Collège français des anesthésistes réanimateurs (Cfar), conscient de l’apport considérable que la simulation pouvait apporter au développement professionnel continu (DPC) en anesthésie-réanimation, a favorisé la fédération de centres précurseurs autour de l’élaboration de scénarios communs centrés autour des « essentiels », par les équipes pratiquant la simulation. L’objectif étant que ceux qui défrichaient cette nouvelle activité, puissent forger des outils (objectifs pédagogiques, scénarios) qui aident à démarrer les centres nouveaux venus. Ce projet a réuni des anesthésistes-réanimateurs et des urgentistes qui ont finalisé cette boîte à outil que le Cfar met à disposition de ses membres développant la simulation.
Dans un second temps, le Cfar à réalisé une enquête (décembre 2009) auprès des centres pratiquant la simulation en anesthésie-réanimation afin de recueillir leur mode opératoire, organisationnel et leur capacité de formation dans le domaine de l’anesthésie-réanimation. Il apparaît que les centres ont adopté des modes opératoires similaires et qu’ils sont en majorité favorables à une mise en commun des objectifs pédagogiques et de scénarios, ainsi qu’à une collaboration. Leur faiblesse actuelle réside dans un financement complexe et non pérenne des effectifs de formateurs pris sur les effectifs cliniques. Enfin, la simulation est majoritairement utilisée pour la formation des internes, les professionnels et le DPC représentant une quotité encore minoritaire. Cependant, le nombre de centres actifs croît rapidement et on peut supposer que l’offre s’élargira en moyens et en volume. La clé étant que les subsides dévolus au DPC puissent être investis dans cette nouvelle activité.

La HAS, convaincue de l’intérêt de la simulation, a lancé un travail de recensement de la simulation dans des disciplines médicales et chirurgicales autres que l’anesthésie-réanimation. Il est probable que l’association des données fournira une vision complète de cette activité pédagogique prometteuse.
Dr Laurent Beydon – Cfar – Département anesthésie-réanimation chirurgicale – CHU Angers

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