01/01/2012>
Publication du rapport HAS sur la simulation en santé par le Pr. Jean-Claude Granry et le Dr Marie-Christine Moll.
La simulation en santé est une démarche pédagogique innovante particulièrement adaptée à la formation des équipes soignantes. La HAS a demandé au Pr Jean-Claude Granry et au Dr Marie-Christine Moll, praticiens au centre hospitalo-universitaire (CHU) d’Angers, de dresser un état des lieux de son déploiement en France et dans le monde. Dans leur rapport, les deux médecins formulent aussi des propositions pour favoriser son développement.
Mannequin hyperréaliste piloté par ordinateur, intervention sur des peaux synthétiques, jeux de rôles avec des patients, acteurs ou « standardisés » : la simulation en santé est un outil pédagogique innovant, particulièrement adapté à la formation des équipes soignantes. Le Pr Granry et le Dr Moll définissent cette méthode par « l’utilisation d’un matériel […], de la réalité virtuelle ou d’un patient standardisé pour reproduire des situations ou des environnements de soins. Le but est d’enseigner des procédures diagnostiques et thérapeutiques ainsi que des concepts médicaux à des professionnels de santé en leur faisant répéter les processus. »
Inspirée des simulateurs de vol du secteur aéronautique, cette méthode « d’entraînement » est utilisée en formation initiale et en formation continue. Elle permet aux futurs médecins et soignants de se préparer à leur métier. Elle offre aussi aux professionnels en exercice la possibilité d’actualiser leurs connaissances et leurs compétences, dans le cadre du développement professionnel continu (DPC), afin de mettre en oeuvre des actions d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins. « La simulation permet aux apprenants à la fois d’acquérir des connaissances, de renforcer leurs acquis, sans risque pour le patient, de faciliter leur réflexion en groupe et d’améliorer leur confiance en eux », précisent les auteurs de ce rapport qui en résument ainsi l’enjeu éthique : « Jamais la première fois sur le patient ! »
Une activité émergente en France
La simulation en santé est utilisée de manière très inégale selon les régions du monde. « En France, le nombre de centres de simulation est encore limité, souligne Jean-Claude Granry. Mais la démarche intéresse toutes les disciplines. » L’anesthésie-réanimation, la médecine d’urgence, la périnatalité et les soins infirmiers sont les premiers utilisateurs de ces techniques d’entraînement high-tech qui sont enseignées par des professionnels spécifiquement formés. « Le problème se situe essentiellement au niveau des ressources humaines, souligne le Pr Granry. On compte moins d’un équivalent temps plein par centre de simulation en santé. De même, les ressources financières sont très limitées par rapport aux centres nord-américains. Par conséquent, les matériels, les équipements sont peu nombreux et encore insuffisamment diversifiés. »
Déployer la simulation en santé
Les auteurs du rapport formulent donc une série de propositions pour favoriser le développement de la simulation en santé. Ils préconisent notamment que la formation par des méthodes de simulation soit intégrée aux programmes d’enseignement des professionnels de santé, à toutes les étapes de leur cursus, initial et continu. Ils plaident également pour la mise en place d’une politique nationale destinée à valoriser et à financer davantage cette activité. Enfin, ils recommandent que la simulation soit utilisée comme un outil de validation des compétences des professionnels au sein de structures « certifiées ».
La simulation médicale dans le cadre du développement professionnel continu
Dans le prolongement de ce rapport, la HAS a mis en place un groupe de travail pour définir des bonnes pratiques (méthodes, programmes, durées, thèmes…) en matière de simulation. Objectif : favoriser son déploiement dans le cadre du développement professionnel continu.
Lettre HAS n° 31, avril-juin 2012

Publication du rapport HAS sur la simulation en santé par le Pr. Jean-Claude Granry et le Dr Marie-Christine Moll.
La simulation en santé se développe mais reste encore relativement confidentielle en dehors de certaines spécialités comme l’anesthésie ou la chirurgi(...)