Accréditation des médecins
Retour d'expérience
Le nouvel événement porteur de risque (EPR) exemplaire du mois
L’importance de la coordination des soins pour les actes réalisés en soins externes
Spécialité :
Chirurgie urologique
Intitulé de l’événement :
Gestion inadaptée d’une prostatite après ponction biopsie de la prostate
Résumé synthétique :
- Patient âgé de 60 ans pris en charge pour des biopsies prostatiques écho guidées en consultation.
- Le geste se déroule correctement après une antibioprophylaxie par fluoroquinolones.
- Le lendemain le patient présente de la fièvre. Il contacte son médecin traitant qui, devant la symptomatologie, lui prescrit un traitement antibiotique par fluoroquinolone.
- En l’absence d’amélioration, le patient se présente aux urgences de l’établissement où travaille l’urologue qui a réalisé la biopsie. Une fois le patient examiné, l’urologue modifie l’antibiothérapie et prescrit une bi-antibiothérapie par céphalosporine et aminoside, ce qui correspond au traitement recommandé devant une fièvre après biopsie. En effet, les germes retrouvés dans les prostatites post biopsie sont le plus souvent résistants aux quinolones, quelle que soit l’antibioprophylaxie réalisée, et de plus il est déconseillé de prescrire le même antibiotique que celui utilisé de façon préventive avant le geste.
- Dans les 24 heures suivant cette nouvelle antibiothérapie, le patient normalise son état.
Barrières qui ont arrêté l'événement avant qu'il ne devienne un événement indésirable grave :
- Consultation en urgence avec l’urologue qui modifie l’antibiothérapie
Barrières qui n'ont pas fonctionné :
- Information préalable du patient insuffisante (contact avec l’urologue en cas de fièvre)
- Absence de remise de la feuille d’information AFU (Association Française d’Urologie) au patient
- Absence d’information au médecin traitant ou pour tout médecin consulté par le patient précisant la conduite à tenir en cas d’hyperthermie
Causes immédiates et latentes identifiées :
- Information préalable du patient insuffisante
- Absence de document d’information à transmettre à un médecin précisant la conduite à tenir en cas d’hyperthermie (fiche info AFU)
- Mauvais choix d’antibiothérapie par le médecin traitant non informé des spécificités de prise en charge des prostatites post biopsies
Actions utiles identifiées pour éviter que l’événement ne se répète :
- Dès la consultation pré-opératoire, expliquer au patient les effets indésirables de la biopsie de la prostate, leurs conséquences et leurs modalités spécifiques de prise en charge
- Donner systématiquement au patient la fiche information de l’AFU explicitant la prise en charge de la prostatite aigüe et pouvant être remise par le patient à n’importe quel médecin amené à traiter ces complications
- Post biopsie, remettre systématiquement au patient une nouvelle fiche d’information ou un double du compte-rendu opératoire, destiné au médecin amené à prendre en charge le patient, reprécisant la conduite à tenir en cas d’infection ou de fièvre
- Indiquer à l’issue de la consultation pré-opératoire, dans le courrier au médecin traitant, l’antibioprophylaxie prévue et l’antibiothérapie en cas de prostatite suite à ce type de geste
- Former les médecins du service des urgences de l’établissement aux modalités de cette prise en charge spécifique des prostatites post biopsie de la prostate et assurer la diffusion de l’information, y compris aux éventuels médecins remplaçants
Enseignement :
Cet événement montre que la pratique de gestes interventionnels en soins externes nécessite une parfaite coordination des professionnels de santé et du patient pour faire face aux complications connues.
Cette coordination s’appuie notamment sur un partage de l’information. Le médecin traitant est informé avant la réalisation du geste chirurgical qui sera pratiqué, des complications éventuelles et des conduites à tenir pour y faire face. Cette information est expliquée au patient et une fiche d’information lui est remise pour ainsi lui permettre de solliciter n’importe quel autre professionnel de santé en cas d’urgence.
Le patient doit être informé dès la consultation chirurgicale des risques encourus, notamment ceux spécifiquement liés à la prise en charge en soins externes. Il est informé sur la surveillance des signes d’alerte pouvant révéler la survenue de complications et sur la conduite à tenir s’ils apparaissent. Sur ce point, l’établissement de santé est organisé pour répondre aux besoins du patient en assurant un accueil d’urgence ou une permanence téléphonique.
Céline Schnebelen, chef de projet , HAS
Retrouvez le tableaux de Bord de l'accréditation des médecins.
0 Commentaire
@HAS_sante
Commission Nationale d’Évaluation des Dispositifs Médicaux et des Techno. de Santé @HAS_Sante recherche candidats > http://t.co/oBmk8ePJzj
Ethique : une dimension à part entière dans ses évaluations pour la @HAS_sante http://t.co/PopvfsTQ5B





Français