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Guide méthodologique

Le patient-traceur en établissement de santé

Méthode d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins

Date de validation
novembre 2014

La méthode du patient-traceur est une méthode d’amélioration de la qualité des soins en équipe pluriprofessionnelle et pluridisciplinaire. Elle permet d’analyser de manière rétrospective la qualité et la sécurité de la prise en charge d’un patient tout au long de son parcours dans l’établissement ainsi que les interfaces et la collaboration interprofessionnelle et interdisciplinaire afin d’identifier et de mettre en œuvre des actions d’amélioration. Elle prend en compte l’expérience du patient et de ses proches.

Elle est complémentaire des autres méthodes telles que la RMM, l’audit clinique, le chemin clinique qui font l’objet de guides HAS spécifiques.

Cette méthode est également mise en œuvre dans le cadre de la certification V2014.

La HAS a mis en place une expérimentation de la méthode du patient-traceur telle que définie dans le guide expérimental « Le patient-traceur en établissement de santé : méthode d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins ».

L’expérimentation s’est déroulée entre février et juin 2014 avec 13 établissements de santé volontaires et a donné lieu à :

  • un guide méthodologique finalisé ;
  • un rapport de l'expérimentation ;
  • des annexes du guide téléchargeables et modifiables car elles ont vocation à être adaptées, complétées  par les établissements et les équipes pour s’adapter au patient et au  contexte de sa prise en charge et pour répondre aux objectifs que s’est fixée l’équipe ;
  • 18 fiches exemples de patients traceurs pour permettre un partage d’expérience ;
  • des outils élaborés par des établissements lors de l’expérimentation (courriers, questionnaires).
 

Par ailleurs, la HAS met à disposition des établissements une grille patient-traceur spécifique pour  l’activité de chirurgie ambulatoire.

Documents

 

Sections

Préambule

La méthode du patient-traceur permet d’analyser de manière rétrospective le parcours d’un patient de l’amont de son hospitalisation jusqu’à l’aval, en évaluant les processus de soins, les organisations et les systèmes qui concourent à sa prise en charge.

La méthode du patient-traceur a été développée et expérimentée en France dans le cadre de l’évolution des méthodes de visites de certification des établissements de santé, en s’appuyant sur l’expérience d’autres pays telle que celle de la Joint Commission aux États-Unis (Joint Commission 2008).

Cette méthode est également une méthode d’amélioration de la qualité des soins (Joint Commission, 2008 et 2011), utilisable par les établissements de santé, reconnue comme méthode de développement professionnel continu (DPC) (HAS, 2012), complémentaire des autres méthodes telles que la RMM, l’audit clinique, le chemin clinique qui font l’objet de guides HAS spécifiques. Elle permet de révéler d’éventuels dysfonctionnements qui contribuent à élaborer un diagnostic fondé sur des approches croisées (audit de processus, autres méthodes EPP), mais elle n’est pas une méthode statistique.

La méthode du patient-traceur a une double originalité :

  • elle prend en compte l’expérience du patient ;
  • elle permet de réunir les professionnels de l’équipe autour de la prise en charge du patient tout au long de son parcours, et favorise ainsi les échanges et la communication entre les acteurs de la prise en charge et avec le patient acteur de celle-ci. Son approche pédagogique, sans jugement ni recherche de responsabilités, permet l’adhésion des professionnels et donc un déploiement pérenne de la méthode.

Sa mise en œuvre en établissement de santé s’inscrit dans la politique et le programme d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins de l’établissement.

Le guide a pour objectif d’apporter des principes et repères méthodologiques pour la mise en œuvre de cette méthode dans les établissements, et propose en annexe des guides d’entretien avec les équipes, le patient et ses proches. Ces guides sont élaborés en référence au manuel de certification (version V2010) (HAS, 2014).

Ce guide s’adresse :

  • aux équipes de soins des établissements de santé ;
  • à la direction, au président de CME, aux Comités et instances en charge de la qualité des soins et de la gestion des risques, à la Commission des Relations avec les Usagers et de la Qualité de la Prise en Charge (CRUQPC), aux responsables des pôles pour l’intégration de la méthode dans la stratégie de l’établissement et pour l’accompagnement méthodologique ;
  • aux structures ayant vocation à accompagner ou à former les établissements (Structures Régionales d’Évaluation (SRE), organismes de formation ou de conseil, etc.) ;
  • aux organismes de DPC (ODPC) qui souhaitent proposer un programme de DPC utilisant cette méthode.

Les annexes proposées dans ce guide ont pour objet d’aider les établissements. Elles sont adaptables par l’établissement et les équipes.

 

La Méthode du patient traceur en dix points

  1. Une méthode d’amélioration de la qualité des soins en équipe pluriprofessionnelle et pluridisciplinaire qui permet :
    - d’analyser de manière rétrospective la qualité et la sécurité de la prise en charge d’un patient tout au long de son parcours dans l’établissement ainsi que les interfaces et la collaboration interprofessionnelle et interdisciplinaire ;
    - d’identifier et de mettre en œuvre des actions d’amélioration.
     
  2. La méthode prend en compte l’expérience du patient et de ses proches.
     
  3. La mise en œuvre de la méthode du patient-traceur s’inscrit dans la démarche qualité et gestion des risques de l’établissement, et nécessite une organisation au niveau de l’établissement, et des secteurs d’activités, ainsi qu’un appui méthodologique de professionnels formés à la démarche.
     
  4. Un animateur (ou un binôme d’animateurs), formé à la méthode et aux méthodes d’évaluation, reconnu par ses pairs et ayant des compétences en animation de groupe, a la responsabilité de coordonner et d’animer la rencontre avec les professionnels. Il doit favoriser un climat de confiance, de façon à créer un dialogue le plus constructif possible. La méthode est conduite selon une démarche pédagogique, transparente, bienveillante et non culpabilisante, sans jugement sur le travail et recherche de responsabilité des professionnels.
     
  5. La réunion avec l’équipe requiert la disponibilité des professionnels en charge du patient, notamment des médecins avec un temps dédié : 2 h 00 à 2 h 30 environ. Ce temps à consacrer permet l’analyse et la mise en exergue de nombreux points d’amélioration.
    Ce temps ne comprend pas le temps de préparation et d’organisation des rencontres.
     
  6. Le parcours du patient, ses différentes étapes et les éléments du dossier du patient servent de fil conducteur de la méthode.
     
  7. Quel que soit le type de prise en charge, la mise en œuvre de la méthode repose sur :
    - le choix d’un patient correspondant à un profil préalablement défini dont on souhaite analyser la prise en charge ;
    - l’information de ce patient et la recherche de son consentement pour analyser sa prise en charge et le rencontrer lui et/ou ses proches ;
    - la rencontre du patient d’une durée d’environ 30 minutes ;
    - l’analyse de la prise en charge avec les professionnels autour du dossier du patient intégrant les résultats de l’échange avec le patient et/ou de ses proches et un temps d’échange avec les professionnels pour synthétiser, analyser les constats (points positifs et points à améliorer) et prioriser les actions d’amélioration à mettre en œuvre ;
    - la mise en œuvre et le suivi des actions d’amélioration.
     
  8. L’analyse de la prise en charge est réalisée à partir de guides d’entretien : pour la rencontre avec le patient (et/ou les proches) d’une part, et pour l’analyse de la prise en charge avec l’équipe, d’autre part. Ces guides doivent être adaptés au profil du patient, et permettent de comparer la pratique réelle aux pratiques de référence.
     
  9. La méthode doit garantir le secret professionnel (article L. 1110-4 du Code de la santé publique), la confraternité (article 56 du Code de la déontologie médicale), étendue à tous les professionnels et la confidentialité des échanges.
     
  10. La méthode est reconnue comme méthode de développement professionnel continu (DPC) (HAS, 2012), et permet de travailler en équipe pluriprofessionnelle et pluridisciplinaire. 

 

Mis en ligne le 13 janv. 2015