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Le cancer colorectal : importance d’une prise en charge partagée

24.03.2014

Le cancer colorectal est le 3e cancer le plus fréquent en France. Il est le 2e en termes de mortalité. La France est l’un des pays d’Europe ou son incidence est la plus élevée pour les deux sexes. Le cancer colorectal est de bon pronostic lorsqu’il est diagnostiqué à un stade précoce. Explications du Dr André Morin*, du service évaluation de la pertinence des soins et amélioration des pratiques et des parcours

 

Quels sont les bénéfices du dépistage organisé du cancer colorectal ?

Lorsque le cancer colorectal est dépisté à un stade précoce (stade I, atteinte superficielle de la paroi intestinale), le taux de survie à 5 ans dépasse 90 % alors qu’il n’est que de 11 % en cas de forme avec métastases à distance.
Les données disponibles publiées par l’Inca indiquent que l’organisation d’un dépistage fondé sur la réalisation d’un test au gaïac de recherche de sang occulte dans les selles tous les 2 ans, suivi d’une coloscopie en cas de positivité du test, permet de réduire d’environ 15 % la mortalité liée au cancer colorectal dans la population cible c’est-à-dire les hommes et les femmes âgées de 50 à 74 ans à risque moyen.
Par ailleurs, en favorisant une détection précoce, le dépistage offre au patient le bénéfice de traitements moins lourds d’où son impact sur la qualité de vie.

Quid du nouveau test de dépistage ? 

Suite à la recommandation en santé publique de la HAS et à un avis de l’Inca précisant les modalités de migration vers un test immunologique reposant sur la détection de la présence d’hémoglobine humaine dans les selles, le déploiement est prévu cette année. Sa mise en place nécessite différents ajustements, notamment de nature organisationnelle.
Sur la période 2011-2012, le taux de participation au programme national de dépistage a été globalement de l’ordre de 32 %, c’est-à-dire inférieur à l’objectif des recommandations européennes de 45 %. De plus, il existe de fortes disparités régionales. Afin d’améliorer ces résultats, l’implication des patients et des professionnels de santé concernés, au premier rang desquels se situe le médecin traitant, est primordiale. 

Quels sont les signes d’alertes du cancer colorectal ?

Le diagnostic de cancer colorectal peut être évoqué si le patient présente des rectorragies, des troubles digestifs, une masse abdominale ou rectale, une obstruction intestinale ou une anémie ferriprive sans cause évidente.

Les différents traitements du cancer colorectal - petit format 

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infographie : Fabrice Mathé

Quel est le rôle du médecin traitant dans la prise en charge du cancer colorectal ?

Le  médecin traitant a un rôle essentiel à chacune des étapes du parcours : dépistage, diagnostic, orientation du patient vers l’équipe spécialisée. Idéalement, il est associé à l’annonce du diagnostic, à défaut, il est informé sans délai de ce qui a été dit au patient et à son entourage.
Le suivi est organisé en coordination avec les autres intervenants de l’équipe pluriprofessionnelle de proximité et en articulation avec l’équipe spécialisée, dans le cadre d’une prise en charge ambulatoire globale.

En quoi consiste la surveillance assurée par le médecin traitant ?

Au cours et au décours du traitement, la surveillance porte principalement sur la détection des effets indésirables, liés en particulier à la chimiothérapie et à la radiothérapie. Le médecin traitant peut ainsi intervenir pour la prescription des examens, leur contrôle, voire leur rappel au patient. Eventuellement, il oriente celui-ci vers d’autres professionnels de santé.
La surveillance d’un patient ayant bénéficié d’un traitement curatif est à moduler en fonction de son état clinique et du stade de sa maladie. Elle comporte un interrogatoire, un examen clinique ainsi que des examens complémentaires incluant coloscopie, tomodensitométrie thoraco-abdominopelvienne et dosage de l’antigène carcino-embryonnaire pour les stades II et III.
À distance du traitement, la surveillance s’attache à rechercher de possibles effets indésirables tardifs ou des séquelles et à dépister d’éventuelles rechutes ou un second cancer.
En l’absence de récidive, la durée de la surveillance est de cinq ans avec un examen clinique tous les trois mois pendant trois ans, puis tous les six mois pendant deux ans. Au-delà de cette période, le dépistage est maintenu avec une coloscopie tous les cinq ans car le risque de récidive reste élevé.

Le parcours de soins d’un patient atteint de cancer

L’implication accrue du médecin traitant, avant, pendant et après le traitement de ses patients atteints de cancer, constitue un axe majeur des plans cancer successifs. Elle intervient en articulation avec les équipes spécialisées et les autres professionnels de proximité. Les malades eux-mêmes sont impliqués. L’objectif est celui de parcours coordonnés offrant une prise en charge globale et personnalisée incluant la prévention et le dépistage, avec un accompagnement dans toutes ses dimensions sanitaires, médico-sociales et sociales.
L’ambition de cette approche ne se limite donc pas à une intervention du médecin généraliste et des professionnels de proximité qui resterait cantonnée au seul suivi partagé ou alterné pendant et après les traitements.
La majeure partie du parcours d’un patient atteint de cancer étant appelée à se dérouler en ambulatoire, il est nécessaire de développer des équipes pluriprofessionnelles de premier recours pouvant disposer, selon les besoins, d’un appui à la coordination et travaillant en lien avec les intervenants des équipes spécialisées.

 

* Propos recueillis par Arielle Fontaine – HAS 

 

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