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29 juin 2015 | Communiqué de presse

Utiles dans l’anxiété, les benzodiazépines restent une solution temporaire

La HAS vient de réévaluer les benzodiazépines dans le traitement de l’anxiété et a décidé de maintenir un intérêt thérapeutique important pour ces produits. Elle publie en parallèle une fiche mémo afin d’aider les médecins à proposer une stratégie d’arrêt progressif des benzodiazépines. Ces travaux ont été réalisés suite à la réévaluation des benzodiazépines hypnotiques en juin 2014 et s’inscrivent dans la continuité des précédentes actions de la HAS.

Environ 7 millions de personnes auraient consommé des benzodiazépines anxiolytiques en 2014 dont 16 % en traitement chronique (plusieurs années). Efficaces sur une courte période, la Commission de la Transparence a estimé que leur intérêt thérapeutique était toujours important. Cet avis est une recommandation au maintien du taux de remboursement à 65%.Toutefois les nombreux effets indésirables de ces produits (troubles de la vigilance, chutes, troubles de la mémoire…) et leur utilisation parfois prolongée, exposant au risque de dépendance, conduit la HAS à publier conjointement une fiche mémo pour aider les médecins à réduire les prescriptions au long cours des benzodiazépines, que ce soit dans l’anxiété ou dans l’insomnie. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre d’une action concertée en cours avec l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM).

Intérêt thérapeutique non remis en cause dans l’anxiété mais une consommation chronique encore trop fréquente

Les manifestations anxieuses peuvent avoir un impact fort sur la qualité de vie au quotidien. La Commission de la Transparence vient de réévaluer l’intérêt thérapeutique des benzodiazépines utilisées dans cette indication : alprazolam (XANAX), bromazépam (LEXOMIL), clobazam (URBANYL), clorazépate (TRANXENE), clotiazépam (VERATRAN), diazépam (VALIUM), loflazépate (VICTAN), lorazépam (TEMESTA), nordazépam (NORDAZ), oxazépam (SERESTA), prazépam (LYSANXIA) et leurs génériques.

De façon générale, les benzodiazépines anxiolytiques sont efficaces à court terme (8 à 12 semaines) mais leurs effets indésirables et le risque de dépendance qu’elles induisent doivent conduire à inscrire leur prescription dans une stratégie à court terme, soit dans un contexte de crise aigüe d’angoisse, soit en seconde intention dans les troubles anxieux ou les troubles de l’adaptation.

Il est donc important que dès l’instauration d’un traitement par benzodiazépines dans la prise en charge de l’anxiété comme dans celle de l’insomnie, le médecin puisse impliquer le patient dans une démarche d’arrêt de ce traitement.

Pour contribuer à cette démarche, la HAS publie aujourd’hui une fiche dédiée aux modalités d’arrêt des benzodiazépines en population générale. Celle-ci recommande d’évaluer la dépendance au traitement du patient et son degré d’attachement à ces produits pour décider avec lui d’une stratégie adaptée à sa situation. Cette discussion pourra avoir lieu au cours d’une consultation dédiée et donner lieu - avec l’accord du patient - à un protocole pluri professionnel de sevrage des benzodiazépines pouvant associer médecin, pharmacien, infirmier et entourage. Pour les patients habitués à de très fortes doses de benzodiazépines, ou en cas de dépendance à l’alcool ou de troubles psychiatriques sévères associés, une prise en charge spécialisée est nécessaire.

Le patient doit pouvoir être acteur du processus et choisir le rythme qui lui convient, de quelques semaines à plusieurs mois.

 

Mis en ligne le 29 juin 2015