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N° 8 - Focus

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Mensuel d’information aux professionnels de santé

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Le cancer colorectal : un guide ALD pour le médecin traitant

 guillemet_hautLe médecin traitant est étroitement impliqué dans toutes les étapes du parcours du patient : le dépistage, la surveillance de l’état du patient pendant et après les traitements, l’éducation thérapeutique…

Dr André Morin
Chef de projet - HAS

Dans quel contexte ce guide ALD1 a-t-il été réalisé ? 
Ce guide est le fruit d’une collaboration entre la HAS et l’Institut national du cancer (Inca) sur un programme démarré en 2007 qui prévoit, dans le domaine des ALD, la production conjointe
annuelle de guides portant sur différents types de cancers. Les rôles sont répartis entre ces deux institutions : la HAS est garante de la méthodologie et l’Inca apporte le contenu scientifique. Le cancer colorectal est le premier des cancers faisant l’objet d’un guide médecin élaboré dans le cadre de cette collaboration.

Quel est l’intérêt de ce guide médecin ? 
Ce guide vise à aider le médecin traitant à établir un parcours de soins optimum pour les patients atteints d’un cancer colorectal et correspond à une traduction opérationnelle de recommandations portant sur cette affection. ll s’accompagne de la liste des actes et prestations entrant dans le périmètre d’une prise en charge à 100 %. Cette liste, dont l’élaboration relève des missions imparties à la HAS en matière d’ALD, facilite le travail du médecin traitant qui doit remplir un protocole de soins soumis à la validation de l’Assurance maladie puis à la signature du patient.

Quelles sont les informations importantes pour la pratique du médecin traitant ?
Le guide médecin comporte trois parties : rappel des principaux éléments du diagnostic et du bilan initial, prise en charge thérapeutique incluant les modalités de surveillance des traitements, et enfin, suivi du patient au décours du traitement et en phase de rémission.
Le diagnostic peut être évoqué devant des signes d’alerte tels que des rectorragies, des troubles digestifs, une masse abdominale ou rectale, une obstruction intestinale ou une anémie ferriprive sans cause évidente. En ce qui concerne les modalités de la surveillance postthérapeutique d’un patient ayant bénéficié d’un traitement curatif, le guide fait état en l’absence de recommandations dûment établies d’une proposition du groupe de travail. Cette surveillance, à moduler en fonction de l’état clinique du patient et du stade de sa maladie, comporte un interrogatoire, un examen clinique ainsi que des examens complémentaires incluant coloscopie,  tomodensitométrie thoraco-abdominopelvienne et dosage de l’antigène carcino-embryonnaire pour les stades II et III.
Le guide souligne le rôle du médecin traitant qui intervient à chacune des étapes du parcours de soins. Lors du diagnostic, le médecin est impliqué dans l’identification des symptômes et
l’orientation du patient vers le spécialiste. Idéalement, le médecin traitant est associé à l’annonce du diagnostic. À défaut, il est informé sans délai de ce qui a été dit au patient et à son entourage. Il joue aussi un rôle important de coordination dans le parcours de soins et reste en relation rapprochée avec l’équipe médicale multidisciplinaire qui assure le traitement anticancéreux. Enfin, il participe à l’éducation thérapeutique du patient visant notamment à l’acquisition par ce dernier de compétences d’autosoins et de gestion de sa maladie.

Les différents traitements du cancer colorectal - petit format

 Afficher le schéma en grand format
infographie : Fabrice Mathé

En quoi consiste plus précisément la surveillance assurée par le médecin traitant ?Abonnez-vous gratuitement, en remplissant le formulaire et en précisant si vous souhaitez recevoir également la version papier
Au cours et au décours du traitement, la surveillance porte principalement sur la détection des effets indésirables, liés en particulier à la chimiothérapie et à la radiothérapie. Le médecin traitant peut ainsi intervenir pour la prescription des examens, leur contrôle, voire leur rappel au patient, ainsi que pour l’orientation de celui-ci vers d’autres professionnels de santé selon les besoins. Plus à distance du traitement, la surveillance s’attache à rechercher de possibles effets indésirables tardifs ou des séquelles et à dépister d’éventuelles rechutes.
En l’absence de récidive, la durée de la surveillance est de cinq ans avec un examen clinique tous les trois mois pendant trois ans, puis tous les six mois pendant deux ans. Au-delà de cette période, le dépistage doit être maintenu avec une coloscopie tous les cinq ans car le risque de récidive reste élevé.
Le guide propose un tableau récapitulatif de suivi (p.19).

 1. Affection de longue durée.

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