EPP infos n° 36
Entretien avec…
 [ Un entretien avec… ] > Dr Jean-Philippe Lavigne MCU-PH CHU de Nîmes
- Comment avez-vous commencé à vous intéresser aux plaies infectées des pieds chez les diabétiques ?
L’action a débuté en 2003 à l’initiative d’un infectiologue du CHU de Nîmes, le Pr Albert Sotto, régulièrement sollicité pour donner un avis sur les plaies infectées du pied chez les diabétiques. L’infection des plaies du pied (à distinguer de la simple colonisation par des bactéries) représente une complication grave chez le diabétique. Un des problèmes les plus souvent rencontrés était la présence sur les prélèvements bactériologiques de 5, 6 voire 7 germes différents pour lesquels un antibiogramme efficace était difficile. Un groupe de travail pluridisciplinaire, le GP 30 (pour « Groupe pied du Gard ») est constitué avec des diabétologues, des infectiologues, des médecins de rééducation fonctionnelle, des chirurgiens orthopédiques et viscéraux, des radiologues, des médecins de médecine nucléaire). Ce groupe va commencer à établir des bonnes conduites de prélèvement, puis des recommandations pour la pratique clinique1 sont rédigés à l’initiative de la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF) avec la participation de l’Association de langue française pour l’étude du diabète et des maladies métaboliques (Alfediam), la Société française de chirurgie vasculaire, la Société française de microbiologie et le Collège français de pathologie vasculaire. Dans la région de Nîmes et du Grau-Du-Roi, un petit nombre de médecins est formé aux techniques de prélèvement et tous les diabétiques dont les pieds sont infectés sont pris en charge par ces médecins.
- À la suite des recommandations et de la meilleure prise en charge des prélèvements, avez-vous constaté une amélioration de la qualité ?
Dans la mesure où tous les prélèvements sont désormais réalisés par les mêmes médecins, nous disposons d’une base centralisée depuis 2003. Les résultats sont les suivants : en 2003, on retrouvait en moyenne 4 germes par prélèvement avec 40 % de bactéries multirésistantes (BMR) et des staphylococcus aureus résistant à la méticilline (Sarm) à 50 %. Actuellement la moyenne tourne autour de 1,6 à 1,8 germe par patient, 20 % de BMR et 18 % de Sarm. J’ajoute que l’économie réalisée par les établissements est de l’ordre de 20 000 euros en 3 ans.
- Estimez-vous que cette action soit une action d’EPP ?
À partir d’un constat montrant une mauvaise prise en charge, nous avons établi des recommandations, formé des médecins et suivi des indicateurs sur une longue période. Nous faisons également tous les ans un bilan annuel. Il me semble que nous sommes effectivement dans l’EPP.
1 - http://www.infectiologie.com/site/medias/_documents/consensus/pieddiabetique2006-long.pdf Retour au sommaire
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