Dr Valérie Lindecker-Cournil Chef de projet - Service des bonnes pratiques professionnelles - HAS Pourquoi avoir publié de nouvelles recommandations sur la prise en charge chirurgicale de l’obésité chez l’adulte ? Ces recommandations ont été élaborées à la demande du ministère de la Santé, de la Société française et francophone de chirurgie de l’obésité et du Collège de la HAS qui a défini, en 2008, l’obésité comme un des axes prioritaires de travail. La chirurgie de l’obésité, dite bariatrique, s’est beaucoup développée en France où plus de 300 équipes la pratiquent aujourd’hui. Elle a déjà fait l’objet de plusieurs recommandations. Mais une étude réalisée par la Caisse nationale d’assurance maladie en 2002-2003 a montré notamment que la prise en charge et le bilan préopératoire des patients sont hétérogènes d’une équipe à l’autre. Beaucoup de patients ne sont, en outre, plus suivis deux ans après l’intervention, alors que le suivi constitue un élément essentiel du dépistage des complications et de l’efficacité à long terme de l’opération. De plus, l’information et la préparation des patients sont souvent insuffisantes. Ces nouvelles recommandations précisent le parcours du patient, de la prise en charge préopératoire jusqu’au suivi postopératoire. 
Afficher le schéma en grand format infographie : Fabrice Mathé La préparation à l’intervention est déterminante pour le succès à long terme de la chirurgie bariatrique, de même que le suivi postopératoire, qui dure toute la vie. 
Quels sont les principaux messages de ces recommandations ? Les indications de la chirurgie restent les mêmes : un IMC supérieur ou égal à 40 kg/m2, ou à 35 kg/m2 avec au moins un facteur de comorbidité associé. Le patient doit bénéficier d’un accompagnement personnalisé médical, chirurgical, psychologique et éducatif, assuré par une équipe pluridisciplinaire au sein de laquelle un coordinateur est désigné pour chaque patient. Il est capital que cette prise en charge se fasse en liaison avec le médecin traitant. Ce dernier joue un rôle important dans l’information du patient et le suivi, il peut être sollicité lors de la décision d’intervention. À partir des recommandations, nous avons d’ailleurs produit, avec l’aide de médecins généralistes, un document d’information spécifique à l´intention du médecin traitant : « Information pour le médecin traitant. Chirurgie de l’obésité chez l’adulte ». Le bilan préopératoire, comportant notamment une endoscopie oesogastroduodénale, une évaluation du comportement alimentaire, un bilan nutritionnel et vitaminique ainsi qu’une évaluation psychologique ou psychiatrique, revient à l’équipe pluridisciplinaire. Des séances d’éducation thérapeutique, concernant la diététique et l’activité physique sont proposées avant l’intervention. Elles doivent se poursuivre en postopératoire. Le patient doit ensuite bénéficier d’un suivi à vie, en raison du risque de complications tardives, mais aussi de la chronicité de la maladie. Ce suivi médical, chirurgical, éducatif et, si nécessaire,psychologique ou psychiatrique, est assuré par l’équipe pluridisciplinaire et par le médecin traitant, à la fréquence d’au moins quatre consultations la première année et d’une ou deux par an après.
Quelles sources d’information conseiller aux patients qui envisagent de se faire opérer ? Lors de l’élaboration des recommandations, les associations de patients ont insisté sur le fait qu’il n’existait pas de document porteur d’une information scientifique validée et consensuelle sur le sujet. Avec leur aide, nous avons donc élaboré une brochure (« Chirurgie de l’obésité, ce qu’il faut savoir avant de se lancer ») destinée à servir d’outil pour le dialogue entre les soignants et le patient. Elle rappelle que la chirurgie n’est efficace pour un patient qu’à la condition que celui-ci soit bien préparé à l’intervention et qu’il modifie durablement ses habitudes de vie (alimentation, activités physiques…).
Pour les médecins, d’autres documents sur ce thème sontils disponibles sur le site de la Haute Autorité de santé ? Les nouvelles recommandations s’inscrivent dans le cadre d’une évaluation globale de la prise en charge de l’obésité, sujet de plusieurs documents déjà parus. Pour la chirurgie, une liste de critères de qualité est en ligne sur le site www.has-sante.fr depuis juin. Elle intéresse les médecins et les chirurgiens de l’équipe pluridisciplinaire qui souhaitent réaliser une évaluation de leurs pratiques professionnelles. Les résultats d’une étude d’évaluation sur la gastrectomie longitudinale pour obésité sont également disponibles. L’élaboration de nouvelles recommandations sur la prise en charge médicale de l’obésité chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte a démarré en 2009. |