Inspectrice générale des finances en charge du pilotage du plan Alzheimer 2008-2012
Quelle urgence y avait-il à lancer un nouveau plan Alzheimer ?
La situation des malades et de leurs familles était encore loin d’être acceptable à l’issue des deux plans précédents. On diagnostiquait encore trop peu de patients et la prise en charge n’était pas de qualité. Les malades et leurs familles n’arrivaient pas à s’y retrouver dans l’offre locale existante. En institution, l’accueil des malades n’était pas toujours adapté. Enfin, les plans précédents ne comportaient pas de volet recherche.
Quels ont été les chantiers entrepris depuis le lancement du plan, en février 2008 ?
L’année 2008 a été une phase de mise sur les rails d’une série de mesures, par l’élaboration de normes, recommandations et cahiers des charges en concertation avec l’ensemble des partenaires. 2009 voit le lancement de trois expérimentations majeures pour l’amélioration de la qualité de vie des malades et des aidants. Ces expérimentations concernent les Maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer (MAIA), les plates-formes d’accompagnement et de répit (mesure 1) et les équipes spécialisées en services de soins à domicile. Sur le volet recherche, 54 projets ont été financés depuis le lancement du plan, dont un a déjà produit des résultats : deux nouveaux facteurs de susceptibilité génétique de la maladie d’Alzheimer ont été identifiés par l’équipe de Philippe Amouyel, en collaboration avec d’autres chercheurs français et européens. L’état d’avancement de chaque mesure du plan fait l’objet d’indicateurs, publiés sur notre site Internet.
En quoi les recommandations de la HAS ou les guides de bonnes pratiques concourent-ils à remplir les objectifs du plan ?
Lorsque le plan Alzheimer a été lancé, il n’existait pas de recommandation ni de guide. Difficile de gérer une politique publique sans documents de référence ! La HAS a eu un rôle moteur sur une série de sujets. Elle ne se contente pas d’élaborer des recommandations. Elle agit en aval pour les faire connaître et adopter. En particulier, grâce à la HAS, nous pouvons suivre le taux de prescription des neuroleptiques chez les malades Alzheimer. Il est déjà passé de 16,9 % fin 2007 à 16,1 % fin 2008. C’est, certes encore beaucoup trop élevé, mais très encourageant.