• Quelles sont vos fonctions à la FNCLCC ?
Je suis médecin de santé publique avec une formation complémentaire en gestion et je travaille dans le champ des indicateurs depuis une douzaine d’années. Après avoir collaboré au projet Compaqh, je suis entrée à la FNCLCC il y a 5 ans dans le cadre de la mise en place du département qualité-indicateurs s’intégrant naturellement dans la continuité d’une politique active de benchmarking de la Fédération, mise en œuvre dès les années 1990.
• Quels sont les indicateurs qualité que vous avez mis en place ?
Plusieurs types d’indicateurs tournent actuellement « en routine ». Les uns sont des indicateurs Compaqh spécifiques ou non à la cancérologie. Les autres ont été développés selon la même méthodologie, notamment dans des domaines comme la qualité de la prise en charge en radiothérapie, la satisfaction du patient ou la conformité de prescription des médicaments onéreux. Enfin, plus récemment, des indicateurs recherche/innovation se sont ajoutés comme le taux de publications ou d’inclusions dans les essais thérapeutiques. Au total, une cinquantaine d’indicateurs sont utilisés par le « groupe des 20 » (les 20 centres qui constituent la FNCLCC), dont les indicateurs qualité « obligatoires », Ipaqss ou tableau de bord des infections nosocomiales.
• À quoi servent ces indicateurs ?
Une fois les données recueillies par les centres et adressées à la Fédération, les indicateurs sont construits et analysés en collaboration avec des groupes d'experts internes au Groupe. Un document annuel synthétique est réalisé à destination des 20 centres. Ce document est un état des lieux. Il permet de procéder à des comparaisons intercentres et de repérer les facteurs qui expliquent les différences constatées ou les dysfonctionnements, ce qui permet de mettre en place des actions d'amélioration. Ce benchmarking est un support pour nos réunions thématiques : le dossier patient, les infections nosocomiales, l’observatoire fédéral du médicament, la satisfaction du patient et la radiothérapie.
• Quels sont les avantages et inconvénients du recueil des indicateurs ?
Pour être acceptés, les indicateurs doivent être élaborés avec les utilisateurs avec soin, être reproductibles, fiables, standardisés et permettre de définir des actions d’améliorations prioritaires. Les avantages sont très importants. Les indicateurs permettent d’expliciter la « boîte noire » que constitue un bilan d’activité et sont propices au déclenchement du changement. Ils constituent également une valorisation externe surtout si les résultats sont meilleurs qu’ailleurs. Dans les freins qui peuvent exister (mais que nous rencontrons beaucoup moins à la Fédération, dans la mesure où nous avons une certaine antériorité dans la mise en place de ces indicateurs), il y a la résistance des professionnels au changement et à la transparence. Mais ceux-ci sont sensibles à l’idée qu’il vaut mieux s'impliquer dans l'élaboration des indicateurs plutôt que de se les voir imposer par une quelconque autorité. Évidemment, les indicateurs représentent une charge de travail non négligeable et surtout ils risquent de laisser de côté des aspects de la prise en charge pour lesquels il n’existe pas d’indicateurs. À la Fédération, nous nous orientons vers la distinction entre indicateurs « traceurs » qui sont plus légers à recueillir et qui pourraient servir d'alerte sur des sujets déjà analysés et indicateurs détaillés qui permettent des processus d'analyses de départ en profondeur. L’idée étant d'alterner ces indicateurs pour ne pas cibler toujours les mêmes processus.
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