
Cancérologie
Effentora®, pas d’avantage clinique par rapport aux autres morphiniques d’action rapide
Même lorsque leur traitement antidouleur de fond est bien équilibré, les patients ayant un cancer peuvent subir des accès douloureux paroxystiques (ADP), apparaissant en moins de trois minutes et durant en moyenne moins d’une demi-heure. Pour les soulager, un morphinique d’action rapide est prescrit, et Effentora® (fentanyl) fait partie de l’arsenal thérapeutique. Il s’agit d’un opioïde se présentant sous la forme d’un comprimé gingival effervescent à dissolution rapide.
La HAS a donné un avis favorable au remboursement en ville et à la prise en charge à l’hôpital d’Effentora®. Cependant, en raison de la faiblesse des études présentées (faibles effectifs, nombreuses sorties d’études, absence d’étude versus un comparateur actif, etc.), il n’a pas été possible de conclure que ce traitement apportait une amélioration du service médical rendu par rapport aux autres morphiniques d’action rapide déjà prescrits dans les ADP. En outre, des problèmes d’administration peuvent se poser en cas de mucite, de lésion bucco-gingivale sévère, de vomissements, etc.
Pour en savoir plus, voir la synthèse d’avis « Effentora (fentanyl), opioïde ».
Diabète
L’intérêt clinique de Pedimed DM® est insuffisant pour le remboursement
Pedimed DM® est une crème de protection cutanée. Son indication revendiquée est la prévention et le traitement des signes et symptômes de la sécheresse cutanée (xérose) dans le cadre de soins podologiques, notamment dans la prise en charge du pied du patient diabétique. Les données cliniques ne montrent pas d’intérêt thérapeutique dans l’indication revendiquée, en raison de l’absence de démonstration de la diminution des conséquences pathologiques de la xérose (ulcération, infection, amputation, etc.). La HAS a donc rendu un avis défavorable à la prise en charge par la solidarité nationale de Pedimed DM®.
Pour en savoir plus, voir la synthèse d’avis sur les dispositifs médicaux et les technologies de santé « Pedimed DM, crème ».
Hépato-gastro-entérologie
Hépatite B chronique de l’adulte naïf de traitement antiviral : Viread® plus efficace qu’Hepsera®
Viread® (ténofovir) peut désormais être prescrit en première intention dans l’hépatite B chronique compensée de l’adulte, au même titre que l’interféron alfa et l’entécavir. Il est également indiqué en association avec un autre antiviral en cas de diminution insuffisante de la charge virale. L’objectif du traitement d’une hépatite B chronique – obtenir rapidement et maintenir dans le temps la diminution de la charge virale – est atteint sous Viread®. Chez des patients naïfs de traitement, son efficacité est significativement supérieure à Hepsera® (adéfovir), avec une moindre émergence de résistance virale. Son profil de tolérance est marqué par des troubles digestifs (nausées, diarrhées, douleurs abdominales) plus fréquents qu’avec l’adéfovir ; de plus, de rares cas d’atteinte de la fonction rénale (< 1/1 000), de gravité variable, ont été rapportés. La HAS a jugé que le ténofovir apportait un progrès thérapeutique modéré par rapport à l’adéfovir. Viread® a ainsi obtenu un avis favorable au remboursement en ville et à la prise en charge à l’hôpital.
Pour en savoir plus, voir la synthèse d’avis « Viread (ténofovir), antiviral ».
Maladies rares
Maladie de Rendu-Osler : tout patient suspect doit être orienté vers un centre de compétence
La maladie de Rendu-Osler est une affection vasculaire héréditaire, dont la fréquence est de 1 sur 8 000 naissances. La présence de trois des quatre critères suivants doit faire évoquer le diagnostic : épistaxis spontanées et répétées ; télangiectasies des lèvres, de la langue et des doigts ; malformations artérioveineuses viscérales ; antécédent familial de maladie de Rendu-Osler. En raison des risques de complications potentiellement graves, il est essentiel d’orienter le patient suspect d’un tel diagnostic vers le centre national de référence (http://www.rendu-osler.fr/) ou vers l’un des centres de compétence labellisés, afin que le diagnostic soit précoce et la surveillance régulière. Le patient y rencontre un généticien qui recherche une mutation dans l’un des trois gènes reconnus responsables de la maladie. Le patient est alors informé sur le risque de transmission à ses descendants (50 %). Il rencontre également une équipe pluridisciplinaire chargée de recenser l’ensemble des manifestations de sa maladie. En effet, l’évolution et la gravité de celle-ci sont très variables, y compris au sein d’une même famille. La prise en charge et le pronostic dépendent alors des anomalies systémiques vasculaires (pulmonaires, hépatiques, digestives, neurologiques) et de leurs conséquences (anémie, infections, accidents vasculaires cérébraux, insuffisance cardiaque par hyperdébit des shunts hépatiques, etc.). Le patient reçoit une éducation thérapeutique afin de l’aider à gérer sa maladie au quotidien, et il lui est conseillé de retourner une fois par an pour un bilan au centre de compétence.
Pour en savoir plus, voir le Guide médecin (Protocole national de diagnostic et de soins – PNDS) et la liste des actes et prestations « ALD n° 31 – Maladie de Rendu-Osler ».
Rhumatologie
Endosta® 625 mg : une place limitée dans l’arthrose du genou
Comme les autres anti-arthrosiques d’action lente, Endosta® 625 mg (glucosamine) a une efficacité modeste contre la douleur et l’incapacité fonctionnelle de l’arthrose légère à modérée. De plus, la réduction effective de la consommation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) n’a pas été démontrée par des données probantes. La HAS estime que la place d’Endosta® est limitée. Durant les phases symptomatiques de l’arthrose du genou, elle recommande le paracétamol en première intention et, si ce traitement est insuffisant, un AINS oral en cure courte ainsi que les traitements locaux : AINS topiques, corticoïdes ou acide hyaluronique en injection intra-articulaire. Les anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente tels qu’Endosta® viennent donc en complément de ces thérapies et sont indiqués avant la chirurgie. Celle-ci est réservée aux arthroses douloureuses et incapacitantes, réfractaires aux traitements médicamenteux. La HAS a rendu un avis favorable au remboursement d’Endosta® 625 mg, à la condition d’avoir, dans les deux ans à venir, la démonstration de son impact sur la consommation d’AINS.
Pour en savoir plus, voir la synthèse d’avis « Endosta 625 mg (glucosamine), anti-arthrosique symptomatique d’action lente ».
Schizophrénie
Zypadhera® IM : alternative à la voie orale, à l’hôpital
Zypadhera® IM (olanzapine) est proposé en relais chez les adultes schizophrènes stabilisés par la forme orale. Ce traitement a reçu un avis favorable à sa prise en charge restreinte à l’hôpital, dans les services de psychiatrie. En effet, son administration (une injection toutes les deux ou quatre semaines) nécessite une surveillance incompatible avec une utilisation en ville, en raison d’un risque de syndrome postinjection (sédation, confusion, agitation, symptômes extrapyramidaux, hypertension artérielle et/ou convulsions). Par rapport à la forme orale, Zypadhera® IM ne permet pas de diminuer le pourcentage de patients sans exacerbation des symptômes après vingt-quatre semaines de traitement. La HAS estime donc que cette forme à libération prolongée représente une simple alternative au traitement de maintien par olanzapine orale.
Pour en savoir plus, voir la synthèse d’avis sur les médicaments « Zypadhera IM ».
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