Horizon – Lettre de la HAS n° 21
Des recommandations pour optimiser la prise en charge des AVC
La HAS a publié de nouvelles recommandations sur les accidents vasculaires cérébraux. Elles visent à optimiser la prise en charge précoce de cette affection grave qui touche près de 130 000 personnes chaque année en France.
L’accident vasculaire cérébral (AVC) est la première cause de handicap acquis de l’adulte, la deuxième cause de démence et la troisième de mortalité en France. Réduire la fréquence et la sévérité de ses séquelles constitue l’un des objectifs de la loi de 2004 relative à la politique de santé publique. Un rapport en forme d’état des lieux, remis en juin dernier à la ministre de la Santé, montre qu’il est loin d’être atteint. Selon ce document de synthèse, l’AVC demeure une priorité « mésestimée ». Les délais de prise en charge des patients restent « longs », or ils conditionnent pour partie le pronostic, puisque le traitement (thrombolyse) des AVC d’origine ischémique (thrombose d’un vaisseau cérébral) est d’autant plus efficace qu’il est précoce. Par ailleurs, la prise en charge en unités neuro-vasculaires, dotées d’équipes spécialisées, constitue un facteur démontré pour réduire la mortalité et les séquelles d’AVC. Si le nombre de ces unités augmente de façon régulière (77 en février 2009, contre 37 en 2007 le rapport précise que « la majorité des patients n’y sont pas hospitalisés ». Informer et accélérer la prise en charge précoce Des progrès restent à faire en matière d’information du public et des professionnels de santé, mais aussi de prise en charge en urgence et d’optimisation d’une filière dédiée. L’action de la HAS répond à ces priorités. Son programme pilote pour l’optimisation de la prise en charge des AVC, initié en décembre 2008, accompagne les professionnels de santé dans la conception et la diffusion d’outils d’amélioration des pratiques. À la suite d’un premier travail sur la prévention vasculaire après un infarctus cérébral ou un accident ischémique transitoire (AIT), la HAS a publié de nouvelles recommandations en juillet 2009, centrées cette fois sur la prise en charge précoce de l’AVC, c’est-à-dire les phases d’alerte, la phase préhospitalière et la phase hospitalière initiale. Avec un enjeu majeur : réduire les délais. « L’accident vasculaire cérébral est une urgence absolue, insiste le Dr Muriel Dhénain, chef de projet au service des bonnes pratiques professionnelles de la HAS. Il faut gagner du temps à toutes les étapes. » Informer la population générale est l’un des moyens d’y parvenir. Les recommandations identifient ainsi les éléments d’information destinés au grand public afin de le sensibiliser aux signes évocateurs d’AVC, ou d’AIT, et à l’urgence de leur prise en charge. « Tout déficit neurologique brutal transitoire ou prolongé impose l’appel immédiat du Samu Centre 15 », souligne le Dr Dhénain. Elles préconisent que les médecins transmettent ces mêmes messages (reconnaissance des symptômes, appel du 15) à leurs patients à risque cardio-vasculaire et à leur entourage. Elles définissent également les points clés à diffuser lors de la formation de l’ensemble des médecins et des professionnels impliqués dans la prise en charge préhospitalière (ambulanciers, pompiers…) des patients ayant un AVC. Elles décrivent enfin la filière intrahospitalière neuro-vasculaire qui doit être organisée au préalable, coordonnée avec tous les acteurs impliqués (urgentistes, neurologues, radiologues, réanimateurs, biologistes, etc.) et formalisée avec des procédures écrites. « Le médecin régulateur du Samu doit proposer en priorité tout patient ayant des signes évocateurs d’AVC à une unité neuro-vasculaire, poursuit le Dr Dhénain. Et ce patient doit avoir très rapidement une imagerie cérébrale, au mieux une IRM. » Si cet examen confirme qu’il s’agit d’un AVC ischémique, la thrombolyse intraveineuse peut être initiée, après avis neuro-vasculaire et en l’absence de contre-indication. « Elle doit être effectuée le plus tôt possible » rappelle le Dr Dhénain. Bientôt un plan national dédié En novembre 2008, Roselyne Bachelot installait un Comité de pilotage pour la prévention et la prise en charge des AVC en France. L’une de ses missions était d’établir un état des lieux, dont les conclusions vont nourrir un Plan d’actions AVC 2010-2014, en cours de rédaction. Il s’agira notamment de mettre en place de véritables filières AVC (prévention, retour à domicile, etc.), et d’agir en matière de recherche, formation et aide aux familles.
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