Les réponses apportées aujourd’hui à l’exigence de sécurité des soins vous paraissent-elles adaptées et suffisantes ?
Elles conviennent mais me semblent insuffisantes sur trois points. L’accréditation des médecins exerçant une spécialité à risque est aujourd’hui basée sur le volontariat. Pourquoi ne pas la rendre obligatoire, ou la valoriser ou bonifier très sérieusement ? De plus, des modalités de financement de l’accréditation existent pour les praticiens du secteur privé. Elles ne s’appliquent pas à ceux du secteur public, d’où une discrimination possible pour les patients au regard de la qualité. Enfin, l’évaluation de la sécurité en médecine de ville est inexistante et dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, elle est encore insuffisante.
Comment, selon vous, la HAS contribue-t-elle à améliorer la sécurité des soins ?
À mes yeux, ses actions les plus pertinentes en la matière sont l’évaluation des pratiques professionnelles, la certification des établissements et les recommandations de bonnes pratiques. C’est une politique cohérente et réaliste, mais il faut aller plus loin. Pour ma part, j’estime que les revues de morbi-mortalité (RMM) devraient être obligatoires dans le cadre de la certification pour toutes les spécialités. Les médecins doivent connaître les causes des décès de leurs patients. De plus, la famille d’un patient décédé devrait pouvoir participer aux RMM à certains niveaux. Si elle était autour de la table, il y aurait moins de procès.
Les attentes des professionnels, des établissements et des patients ne sont pas toujours superposables. Comment organiser leur travail en commun ?
Les commissions des relations avec les usagers et de la qualité de la prise en charge des établissements pourraient être le lieu de ce travail en commun. Cependant, les représentants des patients qui y siègent manquent d’outils et ne disposent, par exemple, d’aucun instrument pour évaluer où en est l’établissement dans son projet de gestion des risques ! Dans le cadre du Ciss, nous élaborons une grille d’enquête à leur intention. Pourquoi ne pas développer ce type d’outils en collaboration avec la HAS ?