La HAS vient de publier le bilan de la certification de la visite médicale, procédure qu’elle a contribué à mettre en place en 2006. À partir des enseignements tirés de ce rapport, et dans un souci d’amélioration continue, elle propose de nouvelles pistes pour renforcer l’impact du dispositif.
La visite médicale orchestrée par les laboratoires pharmaceutiques fait partie des principales sources d’information des médecins sur le médicament. Mais c’est en même temps, et avant tout, une démarche promotionnelle. Il est donc important d’encourager les entreprises concernées à respecter des règles déontologiques en la matière, et à améliorer la qualité des informations délivrées aux médecins. La certification mise en place par la HAS en 2006 devait y contribuer.
Des apports mais aussi des limites
Pour dresser ce bilan, la HAS a mené deux enquêtes : l’une en mai 2009 avec le Conseil de l’ordre des pharmaciens, sur la mise en oeuvre de la certification dans les entreprises du médicament ; l’autre en octobre 2009 avec l’institut Ipsos santé, sur la façon dont les médecins perçoivent la qualité de la visite médicale. « D’après ces études, les opérations commerciales comme la remise de cadeaux et d’échantillons, ou encore le recrutement des médecins pour des études cliniques, qui pouvaient créer des conflits d’intérêts, ont considérablement diminué, rapporte Hervé Nabarette, chef du service qualité de l’information médicale à la HAS. En outre, les entreprises pharmaceutiques ont développé de nouvelles formations pour leurs délégués médicaux. » Celles-ci intègrent par exemple des modules sur la déontologie ou sur le référentiel de certification. Notons, par ailleurs, que les changements exigés par la certification s’appliquent désormais aussi aux prestataires qui réalisent des visites pour le compte des laboratoires. En effet, les pharmaciens responsables sont de plus en plus nombreux (64 %) à réaliser des audits chez leurs prestataires pour s’en assurer. Toutefois, « on a aussi pu constater les limites de la procédure, reconnaît Hervé Nabarette. Les enquêtes témoignent notamment d’un engagement contrasté des différentes directions au sein des entreprises, avec d’un côté les services qualité, formation et affaires réglementaires, très impliqués, et de l’autre des secteurs comme celui de la vente, qui le sont beaucoup moins. »
Il semble y avoir deux manières de mettre en oeuvre la certification. La première a pour objectif de faire progresser la qualité de la visite ; la seconde consiste plutôt à tenter de répondre à l’obligation légale à moindre coût, avec un temps consacré réduit au strict nécessaire.
Il n’a pas été possible de démontrer une amélioration de l’information diffusée in fine sur le terrain. Le périmètre de la certification pose aussi problème. La démarche ne concerne pas les démarchages par téléphone. Elle ne couvre pas, non plus, la remise aux médecins de cadeaux concernant des produits de santé autres que les médicaments (dispositifs médicaux, compléments alimentaires, etc.).
Pistes d’évolution
« Les enseignements de ce bilan ont amené la Haute Autorité de santé à faire des propositions d’amélioration, indique Étienne Caniard, président de la Commission qualité et diffusion de l’information médicale de la HAS. Nous souhaiterions que certains éléments du référentiel de certification puissent être étendus aux produits de santé autres que le médicament. En outre, nous proposons au ministère de la Santé d’étudier la possibilité d’intégrer dans la réglementation les éléments du référentiel qui relèvent plus d’une interdiction que d’une démarche qualité (la suppression, par exemple, des remises de cadeaux). Et, pour rendre la procédure de certification plus incitative, nous réfléchissons à la possibilité de la compléter par un dispositif d’engagement public des laboratoires. »
Enfin, la HAS va davantage communiquer auprès des médecins sur les moyens de promotion de l’industrie pharmaceutique, de manière à les sensibiliser à la vigilance nécessaire pour préserver leur libre arbitre dans leurs choix de prescription. Ce sont probablement les acteurs les plus efficaces pour améliorer la qualité de la visite médicale.
Pour en savoir plus
Retrouvez le bilan de la certification de la visite médicale, les deux enquêtes qui lui sont associées et la liste mise à jour des entreprises pharmaceutiques certifiées.
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