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FOCUS – HAS Actualités & Pratiques – N° 20 – Juin 2010

Toxoplasmose et rubéole au cours de la grossesse : quelles recommandations pour la prévention et le dépistage ?

Dr Olivier Scemama
Adjoint au chef du service évaluation économique et santé publique – HAS

Le suivi sérologique de la toxoplasmose et de la rubéole au cours de la grossesse fait l’objet d’examens obligatoires. Pourquoi publier aujourd’hui des recommandations sur ce thème ?
Les recommandations résultent d’une réévaluation de l’intérêt de ces dépistages et de leurs modalités. Elle a été menée par la HAS, à la demande de la Direction générale de la santé, au regard de l’évolution du contexte épidémiologique et des techniques de dépistage comme de diagnostic. L’immunité des femmes en début de grossesse vis-à-vis de la rubéole est désormais liée principalement à la couverture vaccinale, relativement large en France. Pour une femme enceinte non immunisée, la principale intervention consiste en la proposition de vaccination après l’accouchement. La séroprévalence de la toxoplasmose chez les femmes en âge de procréer a diminué, de même que le risque de contamination au cours de la grossesse. La toxoplasmose congénitale est ainsi devenue rare, avec moins de 300 cas diagnostiqués en 2007.
Plusieurs niveaux d’intervention sont possibles chez une femme enceinte non immunisée : prévention primaire par des conseils d’hygiène alimentaire, traitement antibiotique en cas de séroconversion. Cependant, il persiste une grande incertitude quant à l’efficacité de ce traitement. Cela se traduit par une variabilité des pratiques de prise en charge diagnostique et thérapeutique. Les recommandations insistent donc sur l’importance de l’information à fournir, en particulier par les médecins généralistes, aux femmes enceintes séronégatives aux différents temps du dépistage et de la prise en charge afin d’éclairer leur choix. 
 

depistage rubeole toxoplasmose small

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infographie : Fabrice Mathé

 guillemet_hautIl est recommandé de déterminer le statut immunitaire vis-à-vis de la toxoplasmose et de la rubéole de toute femme qui a un projet parental.


Quelles sont les préconisations pour la toxoplasmose ? 
Il est recommandé de déterminer le statut immunitaire vis-à- vis de la toxoplasmose de toute femme qui a un projet parental. Le rythme et les modalités du suivi au cours de la grossesse demeurent les mêmes : une sérologie dès la première consultation prénatale en l’absence de preuves écrites de l’immunité, puis une sérologie tous les mois jusqu’à l’accouchement chez les femmes enceintes séronégatives. Pour ces dernières, il faut répéter les conseils de prévention tout au long de la grossesse. Sur ce point, les recommandations de la HAS reprennent celles formulées par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments en 2005, insistant sur les risques, parfois oubliés, liés à la consommation de viande crue ou insuffisamment cuite et de fruits et légumes mal nettoyés.
En cas de séroconversion confirmée, il faut orienter la femme enceinte le plus rapidement possible vers un service clinique spécialisé. À terme, la HAS recommande d’ailleurs l’identification de centres cliniques de référence à l’expérience reconnue dans la prise en charge de la toxoplasmose congénitale.
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Et quelles sont les recommandations pour la rubéole ?
Une femme qui a un projet parental doit se voir prescrire une sérologie, en l’absence de preuve écrite de son immunité. Si elle n’est pas immunisée, il faut la vacciner en s’assurant de l’absence de grossesse débutante et éviter toute grossesse dans les deux mois qui suivent la vaccination. Par ailleurs, les femmes enceintes séronégatives doivent être vaccinées le plus vite possible après l’accouchement. Quant au suivi sérologique au cours de la grossesse, les recommandations maintiennent la nécessité de réaliser une sérologie de la rubéole pour toute femme enceinte à l’occasion de la première consultation prénatale, en l’absence de preuve écrite de l’immunité. Elles proposent l’introduction d’une nouvelle sérologie, à 20 semaines d’aménorrhée, chez les femmes enceintes séronégatives, à la recherche d’une éventuelle séroconversion.
Enfin, en cas de primo-infection rubéolique détectée dans le cadre de ce dépistage, il est recommandé d’adresser la femme enceinte à un service clinique spécialisé.
Comme pour la toxoplasmose, la HAS recommande, pour la rubéole, l’identification de centres cliniques de référence.
 


 Pour en savoir plus, retrouvez les recommandations :
• « Surveillance sérologique et prévention de la toxoplasmose et de la rubéole au cours de la grossesse », recommandations en santé publique, octobre 2009.


  
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Mis en ligne le 03 Jun 2010