
Amiante
Suivi postprofessionnel en cas d’exposition à l’amiante
Les nouveaux retraités ne sont pas toujours bien renseignés sur les risques liés à l’amiante et les dispositifs de prise en charge dont ils peuvent bénéficier. La HAS a donc réuni, en janvier dernier, une commission d’audition publique afin de débattre de ce sujet.
Si les salariés ont été exposés plus d’un an cumulé à l’amiante pendant leur carrière, ils ont droit à un suivi postprofessionnel. Un examen tomodensitométrique (TDM) thoracique peut leur être proposé (mais non imposé), après délivrance d’une information sur les résultats possibles et les bénéfices attendus. Si l’examen TDM thoracique initial est normal, une surveillance sera mise en place, en lien avec le médecin traitant, avec une TDM tous les 5 ans pour les expositions fortes à l’amiante et tous les 10 ans pour les autres expositions.
En cas d’apparition de signes cliniques respiratoires intercurrents, une consultation médicale reste nécessaire.
La pratique d’épreuves fonctionnelles respiratoires (EFR), d’une radiographie pulmonaire ou d’autres examens d’imagerie ne présente, en revanche, pas d’intérêt pour le dépistage des pathologies, malignes ou non, associées à une exposition à l’amiante.
Pour en savoir plus, voir les documents de l’audition publique« Suivi postprofessionnel après exposition à l’amiante ».
Cancérologie
Deux guides « patient » sur le cancer colorectal et le mélanome
Souvent en première ligne pour expliquer et répondre aux questions de leurs patients en cas de cancer, les médecins traitants disposent désormais de nouveaux outils pour amorcer le dialogue avec eux.
L’Inca et la HAS viennent en effet de publier conjointement deux premiers guides d’information pour les patients à destination des personnes atteintes d’un cancer colorectal ou d’un mélanome.
Ces guides « patient » sont adressés aux médecins traitants par le service médical de l’Assurance maladie après l’admission en ALD afin que les professionnels puissent les remettre à leurs patients.
Les professionnels retrouvent, dans un format dédié au patient, les informations disponibles dans le guide « médecin » élaboré à leur intention.
Le patient trouve une information synthétique sur la maladie et les points essentiels de sa prise en charge : le diagnostic, le choix et le but des traitements, l’intérêt d’un suivi ainsi qu’un glossaire précisant certains termes médicaux. Une offre de liens vers des sources d’informations complémentaires est en outre proposée au dos de chaque document.
Destinés à favoriser les échanges entre le patient et son médecin traitant, mais aussi entre le patient et le reste de l’équipe multidisciplinaire, les guides « patient » seront progressivement réalisés par l’Inca et la HAS pour tous les cancers faisant l’objet d’un guide « médecin ». Les prochaines productions concerneront les cancers de la prostate, du poumon, du sein, de l’ovaire, du col de l’utérus, des voies aéro-digestives supérieures et de la thyroïde.
Pour en savoir plus, voir les guides « ALD n° 30 – Guide patient, la prise en charge de votre cancer colorectal » et « ALD n° 30 – Guide patient, la prise en charge de votre mélanome cutané ».
Cardiologie
Ranexa®, un traitement de deuxième intention de l’angor stable chronique mal contrôlé
Ranexa® (ranolazine) est un traitement symptomatique de deuxième intention. Il est indiqué chez les patients atteints d’angine de poitrine stable, mal contrôlés ou intolérants aux antiangoreux de première intention (bêtabloquants, antagonistes calciques…). Il est utilisé en association avec d’autres antiangoreux. Il existe des interactions médicamenteuses avec le diltiazem et le vérapamil.
Ranexa® n’a pas d’effet sur la mortalité. Il n’apporte pas d’amélioration du service médical rendu (ASMR V) dans la prise en charge des patients.
Pour en savoir plus, voir la fiche de bon usage des médicaments et l’avis de la HAS sur Ranexa ®.
Drogues et complications
Penser à la consommation de cocaïne qui est en progression en France
La prise de cocaïne même occasionnelle peut s’accompagner de diverses complications, parfois révélatrices de la consommation. Il s’agit en particulier de complications cardio-vasculaires (syndrome coronarien aigu principalement, troubles du rythme, accident vasculaire cérébral) ou infectieuses (infections virales par le VHB, le VHC ou le VIH, infections bactériennes et infections sexuellement transmissibles). Les manifestations coronariennes peuvent être atypiques : un syndrome coronarien aigu doit être suspecté chez un consommateur connu ayant une douleur thoracique prolongée ; une consommation doit être suspectée en cas de syndrome coronarien chez un sujet de moins de 50 ans. Le type de consommation (occasionnel, abus, usage avec dépendance), les modes d’usage (intranasal, par injection ou inhalation) et les manifestations de l’addiction (effets aigus, signes de sevrage, craving, perte de contrôle) doivent être soigneusement analysés, ainsi que les consommations associées (tabac, cannabis, alcool, médicaments, autres substances illicites) et les situations à risque de complications (conduite automobile, antécédents de troubles psychiatriques, grossesse, etc.). Dans tous les cas, des conseils de réduction des risques doivent être donnés. La prise en charge en vue de la réduction de consommation ou du sevrage associe interventions brèves, entretiens motivationnels, psychothérapie et soutien psychosocial. La place des traitements médicamenteux reste très limitée et hors AMM (autorisation de mise sur le marché) pour accompagner un sevrage ou prévenir une rechute. Leur prescription est réservée à des centres spécialisés. Il n’existe pas de médicament de substitution.
Pour en savoir plus, voir la recommandation de bonne pratique « Prise en charge des consommateurs de cocaïne ».
Sida
Les tests d’urgence autorisés
La ministre en charge de la Santé vient de signer un arrêté qui, s’appuyant sur des recommandations publiées par la HAS en octobre 2008, autorise l’utilisation de tests de dépistage rapide du VIH dans quatre situations d’urgence :
• après un accident d’exposition au sang (test pratiqué sur la personne « source ») ;
• en cas d’exposition sexuelle récente (test proposé aux partenaires) ;
• au cours d’un accouchement lorsqu’on ne connaît pas le statut sérologique de la femme ou que celle-ci a été exposée à un risque depuis son dernier dépistage ;
• devant une pathologie aiguë évocatrice du stade sida.
Cela permet, quand il est encore temps, d’administrer au plus vite un traitement postexposition ou préventif de la transmission mère-enfant. Ce test peut être réalisé par les médecins, les biologistes médicaux, les sages-femmes, les infirmiers et les techniciens de laboratoire. Le résultat du test doit être annoncé au patient lors d’une consultation médicale individuelle. Au cours de cette consultation, le patient doit aussi être informé des limites inhérentes à l’interprétation de ce résultat, résultat qui devra systématiquement être confirmé par un diagnostic standard.
Pour en savoir plus, voir l’arrêté du 28 mai 2010, publié le 9 juin au Journal officiel, et le rapport de la HAS intitulé « Dépistage de l’infection par le VIH en France – Modalités de réalisation des tests de dépistage ».
Stomatologie
Seuls les bains de bouche à base de chlorhexidine ont un intérêt clinique
Les bains de bouche sont indiqués dans le traitement local d’appoint des infections de la cavité buccale et les soins postopératoires en stomatologie. Leur prescription doit être réservée aux patients ne pouvant assurer une hygiène correcte par le brossage des dents (situation postopératoire). Seules les spécialités à base de chlorhexidine, dosée au minimum à 0,12 % (Eludril®, Paraoex® et Prexidine®) ont un intérêt dans la prise en charge de ces indications. La HAS a émis un avis défavorable au remboursement des bains de bouche ne contenant pas cet antiseptique (Alodont®, Givalex® et Glyco-Thymoline®).
Pour en savoir plus, voir la synthèse d’avis de la HAS sur les bains de bouche.
Ulcère veineux
Avis défavorable au remboursement pour Saphenamed® UCV
Saphenamed® UCV est un système de compression élastique par superposition de deux bas induisant une pression totale de 40 mmHg. Ce dispositif est destiné à la prise en charge des ulcères veineux avec troubles trophiques. Il est conçu pour maintenir une pression tout au long du nycthémère – avec un « sous-bas », porté de jour comme de nuit, et un « sur-bas », porté de jour uniquement – pour pallier les difficultés d’enfilage des bas de forte compression. Le faible niveau de preuve des deux études fournies n’a pas permis de documenter l’intérêt spécifique de Saphenamed® UCV par rapport aux alternatives thérapeutiques existantes. Le service attendu de ce système a donc été jugé insuffisant pour sa prise en charge par l’Assurance maladie.
Pour en savoir plus, voir la synthèse d’avis de la HAS sur Saphenamed® UCV.
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