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Avis sur les Médicaments

Efficacité et efficience des hypolipémiants : une analyse centrée sur les statines

Substance active (DCI)
  • Hypolipémiants, hypocholestérolémiants
  • Statines

Avis de la CT du 09 juin 2010

Objectifs: Ce travail d’évaluation vise : d’une part, à préciser la place des statines dans le traitement de l’hypercholestérolémie et la prévention cardiovasculaire ; et d’autre part, à comparer les statines disponibles sur le marché français en termes d’efficacité, de tolérance et d’efficience.

Méthode : La méthodologie mise en œuvre repose sur :

  • une analyse critique des données médicales et économiques disponibles depuis la recommandation Afssaps 2005,
  • la réalisation de travaux quantitatifs ad-hoc (analyse de trois bases de données de prescription, méta-analyse des données de morbi-mortalité, analyse coût-conséquence des différentes statines sur le paramètre biologique LDL-c),
  • la réunion d’un groupe de travail pluridisciplinaire,
  • la consultation d’un groupe de lecture pluridisciplinaire et l’organisation d’une consultation publique.


Résumé: Toutes statines confondues, le traitement par statines diminue le risque de mortalité toutes causes de 10% quel que soit le profil du patient, et le risque d’événements cardiovasculaires de 15% à 23%, selon l’événement étudié. Le rapport coût-efficacité d’un traitement par statine est jugé favorable en prévention secondaire, et en prévention primaire pour les patients à haut risque cardiovasculaire.

Les différentes statines n’ont pas d’effet significativement différent en termes de mortalité toutes causes et les effets indésirables sont de nature et de fréquence identiques.

L’effet des différentes statines sur la survenue d’événements cardiovasculaires (ECV) ne peut pas être analysé de manière rigoureuse sur l'ensemble des molécules et des dosages à partir des données disponibles. Dans la mesure où il existe une relation démontrée entre la baisse du LDL-c et la réduction des ECV, la réduction du LDL-c peut être acceptée comme un indicateur intermédiaire de la morbidité CV. Les statines ayant une efficacité biologique différente, la prise en compte de ce second critère dans la décision conduit à recommander, pour un patient en initiation de traitement, la statine la plus efficiente en fonction de la baisse de LDL-c recherchée lorsqu’un traitement est jugé nécessaire par le prescripteur, en tenant compte du niveau de risque cardio-vasculaire initial du patient.

La prescription d’une simvastatine générique est à envisager en priorité pour les hypercholestérolémies faibles à modérées (moins de 40% de réduction visée du niveau de LDL-c), avec un dosage adapté à la valeur cible recherchée (10 mg, 20 mg, 40 mg). Lorsque la baisse de LDL-c souhaitée est très faible et qu’un traitement médicamenteux est jugé nécessaire, la pravastatine 10mg sera préférée. L’atorvastatine 10 mg et la rosuvastatine 5 mg sont des alternatives de la simvastatine 40 mg lorsque la baisse de LDL-c souhaitée est modérée (entre 30% et 40%).

Pour une baisse du LDL-c souhaitée de plus de 40%, seules la rosuvastatine et l’atorvastatine permettent d’atteindre la valeur cible : entre 40% et 50%, la rosuvastatine (10, 20 mg) est à envisager en priorité ; au-delà, l’atorvastatine 80mg est la seule molécule permettant une réduction moyenne du LDL-c de plus de 50%.


Documents

Mis en ligne le 22 Jul 2010