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Enquête : mise en oeuvre de la Check-list

Article HAS - Mis en ligne le 24 nov. 2011

Une première analyse internationale de la mise en œuvre de la check-list de l’OMS, publiée en 2009 dans The New England journal of Medicine (vol. 360), à partir de l’expérience de 8 centres dans le monde sur une période courte (moins d’un an), montre déjà des résultats éloquents : diminution en moyenne de moitié du taux de mortalité (qui passe de 1,5 % à 0,8 %, P=0.003), et d’un tiers du taux de complications (qui passe de 11 % à 7 %, P<0,001). Si l’on stratifie l‘étude sur les pays industrialisés, la mortalité diminue de manière non significative de 0,9 à 0,6 % (P=0,18%), mais le taux des complications diminue significativement de 10,3 à 7,1 % (P<0,001 %).

 

En France, une enquête auprès des médecins engagés au sein de 15 organismes agréés pour l’accréditation (OA-A) a été menée en 2010 après 6 mois de mise en œuvre de la check-list dans les blocs opératoires français, pour évaluer sa faisabilité et son acceptabilité.

Le taux de réponses est important : 1 900 réponses parmi les 8 781 médecins engagés, soit 21,6 %. 99 % des répondeurs ont effectivement mis en place la check-list, 80 % depuis plus de 6 mois, sans différence significative selon le type d’établissement de santé ni le type d’activité.

En revanche la « culture de sécurité » et la conscience de l’importance du travail en équipe dans la prévention du risque peut encore progresser : en effet, si près de ¾ des répondeurs délèguent toujours à d’autres, ce qui est prévu, plus d’un tiers des répondeurs ne participent pas du tout au processus (poser ou répondre aux questions).

Délégation    
(21 ne se prononcent pas)

Participation
(72 ne se prononcent pas)

A un autre professionnel

OUI

NON

Toujours

1 324

73%

709

54%

566

43%

Parfois

350

19%

285

81%

53

15%

Jamais

132

7%

120

91%

8

6%

Total

1 827

 

1 122

61%

633

35%

 

La majorité des répondeurs est convaincue que la check-list peut être améliorée. Il existe par exemple une incompréhension sur la formulation de « la réponse oui » (« La réponse « oui » à un item valide sa vérification croisée au sein de l’équipe. Si cette vérification n’a pu être réalisée, la réponse « non » doit être cochée ») : 40 % des répondants comprennent la réponse « oui » comme étant la vérification d’un item, 53 % comme la réponse directe à l’item.

Parmi les difficultés ou les freins les plus souvent cités, il y a l’obligation de la présence de tous les intervenants à tous les temps du questionnement (38% des répondeurs), la mauvaise adaptation de quelques items (30 %), des réticences à une tâche administrative (29 %), l’impression de « théâtralisation » (27 %) et l’inadaptation pour les interventions courtes (26 %).

62 % des répondeurs estiment que la check-list ne ralentit pas significativement l’activité, et qu’elle est plutôt adaptée à la pratique (seulement 31 % pensent le contraire).

Enfin 81 % des répondeurs pensent que la check-list est une bonne chose pour la sécurité des patients ; 68% pensent que l’utilisation est généralisable à toutes les interventions. Plus d’un tiers ont déjà pu détecter un événement porteur de risque (EPR) grâce à la check-list, ou pensent que cela est possible (mais 56 % non…) et près des deux tiers en ont tiré des modifications organisationnelles : avec un si faible recul, on peut trouver ces constatations appréciables.

En conclusion, cette enquête est encourageante ; elle montre une assez bonne mobilisation des médecins engagés dans l’accréditation ainsi qu’un sentiment d’acceptation globale du principe. Cependant, l’implication directe des médecins dans la réalisation de la check-list « sécurité du patient au bloc opératoire » reste apparemment encore à améliorer. Cette enquête permet également de relever un certain nombre d’imperfections à corriger pour en augmenter l’acceptabilité.

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