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Qu'est-ce qu'une démarche de gestion des risques ?

Article HAS - Mis en ligne le 27 nov. 2013

Le risque fait partie de toute activité humaine, a fortiori dans un domaine complexe et en constante évolution comme celui de la santé. Pour faire face à la maladie, les professionnels de santé mettent en œuvre différentes actions (préventives, diagnostiques, thérapeutiques) et différentes organisations (plateau technique, télémédecine, hospitalisation à domicile, maisons de santé pluri-professionnelles …), souvent innovantes, dont l’objectif est d’apporter un bénéfice aux patients. Cependant, ces actions et ces organisations peuvent avoir des conséquences négatives, appelées évènements indésirables associés aux soins (EIAS), expressions possibles de risques insuffisamment maitrisés.

Dans ce contexte, une démarche de gestion des risques, qui vise à réduire à un niveau acceptable les risques d'évènements indésirables associés aux soins, doit être mise en place.

 

Principales étapes d’une démarche de gestions des risques

  1. mettre en place une démarche pluri-professionnelle grâce à une organisation réunissant tous les acteurs (ou leurs représentants professionnels) concernés par le mode d’exercice, et adaptée au secteur d’activité (groupe projet, groupe d’analyse de pratiques, staff, équipes de soins, etc.). Pour être efficace cette démarche de gestion des risques doit en effet être intégrée au quotidien dans la gouvernance (et la gestion) de la structure dans laquelle travaillent les professionnels concernés.
  2. repérer et identifier les risques d'évènements indésirables dans le processus de soins. Cela est réalisé par le groupe en essayant d'identifier à la fois ceux qui pourraient se produire (c’est l’approche dite a priori ou proactive), et d'autre part ceux qui se sont déjà produits (c’est l’approche dite a posteriori ou réactive).
  3. analyser ces risques : c'est à dire évaluer les risques en termes de gravité et de fréquence et déterminer leurs causes et leurs conséquences. Puis les hiérarchiser afin de les prioriser.
  4. traiter les risques jugés non acceptables, c'est à dire imaginer les solutions, le plus souvent sous formes de barrières de sécurité, susceptibles d’empêcher la survenue des événements indésirables redoutés ou à défaut d’en limiter leurs conséquences.
  5. assurer le suivi et l’évaluation de la démarche dont notamment les risques résiduels et mettre en place un retour d’expérience, c’est-à-dire un partage entre professionnels des enseignements retirés de cette démarche.

 

Schéma Gestion des risques

 

Pourquoi combiner une approche a priori et une approche a posteriori ?

Les 2 approches sont complémentaires  et permettent d’orienter les actions à mettre en œuvre et d’établir une vigilance sur les risques.

  • L’approche a priori (ou proactive), permet d’anticiper au maximum la survenue d’événements indésirables éventuels, en se demandant ce qui pourrait mal se passer lors de la prise en charge des patients. La connaissance des risques acquise par l’expérience des professionnels de santé, ainsi qu’une abondante littérature disponible dans ce domaine permet aux équipes, en analysant les processus de prise en charge des patients, d’identifier a priori  les risques potentiels ou les situations à risque (= situation où la probabilité de survenue d’un EIAS est augmentée). Cette activité permet également de décrire et de partager une vision commune des prises en charge et des mesures de sécurité déjà existantes (barrières).
  • L’approche a posteriori (ou réactive), permet, en présence d’événements indésirables survenus ou qui auraient pu survenir, de s’interroger sur ce qui s’est passé.
    La complexité des soins, la mobilité du personnel, les changements concernant l’organisation, les pratiques, ou les matériels, ainsi que la diversité des patients ou des situations cliniques rencontrées, font qu’une organisation n’est jamais statique mais se modifie régulièrement, et peuvent créer des défauts insoupçonnés dans la sécurité de la prise en charge. Une surveillance et une analyse des événements indésirables qui surviennent (dite a posteriori) permettent de révéler, comprendre et traiter ces dysfonctionnements. La démarche s’appuie sur les concepts et les méthodes issues de l’analyse systémique.

    

Qu’est-ce qu’une Barrière de sécurité ? 

Les solutions trouvées pour traiter les risques sont appelées barrières de sécurité. Elles peuvent permettre d’éviter les sources d’erreurs (on parle alors de barrière de prévention), de récupérer les erreurs avant qu’elles ne produisent des conséquences (barrière de récupération) ou d'atténuer leurs conséquences en cas d’événement indésirable constitué (barrière d’atténuation).

Exemple : on doit se laver les mains pour éviter les infections (prévention), savoir manier les antibiotiques quand l’infection est là (récupération), et disposer de stratégies de réanimation en cas de choc septique quand le sepsis devient gravissime (atténuation).

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