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Continuité du suivi des personnes vivant avec le VIH et de l’offre de soins en santé sexuelle

Réponses rapides dans le cadre du COVID-19 - Mis en ligne le 10 avr. 2020
             
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L’essentiel

Concernant le suivi des personnes vivant avec le VIH durant la pandémie de COVID-19

  • Réponse rapide n°1 : les personnes vivant avec le VIH avec une charge virale non contrôlée ou avec des CD4 <200/mm3 sont à risque présumé de développer une forme grave d’infection au COVID-19.
  • Réponse rapide n°2 : la sortie de la période de confinement doit permettre une reprise progressive du suivi clinique, biologique et thérapeutique des personnes vivant avec le VIH au rythme habituellement recommandé.
  • Réponse rapide n°3 : s’assurer impérativement de la poursuite du traitement antirétroviral et des traitements des comorbidités.
  • Réponse rapide n°4 :  la téléconsultation (à défaut par téléphone) reste à privilégier aux dates des rendez-vous initialement prévues pour les patients suivis régulièrement, et avec une infection parfaitement stabilisée. Le suivi biologique de proximité dans les laboratoires d’analyses médicales à proximité du domicile des personnes doit être privilégié. L’hospitalisation de jour annuelle peut être reportée.
  • Réponse rapide n°5 : la prise en charge en présentiel des patients avec infection par le VIH nouvellement diagnostiqués ainsi que des patients en situation d’échec thérapeutique, ou présentant des signes cliniques évolutifs ou des effets indésirables, ou en cas de grossesse reste recommandée. Il est essentiel d’adapter les modalités d’accueil en consultation présentielle en appliquant les mesures barrières : port du masque, hygiène des mains, distanciation physique (recueil d’information préalable pour dépister des symptômes liés à une infection actuelle ou récente par le Covid-19 ou contact avec une personne infectée, salles d’attentes adaptées, rendez-vous espacés).
  • Réponse rapide n°6 : il n’y a pas d’indication à modifier un traitement antirétroviral efficace en cours du fait du contexte actuel du Covid-19. Il n’est pas recommandé de modifier un traitement antirétroviral en cours dans le but d’utiliser un inhibiteur de la protéase du VIH contre le SARS-CoV-2.
  • Réponse rapide n°7 : les changements de traitement antirétroviral sont à éviter en dehors des échecs thérapeutiques, des effets indésirables, de la grossesse ou de co-prescriptions indispensables à risque d’interactions médicamenteuses.
  • Réponse rapide n°8 : il est important d’informer les patients, repérer et accompagner celles et ceux appartenant à des populations vulnérables (travailleurs/euses du sexe, migrants, personnes transgenres, usagers de drogues, patients ayant des comorbidités, des pathologies psychiatriques…) en s’appuyant sur les associations communautaires, qui doivent être largement sollicitées par les soignants et les COREVIH et soutenues par les pouvoirs publics.

Concernant des personnes vivant avec le VIH suspectées et/ou confirmées atteintes de COVID-19

  • Réponse rapide n°9 : l’infection par VIH ne doit pas constituer une perte de chance dans la prise en charge médicale du Covid-19, notamment dans le recours à une prise en charge en réanimation si nécessaire.
  • Réponse rapide n°10 : les traitements expérimentaux anti-SARS-CoV-2 ne doivent être utilisés, pour les personnes vivant avec le VIH comme pour les autres, dans le cadre d’essais cliniques (en privilégiant les essais académiques), dans le cadre réglementaire prévu par le HCSP.
  • Réponse rapide n°11 : les interactions médicamenteuses entre les traitements expérimentaux anti-SARS-CoV-2 et les antirétroviraux doivent être pris en compte.

Concernant la prise en charge des personnes à risque d’exposition au VIH durant la pandémie de COVID-19

  • Réponse rapide n°12 : s’assurer de l’existence d’une offre de soins adaptée pour la prise en charge des accidents d’exposition sexuelle et de l’offre de prophylaxie pré-exposition (PreP) (services spécialisés, CeGIDD). Cette offre de soins doit prendre en compte, respecter et faire respecter les mesures de distanciation physique préconisées en sortie de confinement face à l’épidémie du SARS-Cov-2. Le renouvellement des prescriptions Prep est possible par le médecin traitant, le CeGIDD ou chez le pharmacien sur dérogation (jusqu’au 31 mai 2020).
  • Réponse rapide n°13 : maintenir une offre et une démarche de dépistage régulier du VIH, des hépatites virales B et C, et des IST chez les personnes à risque d’exposition (HSH, personnes sous PreP, travailleurs du sexes, migrants, personnes en situation de précarité…) et de rendre à nouveau possible ce dépistage en début de levée du confinement si celui-ci avait été interrompu pendant la phase de confinement.

Contexte

La France est entrée le 14 mars 2020 dans la situation épidémique de stade 3 vis-à-vis du Covid-19. Dans une lettre du 27 mars la DGS a saisi la HAS en vue d’élaborer des recommandations générales destinées à assurer la continuité de prise en charge des personnes vivant avec le VIH en période de confinement impliquant une limitation des déplacements. Une mise à jour de ces recommandations s’est avérée nécessaire dans un contexte de sortie de confinement progressive et graduelle selon les territoires.

Malgré l’absence de données dans la littérature et compte-tenu des données disponibles sur les autres infections respiratoires, dans l’actualisation de son avis du 20 avril 2020, le HCSP a considéré que les personnes vivant avec le VIH avec une charge virale non contrôlée ou avec des CD4 <200/mm3, étaient à risque présumé de développer une forme grave de Covid-19 (HCSP, 20 avril 2020).

La sortie du confinement progressive et graduelle selon les territoires, ainsi que le rôle et la charge de travail des professionnels de santé, amènent à réinterroger les organisations en termes de prévention vis-à-vis du VIH et de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH.

La nécessité de la poursuite des règles de distanciation physique, y compris en milieu hospitalier, impose des organisations adaptées, et notamment un flux réduit de personnes dans les consultations. La place de la téléconsultation reste donc importante dans ce contexte.

Ces réponses rapides portent sur le suivi des personnes vivant avec le VIH, sur la prévention d’acquisition du VIH et sur la gestion des cas de personnes vivant avec le VIH suspectées et/ou confirmées atteintes de Covid-19 durant la pandémie de Covid-19, notamment en sortie de confinement. Elles sont à moduler en fonction de l’accès aux ressources locales et des particularités géographiques de l’épidémie.

Ces réponses rapides, élaborées sur la base des connaissances disponibles à la date de leur publication, sont susceptibles d’évoluer en fonction de nouvelles données.

Retrouvez toutes les fiches réponses rapides dans le dossier COVID-19.

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