L’adolescence et le début de l’âge adulte sont des périodes où les repères évoluent, y compris en matière de santé, comme le souligne le thème de l’édition 2026 de la Semaine européenne de la vaccination (SEV).
À cette occasion, la Haute Autorité de santé (HAS) met en lumière un enjeu parfois sous-estimé : la vaccination des adolescents et des jeunes adultes, essentielle pour protéger durablement la santé individuelle et collective.
Pourquoi certains vaccins sont indispensables à ces âges ? Comment s’y retrouver dans le calendrier vaccinal ? Et quel est le rôle de la HAS dans l’élaboration des recommandations ?

 

Vaccination : un enjeu qui ne s’arrête pas à l’enfance

Contrairement aux idées reçues, la vaccination ne concerne pas uniquement la petite enfance. L’adolescence et le début de l’âge adulte constituent même un âge clé de la prévention vaccinale.

Si la vulnérabilité des adolescents et des jeunes adultes n’est pas liée à une fragilité de leur système immunitaire, comme chez les nourrissons ou les personnes âgées, elle s’explique par l’augmentation des interactions sociales à ces âges (vie scolaire ou universitaire, activités collectives, socialisation accrue, début de la vie sexuelle notamment). Ces contextes favorisent la circulation de certaines infections, notamment les infections à méningocoques ou les infections à papillomavirus (HPV), pouvant entraîner des conséquences graves à court ou long terme.

À ces âges, la vaccination joue donc un rôle déterminant, à la fois pour la protection individuelle et pour la protection collective.

Par ailleurs, les rappels contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP) restent indispensables pour maintenir une protection individuelle efficace à l’adolescence et chez les jeunes adultes.

Dans ce contexte, disposer de repères fiables et lisibles est essentiel, tant pour le grand public que pour les professionnels de santé et les pouvoirs publics.

 

Des recommandations simplifiées par la HAS autour d’âges clés

Dans un objectif de simplification des parcours vaccinaux, la HAS a identifié des âges charnières permettant d’optimiser la prévention sans multiplier les occasions manquées.

Entre 11 et 14 ans : un temps fort de la vaccination

L’adolescence précoce (11‑14 ans) constitue un moment privilégié pour la vaccination, notamment en milieu scolaire. Deux vaccinations sont particulièrement recommandées à cet âge :

  • la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) ;
  • la vaccination contre les méningocoques ACWY.

Entre 15 et 24-26 ans : des possibilités de rattrapage sans perte de chance

Parce que tous les adolescents n’ont pas pu être vaccinés plus tôt, la HAS recommande fortement un rattrapage vaccinal, afin de les protéger sans perte de chance pour eux, mais aussi pour induire une protection collective :

  • vaccination contre les méningocoques ACWY et B jusqu’à 24 ans ;
  • vaccination contre les HPV jusqu’à 26 ans, chez les femmes comme chez les hommes.

Pour en savoir plus sur ces recommandations :
Stratégie de vaccination contre les infections invasives à méningocoques
Vaccination contre les papillomavirus : élargissement de la cohorte de rattrapage vaccinal chez les hommes et les femmes jusqu’à 26 ans révolus

Le rôle de la HAS : expertise scientifique et recommandations au service de la santé publique

La HAS joue un rôle central dans la politique vaccinale en France.
Sur la base des données scientifiques disponibles, elle élabore des recommandations vaccinales qui contribuent à l’élaboration du calendrier des vaccinations, publié chaque année par le ministère chargé de la santé, après avis de la HAS.

La HAS évalue également les vaccins au regard de leur efficacité, de leur sécurité et de leur place dans la stratégie de santé publique, afin :

  • d’éclairer les décisions des pouvoirs publics ;
  • d’accompagner les professionnels de santé dans leurs pratiques ;
  • de contribuer à une information fiable et accessible du public.

Dans un contexte où les enjeux de vaccination concernent pleinement les adolescents et les jeunes adultes, mieux valoriser l’expertise et les recommandations de la HAS est essentiel pour renforcer la confiance et faciliter l’appropriation des messages de prévention.

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