Flash Sécurité Patient « (Re)transcription des prescriptions médicamenteuses. Copier une prescription, c’est risquer de coller des erreurs»
Contexte
Dans son rapport publié en septembre 2025 sur les évènements indésirables graves associés aux soins (EIGS) liés aux prescriptions médicamenteuses, la Haute Autorité de santé a mis en évidence l’existence d’erreurs causées par des retranscriptions.
La (re)transcription d’une prescription médicamenteuse (copie d’un support papier vers un logiciel, d’un logiciel vers un autre ou d’un logiciel vers un support papier) expose à de multiples risques: erreur de dose, confusion d’unité, mauvaise molécule, date d’administration incorrecte ou omission d’une information essentielle.
Ces situations surviennent particulièrement lors des transitions de soins (admission, transfert, retour d’hospitalisation), notamment lorsque les systèmes d’information ne sont pas interopérables. Elles peuvent aussi être favorisées par des fragilités organisationnelles : absence de prescripteur identifié, défaut de supervision.
Pour que cela ne se reproduise pas
La retranscription d’une prescription par un professionnel non habilité à prescrire est interdite. S’il n’y a pas de prescription médicale écrite par des professionnels habilités, il n’est pas possible d’administrer de médicaments, sauf en situation d’urgence (avec régularisation écrite par le médecin dans les meilleurs délais).
Pour limiter la survenue et les conséquences des EIGS liés à la retranscription, il est préconisé de :
- éviter toute retranscription, même par les professionnels habilités à prescrire ;
- s’appuyer sur une organisation sécurisée qui permet de :
- garantir la disponibilité d’un prescripteur identifié,
- encadrer et superviser les prescriptions des internes ou docteurs juniors,
- formaliser et tracer les échanges via une messagerie sécurisée intégrée aux outils numériques ;
- évaluer régulièrement les pratiques (en vérifiant la traçabilité et la cohérence entre prescription, dispensation et administration), et déployer des actions d’amélioration continue si nécessaire ;
- sécuriser les transitions de soins en mettant en œuvre la conciliation médicamenteuse dès l’admission du patient ;
- fiabiliser les outils numériques :
- utilisation systématique d’un logiciel d’aide à la prescription (LAP),
- paramétrage de droits d’accès et de profils utilisateurs appropriés,
- recours à un support numérique unique pour la prescription et l’administration,
- interopérabilité des systèmes d’information,
- formation régulière des professionnels à l’usage des logiciels et des outils métiers.
