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Réévaluation suite à résultats étude post-inscription

L'essentiel

Avis favorable au remboursement dans les indications de l’AMM uniquement :

  • en cas d’épidémie saisonnière de grippe : chez les personnes ayant des facteurs de risque de formes sévères ou compliquées de grippe et/ou d’emblée une forme grave, en curatif et en préventif (prophylaxie post-exposition),
  • en cas de pandémie grippale avérée ou potentielle : en curatif et en préventif, selon les recommandations nationales le cas échéant.

Avis défavorable au remboursement dans les autres situations de l’AMM.

 

Quel progrès ?

Pas de progrès dans la prise en charge curative et préventive de la grippe.

 

Quelle place dans la stratégie thérapeutique ?

La vaccination est l’outil de prévention le plus efficace contre la grippe et les complications associées, notamment dans les populations à risque. Par ailleurs, les mesures d’hygiène (port de masques chirurgicaux et lavage fréquent des mains) permettent de limiter le risque de transmission et de contamination, en particulier des très jeunes enfants et des personnes ayant des facteurs de risque particuliers.

D’après les recommandations du HCSP de 2018 sur la prise en charge de la grippe, une utilisation des inhibiteurs de la neuraminidase (INA) est recommandée selon les modalités suivantes, quel que soit le statut vaccinal du patient :

  • En curatif, aux personnes symptomatiques suivantes, quel que soit l’âge (compte-tenu de l’extension d’AMM de l’oseltamivir aux enfants de moins de 1 an) : aux personnes jugées à risque de complications ciblées par la vaccination y compris les femmes enceintes ; aux personnes présentant une grippe grave d’emblée ou dont l’état clinique s’aggrave ; aux personnes dont l’état justifie une hospitalisation pour grippe.
  • En traitement préemptif (prophylaxie antivirale mais à doses curatives) : aux personnes encore asymptomatiques mais jugées à risque très élevé de complications grippales, quel que soit l’âge, et en contact étroit avec un cas confirmé ou cliniquement typique de grippe. Ce sont par exemple les personnes présentant des comorbidités graves ou instables, comme les affections cardiopulmonaires graves ou les personnes immunodéprimées, qu’elles vivent ou non en collectivités.
  • En traitement prophylactique post-exposition, en plus de la vaccination antigrippale : uniquement chez les personnes jugées à risque de complications, âgées de 1 an et plus, y compris les femmes enceintes, ciblées par la vaccination, après un contact étroit datant de moins de 48 heures avec un cas confirmé ou présentant une symptomatologie typique de grippe ; en collectivités de personnes à risque, tout particulièrement les collectivités de personnes âgées.

Le traitement doit être initié le plus précocement possible sans attendre la confirmation virologique du cas ou du contact étroit.

En 2024, en réponse à une saisine de la Direction Générale de la Santé (DGS), relative au stock de l’État en antiviraux antigrippaux, le HCSP a réaffirmé l'intérêt de conserver des stocks stratégiques d'oseltamivir, notamment en période de pandémie. Il souligne « qu’aucune donnée publiée n’est, à ce jour, de nature à remettre en question la place potentielle de l’oseltamivir en traitement curatif et préventif de la grippe en situation pandémique, cet antiviral apportant dans ces circonstances un bénéfice supérieur à celui observé face à une épidémie saisonnière ».

 

Place de TAMIFLU dans la stratégie thérapeutique

La commission de la Transparence rappelle que la vaccination est l’outil de prévention le plus efficace contre la grippe et les complications associées, notamment dans les populations à risque. Une bonne couverture vaccinale y compris chez les soignants est indispensable. Par ailleurs, les mesures barrières d’hygiène (port de masques chirurgicaux et lavage fréquent des mains) permettent de limiter le risque de transmission et de contamination, en particulier des très jeunes enfants et des personnes ayant des facteurs de risques particuliers. Ces deux mesures constituent la pierre angulaire de la prévention de la grippe.

 

Dans la grippe saisonnière :

En traitement curatif, considérant :

  • le bénéfice minime démontré en termes de réduction de la durée des symptômes chez des patients sans facteur particulier de gravité (- 18 heures [-22 ; -14 heures]) ;
  • le niveau de preuve faible de l’effet du traitement par l’oseltamivir sur les complications et les hospitalisations dans les populations à risque ;
  • l’absence d’effet du traitement par l’oseltamivir démontré sur la mortalité des personnes atteintes de formes sévères ou compliquées de grippe ;

mais compte tenu :

  • du bénéfice suggéré par deux études observationnelles sur la mortalité chez des patients hospitalisés pour une forme sévère de grippe ;
  • de l’absence d’alternative chez des patients à risque de formes sévères ou compliquées dont le pronostic vital pourrait être engagé à savoir les patients immunodéprimés, atteints de cancer, ayant une pathologie chronique sous-jacente ; les personnes âgées de plus de 65 ans ;

la Commission considère que l’oseltamivir a une place dans la stratégie thérapeutique, en curatif, de la grippe saisonnière uniquement chez les personnes ayant des facteurs de risque de formes sévères ou compliquées de grippe et/ou d’emblée une forme grave ;

la Commission considère que l’oseltamivir n’a pas de place dans la stratégie thérapeutique de la grippe chez les personnes n’ayant pas de facteurs de risque de formes sévères ou compliquées de grippe ou n’ayant pas d’emblée une forme grave.

 

En traitement préventif (prophylaxie post exposition), considérant :

  • le niveau de preuve faible de l’effet de l’oseltamivir sur la réduction de l’incidence de la grippe suspectée ou confirmée en population générale et en collectivités de personnes âgées ;
  • l’absence d’effet démontré sur la réduction de la mortalité et des complications graves notamment chez les populations à risque ;

mais compte tenu :

  • d’un effet démontré sur la réduction de la durée des symptômes d’environ 18 heures, et par conséquent d’une possible réduction du risque de transmission en collectivités et en population générale ;
  • de l’absence d’alternative chez les personnes à risque de formes sévères ou compliquées de grippe ;

la Commission considère que l’oseltamivir a une place dans la stratégie préventive (prophylaxie post exposition) de la grippe saisonnière en complément de la vaccination et des mesures barrières qui restent la pierre angulaire de la prévention chez les personnes ayant des facteurs de risque de formes sévères ou compliquées ;

la Commission considère que l’oseltamivir n’a pas de place dans la stratégie préventive (prophylaxie post exposition) de la grippe chez les personnes n’ayant pas de facteurs de risque de formes sévères ou compliquées.

 

En situation de pandémie grippale avérée ou potentielle, considérant :

  • l’absence de données d’efficacité clinique de l’oseltamivir sur l’incidence, les complications et la mortalité de la grippe pendant une pandémie ;
  • le passage de l’oseltamivir de la liste principale à la liste complémentaire des médicaments essentiels de l’OMS ;

Mais compte tenu :

  • du besoin exacerbé, dans un contexte de pandémie, de maîtriser la diffusion de la transmission en particulier au sein des collectivités de personnes à risque ;
  • d’un effet démontré sur la réduction de la durée des symptômes de 18 heures environ, et par conséquent d’une possible réduction de la transmission dans la population générale ;
  • d’une possible réduction de 1,6 jours environ de la durée d’hospitalisation qui pourrait avoir un impact positif sur la régulation du flux hospitalier ;
  • de l’absence d’alternative chez les patients à risque de formes sévères ou compliquées dont le pronostic vital pourrait être engagé ;

la Commission de la Transparence considère que l’oseltamivir pourrait avoir une place dans la stratégie de prise en charge, en curatif et en préventif, en période de pandémie grippale. Dans un tel contexte, l’utilisation de l’oseltamivir devra alors s’effectuer dans le cadre des recommandations nationales émises le cas échéant.

 

Recommandations particulières

La Commission rappelle que la vaccination est l’outil de prévention le plus efficace contre la grippe et les complications associées, notamment dans les populations à risque. Une bonne couverture vaccinale y compris chez les soignants est indispensable.

Par ailleurs, les mesures d’hygiène (port de masques chirurgicaux et lavage fréquent des mains) permettent de limiter le risque de transmission et de contamination, en particulier chez les très jeunes enfants et les personnes ayant des facteurs de risques particuliers. Ces deux mesures constituent la pierre angulaire de la prévention contre la grippe.


Clinical Benefit

Low

Le service médical rendu par TAMIFLU (oseltamivir) est faible :

  • chez les personnes ayant des facteurs de risque de formes sévères ou compliquées et/ou d’emblée graves dans le cadre d’un traitement curatif de la grippe en cas d’épidémie saisonnière,
  • chez les personnes ayant des facteurs de risque de formes sévères ou compliquées dans le cadre d’un traitement préventif en cas d’épidémie saisonnière de grippe,
  • dans le cadre d’un traitement curatif et préventif de la grippe en situation de pandémie grippale.
Insufficient

Le service médical rendu par TAMIFLU (oseltamivir) est insuffisant :

  • chez les personnes n’ayant pas de facteurs de risque de formes sévères ou compliquées et/ou d’emblée graves dans le cadre d’un traitement curatif de la grippe en cas d’épidémie saisonnière,
  • chez les personnes n’ayant pas de facteurs de risque de formes sévères ou compliquées dans le cadre d’un traitement préventif en cas d’épidémie saisonnière de grippe.

Clinical Added Value

no clinical added value

Compte tenu :

  • du faible niveau de preuve de l’efficacité du traitement par l’oseltamivir sur la réduction de la mortalité et des complications de la grippe en cas d’épidémie saisonnière ;
  • du bénéfice minime démontré sur la réduction de la durée des symptômes, en moyenne de 18 heures [14-22] par l’oseltamivir chez des patients sans facteur particulier de gravité ;
  • du faible niveau de preuve de l’effet de l’oseltamivir sur la réduction de l’incidence de la grippe suspectée ou confirmée en population générale et en collectivités de personnes âgées ;
  • de l’absence de nouveau signal de tolérance depuis le précédent avis de la Commission ;
  • et malgré l’intérêt potentiel du traitement en cas de pandémie grippale ;

la Commission considère que TAMIFLU (oseltamivir) n’apporte pas d’amélioration du service médical rendu (ASMR V) dans la stratégie actuelle de prise en charge de la grippe, en curatif et en préventif. A la lumière des résultats de l’étude RECOVERY (résultats attendus pour 2026), la Commission jugera de l’opportunité de réévaluer le médicament.


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