BRINSUPRI (brensocatib monohydraté) - Bronchiectasies non liées à la mucoviscidose chez les patients âgés de 12 ans et plus

Opinions on drugs - Posted on Mar 24 2026

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L'essentiel

Avis favorable au remboursement dans l’indication : « BRINSUPRI est indiqué dans le traitement de la bronchectasie non liée à la mucoviscidose chez les patients âgés de 12 ans et plus ayant présenté au moins deux exacerbations au cours des 12 derniers mois ».

 

Quel progrès ?

Pas de progrès thérapeutique dans la stratégie de prise en charge.

 

Quelle place dans la stratégie thérapeutique ?

La prise en charge repose sur une stratégie consistant à traiter les pathologies sous-jacentes, et à ajuster progressivement le traitement en fonction de la réponse clinique, évaluée selon la charge symptomatique, la gravité des exacerbations, l’état infectieux, la spirométrie et la qualité de vie. Il n’existe pas de séquence thérapeutique standardisée, et la stratégie reste très hétérogène tant dans sa composition que dans son déroulement au fil du temps.

BRINSUPRI  (brensocatib) peut être utilisé en complément de la prise en charge habituelle dans le traitement de la bronchiectasie non liée à la mucoviscidose chez les patients âgés de 12 ans et plus, ayant eu au moins deux exacerbations au cours des 12 derniers mois.


Clinical Benefit

Moderate

Le service médical rendu par BRINSUPRI (brensocatib) est modéré dans l’indication de l’AMM.


Clinical Added Value

no clinical added value

Compte tenu :

  • de la démonstration de la supériorité du brensocatib 25 mg par rapport au placebo chez des patients atteints de bronchectasie non liée à la mucoviscidose chez les patients âgés de 12 ans et plus ayant présenté au moins deux exacerbations au cours des 12 derniers mois, dans l’étude ASPEN sur :
    • le taux annualisé d’exacerbations pulmonaires (critère de jugement principal) a été de 1,036 (IC95% : [0,927 ; 1,157]) dans le groupe brensocatib 25 mg et de 1,286 (IC95% : [1,158 ; 1,428]) dans le groupe placebo, (RR=0,806 ; IC95% : [0,694 ; 0,936], p ajusté=0,0048) ;
    • et que le taux annualisé d’exacerbations pulmonaires est de bonne pertinence clinique ;
    • et les critères secondaires de jugement hiérarchisés ont par ailleurs montré :
      • un allongement du délai de survenue de la 1ère exacerbation pulmonaire de 17,5% par rapport au placebo (HR : 0,825 ; IC95% [0,703 ; 0,968] ; p ajusté = 0,0364) avec une valeur médiane de 50,7 semaines dans le groupe brensocatib 25 mg et 36,7 semaines dans le groupe placebo ;
      • une augmentation du pourcentage de patients sans exacerbations pulmonaires par rapport au placebo (48,5% versus 40,3%) correspondant à un odds ratio de 1,400 (IC95% [1,095 ; 1,792], p ajusté=0,0364) ;
      • une stabilisation du VEMS post-bronchodilatateurs de +38 mL (IC95% : [0,011 ; 0,065], p ajusté <0,0001) par rapport au placebo ;
    • de plus, les résultats de l’étude de phase II WILLOW (n = 256 patients) ont mis en évidence la supériorité de brensocatib 25 mg par rapport au placebo en termes d’allongement du délai de survenue de la 1ère exacerbation pulmonaire. Le délai médian de survenue de la première exacerbation pulmonaire n’était pas atteint (IC90% : [NE ; NE]) dans le groupe brensocatib 25 mg et de 189 jours (IC90% : [141 ; NE]) dans le groupe placebo.
    • avec une tolérance acceptable du brensocatib.

Cependant la portée de ces résultats des deux études est limitée par les points suivants :

  • la quantité d’effet de la différence entre le groupe brensocatib 25 mg et le groupe placebo est faible et de pertinence clinique non assurée sur le taux annualisé d’exacerbations pulmonaires (critère de jugement principal) de l’étude pivotale ;
  • l’absence de démonstration de réduction du risque d’exacerbations pulmonaires sévères ;
  • l’absence de données robustes de qualité de vie ;
  • l’absence de recherche d’une efficacité sur la mortalité, ni d’effet modificateur de la maladie ;
  • un faible échantillon d’adolescents (n=40 dans l’étude ASPEN, soit 2,3% de la population totale), ce qui ne permet guère d’évaluer l’efficacité et la tolérance propre du brensocatib dans cette population, d’autant qu’un biais de sélection et attrition sur des critères ne peuvent être exclus ;
  • du besoin médical partiellement couvert par les alternatives disponibles.

la Commission considère que BRINSUPRI (brensocatib) n’apporte pas d’amélioration du service médical rendu (ASMR V) dans la stratégie thérapeutique actuelle qui comprend les comparateurs pertinents (Cf. 2.2 Prise en charge actuelle).


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