YESCARTA (axicabtagène ciloleucel) - Lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) et lymphome de haut grade à cellules B (LHGCB)

Avis sur les Médicaments - Mis en ligne le 09 juin 2026

Nature de la demande

Réévaluation suite à résultats étude post-inscription

L'essentiel

Avis favorable au maintien du remboursement dans « le traitement des patients adultes atteints de lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) et de lymphome à cellules B de haut grade (LHGCB) ayant rechuté dans les 12 mois après la fin de la première ligne de chimio-immunothérapie, ou qui y sont réfractaires. »

 

Quel progrès ?

Un progrès thérapeutique dans la prise en charge.

 

Quelle place dans la stratégie thérapeutique ?

YESCARTA (axicabtagene ciloleucel) reste un traitement de 2ème ligne du lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) et de lymphome à cellules B de haut grade (LHGCB) ayant rechuté dans les 12 mois après la fin de la première ligne de chimio-immunothérapie, ou qui y sont réfractaires.

Au regard des données disponibles, la place de YESCARTA (axicabtagene ciloleucel) par rapport à l’autogreffe de cellules souches hématopoïétiques, chez les patients en réponse à la chimiothérapie de rattrapage, ne peut pas être précisée. La Commission de la Transparence regrette qu’aucune étude de comparaison directe entre YESCARTA (axicabtagene ciloleucel) et BREYANZI (lisocabtagene maraleucel) ne soit initiée à la date de cette réévaluation.

La Commission rappelle également que :

  • En raison des délais de mise à disposition du produit (depuis la détermination de l’éligibilité du patient à un traitement par cellules CAR-T, la leucaphérèse, la production des cellules génétiquement modifiées, la chimiothérapie lymphodéplétive jusqu’à l’acheminement au patient pour la réinjection) et de la toxicité significative à court terme, les patients éligibles à YESCARTA (axicabtagene ciloleucel) doivent avoir un état général et une espérance de vie compatibles avec ces délais.
  • Compte tenu de la fréquence élevée d’événements indésirables de grades ≥ 3 (91 % des patients dans ZUMA-7) avec en particulier des syndromes de relargage cytokinique et des effets indésirables neurologiques pouvant entrainer des séjours en réanimation, mais aussi des contraintes liées à la nécessité d’une hospitalisation longue ainsi qu’à l’éloignement éventuel du centre qualifié, l’information des patients sur ces contraintes et les risques encourus est primordiale.
  • YESCARTA (axicabtagene ciloleucel) doit être administré dans un établissement de santé spécifiquement qualifié pour son utilisation.
  • Le résumé des caractéristiques du produit (RCP) et le PGR doivent être respectés et une surveillance particulière pendant et après le traitement est requise.

Service Médical Rendu (SMR)

Important

Le service médical rendu par YESCARTA (axicabtagene ciloleucel) reste important dans l’indication de l’AMM.


Amélioration du service médical rendu (ASMR)

III (modéré)

Compte tenu :

  • des données actualisées de l’étude de phase III ZUMA-7, au nouveau gel de base de l’analyse finale de la survie globale (suivi médian de 47,2 mois, soit 22,3 mois supplémentaires), avec une supériorité statistiquement significative sur la survie globale en faveur de YESCARTA (HR = 0,73 ; IC95% [0,54 ; 0,98] ; p = 0,0168) par rapport au traitement standard (chimiothérapie de rattrapage éventuellement suivi, en cas de réponse, d’une intensification et d’une autogreffe de cellules souches) ;
  • des données actualisées de l’étude non comparative ALYCANTE avec un suivi médian de 25,4 mois et un taux de réponse métabolique complète à 3 mois de 71 % (IC95% [58,1 % ; 81,8 %]) similaire à la précédente évaluation de 2023 ;
  • du recul supplémentaire concernant les données en vie réelle de YESCARTA (axicabtagene ciloleucel) issues du registre français DESCAR-T (34 centres actifs, 876 patients inclus, suivi médian de 10,6 mois depuis l’éligibilité) ;

et ce, malgré :

  • dans l’étude ZUMA-7 :
    • une supériorité statistiquement significative sur la survie globale en faveur de YESCARTA confirmant la taille de l’effet estimé lors du gel de base précédent mais toujours avec une borne supérieure de l’intervalle de confiance proche de 1 ;
    • un pourcentage non négligeable de patients du bras standard ayant reçu un CAR T en 3e ligne après progression ou réponse insuffisante (57 % des patients du groupe standard ont reçu un traitement ultérieur par CAR-T cells) ;
    • des incertitudes sur la transposabilité des résultats du fait d’une absence de thérapie de bridging (hors corticoïdes) ;
  • dans le registre DESCAR-T :
    • des données descriptives, avec un suivi à court terme à l’extraction du 17 février 2025 (suivi médian depuis l’éligibilité de 10,6 mois [IC95% : 9,2 ; 12,9] alors que l’accès précoce a été octroyé en juillet 2022) ;
    • dans le contexte de données comparatives disponibles dans un essai contrôlé randomisé (étude ZUMA-7) avec un suivi médian de 47,2 mois ;
    • et qui présentent des données manquantes importantes (jusqu’à environ 20% pour certaines caractéristiques des patients et de la maladie, et au-delà selon les variables renseignées) et une exhaustivité du registre qui n’est pas assurée ;

la Commission maintient une amélioration du service médical rendu modérée (ASMR III) de YESCARTA (axicabtagene ciloleucel), 0,4 – 2 x 108 cellules, dispersion pour perfusion, dans la prise en charge des patients adultes atteints de lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) et de lymphome de haut grade à cellules B (LHGCB) ayant rechuté dans les 12 mois après la fin de la première ligne de chimio-immunothérapie, ou qui y sont réfractaires.


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