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Rencontres sécurité : un partenariat entre équipes et management

Article HAS - Mis en ligne le 20 déc. 2018

Sous l’impulsion du Collège de la HAS, des « Rencontres Sécurité » ont été expérimentées depuis 2017 au sein de onze établissements de santé volontaires. Cette méthode efficace et largement déployée dans d’autres secteurs que la santé est très peu connue et développée en France. Concrètement, il s’agit d’une démarche volontaire basée sur des rencontres sur le terrain, entre la gouvernance de l’établissement et des équipes de professionnels pour parler de la sécurité du patient. Les rencontres sécurité pourront être valorisées dans le cadre de la certification des établissements de santé. Le point avec Catherine Auger, du service évaluation et outils pour la qualité et la sécurité des soins à la HAS.


Les "rencontres sécurité", de quoi s'agit-il ?

En pratique, il s’agit d’une rencontre annoncée et préparée, qui se caractérise par des échanges pendant 1 heure environ, entre 2 équipes : une équipe mixte composée de managers issus de la gouvernance (directeur général ou son représentant et président de commission médicale d’établissement/conférence médicale ou leurs représentants) et l’équipe de secteur d’activité visité.
La rencontre se déroule sur le lieu de travail de l’équipe du secteur d’activité et les échanges sont centrés sur la sécurité des patients et les évènements indésirables associés aux soins, quelle que soit leur gravité. L’échange est suivi de l’identification d’objectifs d’amélioration puis de la mise en place d’un plan d’action partagé pour améliorer la sécurité des patients.


Pourquoi utiliser cette démarche ?

Ce que l’on attend des rencontres sécurité, c’est le partage des visions entre ces 2 équipes. Pour cela, la gouvernance est à l’écoute des problèmes identifiés, en matière de sécurité du patient, par l’équipe du secteur d’activité. Celle-ci doit pouvoir exprimer des propositions de solution. Ces solutions peuvent être discutées entre les deux équipes, et la gouvernance peut, le cas échéant, expliquer les limites de faisabilités de certaines. Au final, les rencontres sécurité permettent ainsi de montrer l’engagement de la gouvernance pour la sécurité des patients et de faciliter la communication.

 

Comment faire ?

Ces rencontres ne constituent en aucun cas un audit ou une inspection, ou encore une stratégie de communication isolée. Elles sont l’occasion pour les équipes d’échanger en confiance sur les problématiques de sécurité du patient pour trouver des solutions pérennes et adaptées. 
Malgré leur simplicité apparente, il ne s’agit pas d’une approche simpliste. La démarche implique un engagement et un degré de détermination plus profonds que le simple respect rigoureux d’un protocole ou d’une procédure. Cette méthode nécessite un temps d’appropriation, un soutien continu et un déploiement progressif.

 

Pourquoi avoir mené une expérimentation ?

Bien que faisant l’objet d’une littérature internationale importante, les rencontres sécurité (safety walkrounds en anglais) restent très peu connues en France. Deux revues de littératures françaises récentes montraient l’intérêt de cette démarche mais insistaient sur la nécessité de mener des expérimentations afin d’évaluer leur faisabilité et leur acceptabilité en France. C’est dans ce contexte et avec l’appui d’un groupe de travail multidisciplinaire que l’expérimentation HAS a été mise en place.
Les résultats de l’expérimentation montrent un enthousiasme important des équipes pour cette démarche, et pour l’intervention directe de la gouvernance auprès des équipes terrain. Toutes les rencontres se sont déroulées dans un climat constructif avec des échanges riches et ouverts. Les témoignages recueillis l’illustrent clairement.
Il s’agit d’une démarche mise à disposition des professionnels de santé et complétant l’ensemble des méthodes et outils déjà existants. Elle va notamment être intégrée dans Pacte, et peut être valorisée dans le cadre de la certification des établissements de santé (compte qualité).


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