Share Print

Imagerie cardiaque

Web page - Posted on Oct 15 2015

Imagerie cardiaque : imagerie du cœur par tomodensitométrie ou IRM

L’imagerie en coupes du cœur par tomodensitométrie (scanner X) ou IRM apparue en clinique au début des années 2000 est aujourd’hui mentionnée dans les recommandations des Sociétés savantes françaises, européennes et nord-américaines, témoignant de son essor rapide lié à des évolutions technologiques majeures.

Le scanner coronaire (ou coroscanner) dont la valeur prédictive négative est excellente, est proposé pour écarter une maladie coronaire en cas d’angor stable chez des patients à risque cardiovasculaire faible à intermédiaire (Fig. 1). L’impact médico-économique du scanner devrait être significatif dans la mesure où un scanner totalement normal élimine la maladie coronaire et permet d’éviter au patient d’autres tests irradiants et coûteux tels que la coronarographie ou la scintigraphie cardiaque. Les générations récentes de machines permettent de réaliser d’excellents scanners du cœur avec des doses de s ionisantes très faibles.

L’IRM en cardiologie se positionne beaucoup plus dans l’analyse précise du myocarde et du péricarde. Son excellente résolution en contraste et spatiale, sa bonne résolution temporelle, son coût modéré et l’absence de toute ir en font un examen à la fois complet et peu invasif. Ses applications sont très larges ; dans le contexte de la maladie coronaire, associée à un stress vasodilatateur, l’analyse de la perfusion de premier passage est efficace dans le diagnostic de l’ischémie et peut être une alternative à l’échocardiographie ou la médecine nucléaire (Fig. 2). L'IRM est devenue incontournable dans l’évaluation des cardiomyopathies hypertrophiques, obstructives ou non, dilatées, des myocardiopathies aiguës (myocardites post infectieuses, Tako-tsubo). Ses performances inégalées pour l’analyse du Ventricule droit en font un examen de première intention dans le contexte de certaines cardiopathies congénitales (Fallot) ou en rythmologie (dysplasie arythmogène). L’exploration des valvulopathies aortiques et pulmonaires est également optimale en IRM (analyse des flux et quantification des régurgitations) de même que l’étude des péricardites chroniques.

Le développement rapide de ces techniques a conduit à la mise en place d’un lien fort entre les sociétés savantes de radiologie et de cardiologie (interface SFR/SFC). Dans les deux domaines, de jeunes professionnels se forment à la pratique de ces nouvelles imageries en coupe qui requièrent une forte collaboration institutionnelle et humaine.

Le 16 octobre 2015
Pr Jean-Nicolas Dacher

Déclaration d'intérêts
Consultez la déclaration d’intérêt du Pr J.N. Dacher

Les propos tenus dans cet article sont sous la responsabilité de leur auteur.

Coroscanner - coronaire circonflexeCoroscanner - coronaire droite

Coroscanner (Fig. 1)
Deux vues luminographiques d’artères coronaires normales (circonflexe à gauche, coronaire droite à droite). Ce patient de 53 ans se plaignait de douleurs atypiques. L’exploration strictement normale du réseau coronaire permet d’écarter le diagnostic de coronaropathie.

IRM sous stress vasodilatateur - ischémieIRM sous stress vasodilatateur - repos

IRM sous stress vasodilatateur (Fig. 2)
IRM de perfusion de premier passage après une coronarographie ayant mis en évidence une sténose de l’artère interventriculaire antérieure (IVA) et une sténose de la coronaire droite : sous vasodilatateur (à gauche, stress) mettant en évidence une ischémie (hyposignal sous endocardique) dans 2 territoires (antérieur et inférieur, flèches). Après injection d’un antagoniste du vasodilatateur (base xanthique), et ré-injection de produit de contraste (repos), quelques minutes plus tard, l’ischémie a disparu témoignant de son caractère réversible. L’examen a par ailleurs confirmé la viabilité myocardique dans les 2 territoires ; le patient a donc été revascularisé.

 

See also