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Une expérience d’autogestion du patient de son traitement contre l’HTA : Auto-adaptation du traitement anti-hypertenseur d’après l’auto-mesure de la Pression Artérielle (PA)

Web page - Posted on Oct 16 2014

Résumé

Une étude1 récente menée au Royaume-Uni présente des résultats intéressants en matière d’implication et d’autogestion du patient de son traitement contre l’hypertension artérielle (HTA). 555 patients suivis en soins primaires pour HTA ont été randomisés soit pour le traitement habituel soit pour une auto-adaptation du traitement d’après les résultats de l’auto-mesure de la PA.
Pour être éligibles, les patients devaient être âgés d’au moins 35 ans, ne pas prendre plus de 3 anti-hypertenseurs et être atteints d’au moins une pathologie témoignant d’un risque cardio-vasculaire élevé (diabète, insuffisance rénale chronique stade 3, maladie cardiovasculaire ou cardiopathie ischémique). Le critère de jugement était la différence de contrôle de PA entre les deux groupes après un suivi de 12 mois, selon la moyenne de 2 à 3 mesures avec un tensiomètre électronique.
Les patients du groupe « intervention » ont été formés au cours de 2 à 3 sessions d’une heure à un protocole de prise de la PA le matin une semaine par mois et à un algorithme d’auto-adaptation prévoyant l’augmentation du traitement si 4 mesures ou plus dépassent l’objectif de 120/75 mm Hg sur 2 mois consécutifs. 81 % des patients ont terminé avec une différence significative de -9,2 mm Hg sur la PA systolique et de -6,1 mm Hg sur la PA diastolique en faveur des patients du groupe « intervention ». Parallèlement ces patients ont augmenté à la fois leurs doses et leur nombre de médicaments anti-hypertenseur, principalement calcium-bloqueurs et thiazidiques. Aucune différence n’a été observée entre les groupes concernant les effets indésirables et la qualité de vie.

Commentaires

La principale limite de cette étude est de porter sur des patients motivés, puisque sur les 7400 personnes invitées à participer 4200 n’ont pas répondu et 1350 ont explicitement exprimé leur refus de mesurer leur PA ou de modifier leur traitement.

Son grand intérêt est de montrer la faisabilité et l’efficacité d’une démarche « réflexive » d’éducation thérapeutique en soins primaires, aboutissant à l’acquisition de compétences d’auto-soins par les patients. Qui plus est, avec un outil d’usage commun : au Royaume-Uni, comme probablement en France, 1/3 des patients traités pour HTA pratiquent une auto-mesure de la pression artérielle.