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Radioprotection : des pratiques évaluées, des patients sécurisés

Web page - Posted on Apr 10 2014

femme-examen-imagerieLes rayonnements ionisants sont utilisés à des fins médicales depuis le début du siècle dernier. Peu à peu, ils sont devenus incontournables sur les plans diagnostique et thérapeutique dans trois spécialités médicales : la radiologie, la radiothérapie et la médecine nucléaire. Mais, malgré leur utilité, ces rayonnements présentent aussi des risques. Certains, comme les brûlures ou les nécroses, apparaissent à partir d’une dose seuil. D’autres, essentiellement des cancers, sont plus aléatoires et surviennent bien des années après l’exposition.

De nombreux acteurs impliqués

Face à l’usage croissant des rayonnements ionisants en médecine, la question de la radioprotection des patients est donc devenue un enjeu majeur. Elle a d’ailleurs fait l’objet d’une directive européenne transposée en droit français. Dans ce contexte, la HAS a été chargée, par décret*, de « développer des outils d’évaluation des pratiques cliniques exposant les personnes à des rayonnements ionisants à des fins médicales ». De nombreux acteurs institutionnels et sociétés savantes sont impliqués dans la mise en oeuvre de ce cadre législatif, aux côtés de la HAS : l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), l’Institut national du cancer (Inca)...

Des outils construits avec les professionnels

E n chiffre

60 millions d'examens

sont pratiqués chaque année en France en radiologie, plus de 500 000 examens en médecine nucléaire et 170 000 en oncoradiothérapie.

Sources : Inca, IRSN

« Pour mener à bien cette mission, nous avons choisi de travailler en étroite collaboration avec les professionnels concernés, au sein de plusieurs groupes de travail : radiologues, oncologues radiothérapeutes, médecins nucléaires, chirurgiens-dentistes, radiopharmaciens…, explique le Dr Marielle Lafont, conseiller technique du directeur de l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins à la HAS. Sur le plan méthodologique, nous avons étudié le parcours de soins des patients, avec deux objectifs principaux : d’abord repérer à quelles étapes de la prise en charge il existait des points critiques, potentiellement à risque ; ensuite, identifier quelles mesures d’amélioration mettre en place, avec quels indicateurs de suivi. »

Au final, ce travail a permis de formaliser 20 programmes d’amélioration élaborés de façon à être simples à mettre en oeuvre. Ils portent sur des thèmes aussi variés que la pertinence des examens d’imagerie à visée diagnostique, l’identitovigilance en radiothérapie (surveiller la bonne identification du patient), ou l’amélioration de l’information du patient et de son entourage en médecine nucléaire. 

Des indicateurs d’amélioration des pratiques

 « Ces programmes d’évaluation constituent un outil d’amélioration des pratiques pour les professionnels et non une charge de travail supplémentaire », insiste le Dr Marielle Lafont. La HAS s’en servira par ailleurs comme indicateurs dans ses différents dispositifs d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins : certification des établissements de santé, accréditation des médecins ou équipes médicales exerçant une spécialité à risques. Ils seront également pris en compte lors des inspections menées par l’ASN dans les établissements. 

* Décret relatif à l’article R. 1333-73 du Code de la santé publique, transposant l’article 6-4 de la directive européenne de 1997.

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