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Rééducation motrice après un AVC : à déclencher dès que possible

Article HAS - Mis en ligne le 02 avr. 2013

En France, l’accident vasculaire cérébral (AVC) est la 1re cause de handicap acquis chez l’adulte. La HAS a élaboré une recommandation professionnelle sur le thème de la rééducation motrice après un AVC. Explications de Michel Gedda*, chef de projet au service des bonnes pratiques professionnelles (HAS).

Quelles sont les spécificités de la rééducation motrice d’un patient après un AVC ?

La prise en charge d’un patient qui a subi un AVC comprend plusieurs étapes imbriquées : la rééducation, la réadaptation et la réinsertion. Il existe différentes méthodes de rééducation – manuelle ou instrumentale – après un AVC. La plupart s’appuient sur des concepts neurodéveloppementaux, de neurofacilitation proprioceptive, d’intégration sensitive, d’apprentissage et réapprentissage moteur, sollicitant la dimension cognitive du mouvement ou une contrainte induite. D’autres méthodes utilisent des technologies spécifiques, informatiques ou électromécaniques, telles la réalité virtuelle ou la marche sur tapis roulant, avec ou sans suspension partielle du poids du corps.
Quels que soient les programmes choisis, la rééducation motrice doit débuter le plus vite possible et mixer les différentes approches.

 FOCUS - Post AVC - normale

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infographie : Pascal Marseaud

En quoi consiste cette rééducation ?

La personne victime d’AVC présente un contexte pathologique complexe qui influe sur la progression de la rééducation. Dès l’hospitalisation post-AVC, il est impératif de commencer les soins associant kinésithérapie, ergothérapie et orthophonie. L’objectif est d’entreprendre la rééducation dans les premiers jours qui suivent l’AVC, et si possible dans les 24 premières heures, même si des troubles de la vigilance sont observés.
Des travaux neurophysiologiques montrent que la récupération fonctionnelle du cerveau est améliorée par un traitement rééducatif actif, et que des programmes répétitifs et spécifiques impliquant les régions atteintes permettent d’obtenir une récupération plus rapide et plus complète des fonctions lésées. L’éducation thérapeutique du patient et de son entourage est aussi très importante pour optimiser et pérenniser les résultats de la rééducation. Elle permet de stimuler le patient de façon personnalisée et l’aide à acquérir des compétences de prévention et de rééducation motrice (automobilisation, pratique de la marche, etc.).

Quels sont les objectifs de la rééducation motrice ?

La rééducation vise principalement à optimiser la récupération des déficits de la fonction motrice, à diminuer les conséquences des lésions cérébrales sur cette fonction et à inventer des stratégies de compensation assurant la suppléance des fonctions lésées. Elle a pour objectif de permettre au patient de retrouver des activités physiques et sociales ainsi qu’un mode de vie plus autonome. La rééducation motrice est habituellement proposée pour :
• la prévention ou le traitement des comorbidités directement liées à l’AVC, à l’alitement ou à l’immobilité aux phases aiguë ou subaiguë : encombrement pulmonaire, troubles thrombo-emboliques, troubles trophiques, rétractions capsulaires et musculo-tendineuses ;
• la mobilité du tronc et des membres qui implique la réduction des déficits moteurs et la normalisation du tonus musculaire (spasticité) ;
• la station debout et l’équilibre impliquant la tête, le tronc et les membres inférieurs ;
• la marche qui implique l’ensemble du corps ;
• la mobilité du membre supérieur et la fonction de préhension ;
• la suppléance des fonctions lésées ;
• l’indépendance dans les fonctions de la vie quotidienne.

À quel moment de la prise en charge le médecin généraliste intervient-il ?

Le généraliste coordonne les interventions des différents rééducateurs au domicile du patient, et à l’occasion des hospitalisations. Outre les antécédents médicaux, le généraliste connaît le patient, ses particularités, ses préférences et limites, mais aussi son contexte sociofamilial. Ces notions sont essentielles pour cibler au mieux les objectifs de la rééducation et en personnaliser les modalités d’application.
Toute rééducation est avant tout une éducation personnalisée, qui s’adapte aux spécificités du patient, puisqu’il s’agit d’établir le meilleur compromis entre ce que le patient peut et ce qu’il veut, en les rapprochant le plus possible.

* Propos recueillis par Arielle Fontaine – HAS