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Asthme

12.04.2013
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Entretien avec le Pr Chantal Raherison Semjen – Pneumologue

La  prévalence de l’asthme chez l’adulte est passée de 5,8 % en 1998  à 6,7 % en 2006(1). Certes, la mortalité en rapport avec l’asthme a diminué de 2500 décès par an en 1990 à 1100 décès par an en 2006(2) mais les hospitalisations pour asthme restent fréquentes et ont été estimées à plus de 43000 hospitalisations entre 2005 et 2007(3).

La prise en charge de l’asthme repose sur le diagnostic de certitude avec une mesure de la fonction respiratoire. Outre, l’importance du diagnostic de certitude, la prise en charge de l’asthme est basée sur l’évaluation du contrôle de la maladie chronique, comme soulignée par les dernières recommandations de la prise en charge de l’asthme datant de 2004 sous l’égide de la HAS (ANAES) et de la SPLF (Société de Pneumologie de Langue Française).

Le contrôle de l’asthme apprécie l’activité de la maladie sur quelques semaines (1 semaine à trois mois). Il est évalué sur des critères cliniques : la fréquence des symptômes diurnes, des symptômes nocturnes, le retentissement de l’asthme sur l’activité physique, l’absentéisme scolaire ou professionnel, la fréquence des exacerbations, la fréquence du recours aux bronchodilatateurs de courte durée d’action, et des critères fonctionnels tel que la mesure de la fonction respiratoire. Cependant, 66 % des asthmatiques auraient un asthme partiellement contrôlé à non contrôlé, et seuls 12 % auraient eu une mesure de la fonction respiratoire récente(1).

La stratégie de prise en charge thérapeutique est basée sur l’évaluation du contrôle de la maladie asthmatique, avec une recherche de la dose minimale efficace et sur l’évaluation des facteurs environnementaux, sans oublier la place importante de l’éducation thérapeutique.
Les recommandations concernant le suivi de l’asthme de l’adolescent et de l’adulte sont actuellement en cours de réactualisation sous l’égide dela SPLF, et seront publiées en Janvier 2014.

Le 12 avril 2013
Pr Chantal Raherison Semjen – Pneumologue / Université Bordeaux Segalen U897
Institut de Santé Publique d’épidémiologie et de développement – CHU Bordeaux

Les propos tenus dans cet article sont sous la responsabilité de leur auteur.

1. Anissa Afrite, Caroline Allonier, Laure Com-Ruelle, Nelly Le Guen. L’asthme en France en 2006 : prévalence, contrôle et déterminants N° 1820 - Janvier 2011 Reproduction sur [Internet]. 2011 janv. Report No .: N°1820. Disponible sur: http://www.irdes.fr/Publications/Rapports2011/rap1820.pdf
2. Tual S, Godard P, Bousquet J, Annesi-Maesano I. [The decrease in asthma-related mortality in France]. Rev Mal Respir. sept 2008;25(7):814‑820.
3. Fuhrman C, Nicolau J, Rey G, Solet JL, Quénel P, Jougla E, Delmas MC. Asthme et BPCO : taux d’hospitalisation et de mortalité dans les départements d’outre-mer et en France métropolitaine. Bull Epidemiol Hebd. 2011;168‑72.

Pour en savoir plus consultez le site de la SPLF


Améliorer la prise en charge de l’asthme du jeune enfant par un meilleur diagnostic


L’asthme infantile est la maladie chronique la plus fréquente de l’enfance, avec une prévalence estimée en France à 12,4 % chez les enfants de 12 à 14 ans. Il n’y a pas de données épidémiologiques précises chez le nourrisson.
La définition chez le nourrisson n’est pas consensuelle. La prise en charge thérapeutique, bien étudiée chez l’adulte et l’adolescent, a fait l’objet de peu d’études cliniques avec bon niveau de preuve chez le nourrisson : la prise en charge repose principalement sur un accord professionnel.
Dans ce contexte, la Direction générale de la santé a demandé à la HAS une mise au point spécifique sur le diagnostic, la prise en charge et le suivi de l’asthme du nourrisson.

Les objectifs de ces recommandations étaient :
- d’améliorer le diagnostic de l’asthme de l’enfant de moins de 36 mois en proposant une  définition explicite ;
- de recommander les stratégies diagnostique et thérapeutique de l’asthme de l’enfant de moins de 36 mois afin d’harmoniser les pratiques, de diminuer la fréquence des exacerbations, des hospitalisations, du recours aux soins et de la prise de corticoïdes oraux.

La définition retenue est la suivante : l’asthme de l’enfant de moins de 36 mois est défini comme tout épisode dyspnéique avec râles sibilants, qui s’est produit au moins trois fois depuis la naissance et cela quels que soient l'âge de début, la cause déclenchante et l'existence ou non d'une atopie.

La prise en charge initiale repose sur 3 éléments :
- faire le diagnostic qui repose sur :
      - la symptomatologie clinique, récidivante et à prédominance nocturne,
      - la normalité de la radiographie de thorax,
      - l’efficacité d’un traitement antiasthmatique d’épreuve.
      La présence de signes d’atopie personnels ou familiaux renforce le diagnostic ;
- évaluer la sévérité ;
- rechercher des facteurs aggravants, déclenchants ou associés.

La stratégie thérapeutique initiale estdécrite dans la recommandation : elle dépend de la sévérité initiale, elle doit prendre en compte les facteurs aggravants ou associés et nécessite l’éducation thérapeutique des parents ou des personnes en charge de l’enfant.

Puis, elle est adaptée en fonction du contrôle de l’asthme : l’objectif est d’obtenir le contrôle total de l’asthme, c’est-à-dire l’absence de symptôme et de recours aux soins, avec la dose minimale de corticostéroïdes inhalés.
En cas de non-contrôle, après s’être assuré qu’il s’agit bien d’un asthme et avoir recherché des facteurs associés, il est nécessaire d’augmenter la posologie des corticostéroïdes inhalés tous les 2 à 3 mois sans dépasser la dose maximale quotidienne. En cas de persistance du non-contrôle, il est nécessaire d’adresser l’enfant au spécialiste.
Ce traitement sera associé à la kinésithérapie respiratoire en dehors des épisodes aigus en cas d’hypersécrétion bronchique et au renforcement des mesures pour contrôler les facteurs aggravants de l’environnement.

Le suivi 
Chez l’enfant dont l’asthme est contrôlé avec des doses de corticostéroïdes inhalés faibles à  moyennes, une consultation tous les 3 à 6 mois chez le médecin généraliste ou le pédiatre est recommandée.
La survenue d’une exacerbation sévère ou la perte de contrôle nécessitent une consultation pour réévaluer le traitement.


Le 12 avril 2013
HAS - Dr Caroline Latapy - Chef de projet, Service Maladies Chroniques et Dispositifs d’Accompagnement des Malades

Pour en savoir plus consultez le communiqué de presse « améliorer la prise en charge de l’asthme du jeune enfant par un meilleur diagnostic », et la recommandation de bonne pratique « Asthme de l'enfant de moins de 36 mois : diagnostic, prise en charge et traitement en dehors des épisodes aigus ».

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