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Les urgences, les soins primaires et l’hôpital

17.03.2014
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Résumé

La prise en charge des urgences (et plus généralement des consultations non programmées) est une difficulté rémanente des systèmes de soins. Une expérimentation a donc été conduite à Maastricht aux Pays-Bas.

Dans une situation très spécifique, puisque les 120 000 habitants de la cité ne bénéficient que d’un unique service d’urgences, celui de l’hôpital universitaire local. Alors qu’en « ville » 59 médecins généralistes (primary care physician) sont en exercice.
Ces médecins ont donc mis sur pied une nouvelle organisation coopérative, en lien avec le service d’urgences de l’hôpital, afin d’assurer en soirée, la nuit et les week-ends un accueil centralisé « soins primaires » (à la place des tours de garde antérieurs).
Pour cet accueil, ils travaillaient - 1 à 3 d’entre eux présents - en équipe avec des nurses practitionners (c’est à dire des infirmier(e)s, sans équivalent en France, avec une formation et des compétences accrues). L’accueil était protocolé.
Et des véhicules étaient prévus pour les éventuelles visites au domicile urgentes.
Cette réorganisation n’a été accompagnée d’aucune mesure financière incitative ou dérogatoire.

Les résultats ont été obtenus par la comparaison de deux périodes de plusieurs semaines consécutives, juste avant la mise en œuvre de la réorganisation, puis plusieurs mois après qu’elle ait été instituée et stabilisée.

Le nombre de patients pris en charge par l’accueil « soins primaires » s’est accru de 25 %, alors que l’accès direct au service d’urgences était globalement réduit de 52 %.
Parmi ces passages au service d’urgences, les malades qui y venaient de leur propre chef se sont considérablement raréfiés (- 88 %) alors que ceux qui étaient pris en charge aux urgences, après avoir été vus à l’accueil de « soins primaires » a été majoré de près de
50 %.
Enfin, la réorganisation de l’accueil « soins primaires » s’est soldé par une diminution de 39 % des hospitalisations et aussi par une diminution de plus d’un tiers des visites au domicile.

Commentaire

Ultime précision, ce travail, qui continue d’être cité comme exemplaire - sur le site de la Commonwealth Fund* en mars 2014 - a été réalisé en 2001 et publié en 2005 : et pourtant, il garde toute son actualité.

Pr Jean-Michel Chabot – HAS

*en particulier, cette citation sur le site du Commonwealth Fund survient en pleine polémique sur l’efficience des « medical homes » et plus largement sur la priorisation des soins primaires ; polémique résultant d’une publication dans le JAMA du 26 février et qui sera traitée dans le prochain numéro de cette lettre.

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