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Préserver l’efficacité des antibiotiques

15.04.2016

En 2014, la HAS a contribué à la publication de deux documents destinés aux médecins de premier recours en ville. Objectif : les aider à préserver l’efficacité des antibiotiques.

 

Après plusieurs années de baisse, la consommation d’antibiotiques augmente de nouveau en France où elle demeure supérieure de 30 % à la moyenne européenne. Cette surconsommation génère un problème majeur : l’apparition de bactéries résistantes aux antibiotiques, d’où des échecs de traitement, voire de véritables impasses thérapeutiques.
En France, les résistances bactériennes continuent de croître, malgré la mise en oeuvre d’actions visant à les limiter depuis près de quinze ans. Adopté en 2011, un troisième plan national cible une réduction de 25 % de la consommation d’antibiotiques d’ici à 2016. « Dans ce but, le ministère de la Santé a demandé à la HAS de produire deux documents destinés aux médecins de premier recours en secteur ambulatoire, c’est-à-dire essentiellement aux médecins généralistes », explique le Dr Michel Laurence, chef du service des bonnes pratiques professionnelles de la HAS.

Rappel des grands principes

Le premier de ces documents résume, sous la forme d’une fiche mémo, les principes généraux et les conseils de prescription des antibiotiques en premier recours. La fiche rappelle par exemple que cette prescription doit reposer sur un diagnostic précis. Il peut être guidé par des tests rapides d’orientation diagnostique (Trod), réalisables au cabinet pour certaines pathologies (angine, infection urinaire).
La décision de prescrire ou non un antibiotique doit aussi tenir compte du patient, notamment de son âge et de ses éventuels problèmes de santé (diabète, déficit immunitaire).
Lorsqu’une antibiothérapie est indiquée, il faut enfin choisir le médicament au spectre le plus étroit, c’est-à-dire efficace sur un nombre réduit de bactéries en dehors de celles qui sont à l’origine de la maladie, et le prescrire pendant une durée la plus courte possible. « Notre fiche mémo alerte également sur la nécessité de préserver l’efficacité de trois antibiotiques ou classes d’antibiotiques particulièrement générateurs de résistances bactériennes, signale le Dr Michel Laurence. Il s’agit de l’association amoxicilline-acide clavulanique, des céphalosporines de troisième génération et des fluoroquinolones. »

Une aide concrète au choix

Le second document détaille les modalités pratiques de l’antibiothérapie (indications, durée, posologie…) dans les infections respiratoires hautes (angine, otite…) de l’enfant et de l’adulte. Cette deuxième fiche mémo a été élaborée par la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés. La HAS l’a validée et travaille désormais à son intégration dans les logiciels métiers.

Article rédigé par l'agence Citizen press.