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Dépistage systématique de la thrombophilie avant une primo-prescription de contraception hormonale combinée

Recommandations en santé publique

Date de validation
juillet 2014

Le terme de thrombophilie biologique regroupe les anomalies ou particularités de la coagulation, identifiables par des tests de laboratoire, qui prédisposent à la maladie thromboembolique veineuse (MTEV). Ces anomalies ou particularités, encore appelées facteurs de risque biologiques de la MTEV, peuvent être héréditaires (génétiques) ou acquises.

La contraception hormonale combinée (CHC) augmente de 2 à 6 fois le risque de MTEV. Cependant, la MTEV étant un événement rare chez les personnes jeunes, l’incidence de la MTEV chez les utilisatrices de CHC reste faible, de l’ordre de 5 à 12 pour 10 000 femmes par an, selon le type de CHC utilisé. Ce risque est encore augmenté chez les femmes qui ont une thrombophilie. Peu d’études, de faible niveau de preuve, ont cependant évalué le risque de METV associé à la thrombophilie chez les utilisatrices de CHC. Le risque de MTEV associé à la thrombophilie parmi les utilisatrices de CHC varie fortement selon le type de thrombophilie. La majorité des femmes qui développent une MTEV n’ont cependant pas de thrombophilie identifiable.

Il n’existe aucune étude empirique comparative (ni essai contrôlé randomisé, ni étude observationnelle) portant sur l’efficacité du dépistage systématique de la thrombophilie avant prescription de CHC. Aucune étude comparative n’a évalué les effets indésirables et les études disponibles, chez des femmes dépistées, ne permettent pas de tirer des conclusions sur l’impact psycho-social d’un tel dépistage.

Les études de modélisation économique disponibles suggèrent que le rapport coût-efficacité du dépistage systématique de la thrombophilie avant prescription de CHC est très élevé. Compte tenu de la faible incidence de la MTEV chez les femmes jeunes et de la prévalence de la thrombophilie, un dépistage systématique de la thrombophilie avant primo-prescription de CHC ne permettrait d’éviter qu’un faible nombre de MTEV, pour un coût très élevé.

 Recommandations :

La HAS ne recommande pas de dépister systématiquement la thrombophilie avant une prescription de contraception hormonale combinée (CHC).

Pour réduire les risques et notamment le risque thromboembolique, la HAS insiste sur l’importance de suivre les règles de prescription et d’adapter la méthode contraceptive en fonction des besoins et caractéristiques de chaque femme. Comme elle l’a rappelé dans ses fiches mémo sur la contraception, la HAS souligne qu’il convient notamment de :

  • prendre en compte l’histoire personnelle et familiale de la femme et ne pas prescrire de CHC en cas d’antécédents personnels ou familiaux de maladie thromboembolique veineuse survenus chez un apparenté du 1er degré avant l’âge de 50-60 ans ;
  • prendre en compte les facteurs de risques de maladie thromboembolique (chirurgie, fractures et traumatismes, cancer, obésité, post-partum, tabagisme…) ;
  • privilégier en première intention une pilule de 1re et 2e génération (le risque étant deux fois plus élevé pour les pilules de 3e et 4e  génération) si une pilule est prescrite ;
  • délivrer une information claire à chaque femme sur les différentes méthodes contraceptives existantes ainsi que sur les effets indésirables et les précautions d’emploi d’une CHC ;
  • réévaluer à chaque consultation la pertinence d’utiliser une CHC selon l’évolution des facteurs de risque dans la vie de la femme.

La HAS rappelle également l’importance de fournir aux femmes une information claire sur les effets indésirables et les précautions d’emploi des CHC.

Elle souligne par ailleurs le besoin d’une meilleure connaissance du risque de MTEV associé à la thrombophilie chez les utilisatrices de CHC.

 

Documents

Version Anglaise

Mis en ligne le 25 sept. 2014