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Spécificités de la prise en charge de l'adolescent

Caractéristiques psychologiques de l’adolescent

L’adolescence est une période de transition marquée par de multiples transformations. Les équilibres sont fragiles concernant le rapport au corps, la construction de l’autonomie et de la subjectivité, ainsi que la socialisation.

Il s’agit de la classe d’âge qui a le moins recours aux soins lors de difficultés psychiques.

Encadré 1 - Caractéristiques psychologiques de l’adolescent

  • Aucun symptôme n’est spécifique de l’EDC.
  • Les symptômes d’appel sont multiples et appartiennent à différents registres (internalisés ou externalisés) (cf. tableau 2).
  • L’adulte peut être vécu comme intrusif ou menaçant son autonomie.
  • L’adolescent ne donne pas spontanément sa confiance. Celle-ci est à construire et elle est une condition nécessaire mais non suffisante pour la confidence.
  • Les symptômes s’expriment dans différents lieux (famille, scolarité, etc.) et leur expression dépend de l’environnement (culturel, familial, relationnel).
  • Le monde interne de l’adolescent (capacité de mentalisation, vécu intrapsychique) évolue. Aussi le recours aux comportements agis (plutôt que mentalisés) est plus fréquent que chez l’adulte.
  • La plainte est souvent à interpréter au-delà du motif évoqué.

 Spécificités de la consultation de l’adolescent

AE

Lors des consultations, il est recommandé d’impliquer l’adolescent et sa famille pour explorer la symptomatologie.

 

AE

Il est recommandé de garder une approche empathique, soutenante et collaborative centrée sur l’adolescent. L’adolescent doit être considéré comme un individu singulier, capable de participer autant que possible au processus de prise de décision. Il ne doit pas être réduit au seul point de vue de sa symptomatologie.

 

AE

Il est recommandé, lors de toute consultation d’un adolescent, de distinguer quatre phases à adapter en fonction de la situation :

  • phase 1 : adolescent en présence des parents ;

Il est recommandé d’impliquer la famille pour explorer les comportements symptomatiques qu’elle a repérés, l’histoire du sujet et la dynamique familiale.

  • phase 2 : adolescent seul ;

Il est recommandé, quel que soit le motif initial de la consultation, de s’entretenir avec l’adolescent sans la présence des parents. Cette phase de la consultation a pour but de lui donner de manière systématique une possibilité d’éclaircir certains points, révéler sa souffrance interne, aborder sa vie relationnelle et affective ainsi que ses conduites à risque.

  • phase 3 : examen somatique ;

Il est recommandé de réaliser l’examen somatique de l’adolescent sans la présence des parents et avec leur accord. Cet examen somatique indispensable peut être reporté lors d’une autre consultation en cas de problématique d’emblée psychique.

  • phase 4 : restitution à l’adolescent et à sa famille.

Il est recommandé de faire une restitution avec tact des éléments recueillis et des ressentis, puis de définir avec l’adolescent et sa famille des objectifs thérapeutiques et une stratégie de soins claire et compréhensible adaptée à l’âge développemental et aux circonstances. La stratégie peut se limiter dans un premier temps à poursuivre l’éclaircissement de la problématique et à construire l’alliance thérapeutique.

Contexte et entourage de l’adolescent

Les symptômes doivent être mis dans le contexte actuel (synchronique) et historique du sujet (diachronique) pour être mieux appréhendés.

L’évaluation des symptômes et le choix de la prise en charge doivent notamment tenir compte :

  • du contexte familial, scolaire, culturel, social (recueillir parfois le point de vue de personnes intervenant auprès de l’adolescent : travailleur social, acteurs scolaires, etc.) ;
  • des particularités développementales du patient et de son fonctionnement (cognitif, affectif, relationnel, scolaire) ;
  • de la qualité de la relation thérapeutique.

AE

Concernant la place de l’entourage, il est recommandé :

  • d’aborder clairement la question de la confidentialité, de définir la place de la famille, et de prévenir l’adolescent si un autre intervenant doit être contacté ;
  • de discuter avec l’adolescent des informations à transmettre et d’obtenir son accord ; les parents doivent être informés des éléments indispensables à leur prise de décision (par ex. risque suicidaire) ;
  • d’associer la famille de manière adaptée à l’âge développemental de l’adolescent et à la dynamique relationnelle intrafamiliale, et de contacter si nécessaire les autres adultes concernés.

 

Cette stratégie globale d’évaluation doit toujours être entreprise quelle que soit l’intensité des manifestations dépressives, et notamment dans le cas d’un EDC.



Mis en ligne le 15 déc. 2014