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Questions générales sur le dépistage du VIH

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Lorsqu’un utilisateur potentiel d’ADVIH se présente à un professionnel de santé ou un membre d’une association de lutte contre le VIH, il est important de rappeler les messages de prévention du VIH, des infections sexuellement transmissibles (IST) et des grossesses  non prévues.

À ce titre, un certain nombre de questions générales peuvent se présenter.

 

Pourquoi faire un test de dépistage du VIH ?

Faire un test de dépistage est la seule manière de savoir si on est infecté par le VIH.

En cas de résultat positif, le dépistage permet à la personne d’être prise en charge médicalement et de bénéficier d’un traitement. Plus le traitement est initié tôt, plus l’espérance de vie se rapproche de celle de la population générale et plus le risque de transmission au(x) partenaire(s) diminue.

En cas de résultat négatif :

  • avec un test de dépistage classique réalisé en laboratoire (Elisa de 4e génération), la personne n’est pas infectée par le VIH et peut être rassurée sur son statut sérologique si sa dernière prise de risque/exposition potentielle au VIH remonte à 6 semaines ou plus ;
  • avec un test de dépistage rapide à orientation diagnostique (TROD) de 3e génération ou un autotest, la personne n’est pas infectée par le VIH et peut être rassurée sur son statut sérologique si sa dernière prise de risque/exposition potentielle au VIH remonte à 3 mois ou plus.

 

Qui devrait faire un test de dépistage du VIH et à quelle fréquence ?

Toute personne pensant avoir été exposée à un risque d’infection par le VIH devrait se faire tester.

Les recommandations 2009 de la HAS sur le dépistage de l’infection par le VIH en France précisent que l’ensemble de la population générale âgée de 15 à 70 ans devrait s’être vu proposer au moins une fois dans sa vie un test de dépistage du VIH, hors notion d’exposition à un risque de contamination.

Certaines catégories de personnes sont plus à risque d’être exposées au VIH, soit car elles sont originaires d’une région à prévalence élevée soit en raison de pratiques à risque d’infection. Elles devraient se faire tester régulièrement. Il s’agit des :

  • hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) ;
  • personnes hétérosexuelles ayant eu plus d’un partenaire sexuel au cours des 12 derniers mois ;
  • populations des départements français d’Amérique ;
  • utilisateurs de drogues injectables (UDI) ;
  • personnes originaires d’une zone de haute prévalence, notamment d’Afrique sub-saharienne et des Caraïbes ;
  • personnes en situation de prostitution ;
  • personnes dont les partenaires sexuels sont infectés par le VIH.

Au moins un dépistage annuel est recommandé pour les populations suivantes :

  • HSH multipartenaires ;
  • UDI ;
  • personnes multipartenaires originaires d’Afrique sub-saharienne et des Caraïbes.

Un test de dépistage de l’infection par le VIH devrait être systématiquement proposé, quelle que soit la population, dans un certain nombre de circonstances particulières :  

  • suspicion ou diagnostic d’IST ou d’hépatite B ou C ;
  • suspicion ou diagnostic de tuberculose ;
  • projet de grossesse ;
  • interruption volontaire de grossesse (IVG) ;
  • première prescription d’une contraception ;
  • viol ;
  • en cours d’incarcération ;
  • en cas de de signes évocateurs d’une infection par le VIH.

Par ailleurs, en cas de prise de risque datant de moins de 48 heures, la personne doit se rendre aux urgences pour une consultation et un éventuel traitement prophylactique post-exposition.

Quels sont les différents types de tests de dépistage du VIH disponibles? Dans quel délai, après une prise de risque, peuvent-ils  être réalisés pour être considérés comme fiables?

 

Elisa de 4e génération

Le test actuellement réalisé en laboratoire est un test Elisa de 4e génération : il s’agit d’un test Elisa mixte détectant simultanément des anticorps anti-VIH-1 et anti-VIH-2, et combiné car il détecte également l’antigène p24 du virus, permettant un dépistage des infections récentes. Un test négatif indique que la personne n’est pas contaminée si elle n’a pas pris de risque dans les 6 dernières semaines précédant la réalisation du test.

En cas de test Elisa de 4e génération positif, un Western-Blot est réalisé pour confirmer le résultat : il détecte différents anticorps dirigés contre le VIH, permettant ainsi de savoir si le virus est réellement présent dans l’organisme. Un Western-Blot négatif indique que la personne n’a pas été contaminée, sous réserve qu’elle n’ait pris aucun risque dans les 6 dernières semaines.

En cas de test Elisa de 4e génération positif et de Western-Blot négatif,il faudra renouveler le test de 
dépistage un peu plus tard pour déterminer s’il s’agit d’une contamination très récente ou d’une fausse réaction positive.

TROD

Le test de dépistage rapide à orientation diagnostique (TROD) est défini comme un test unitaire, à lecture visuelle subjective, de réalisation simple et conçu pour donner un résultat dans un délai court (moins de 30 minutes généralement). Il peut être réalisé sur sang total, fluide gingival, sérum et plasma en fonction de la (des) matrice(s) revendiquée(s) par le fabricant pour son test. Actuellement, un TROD permet la détection des anticorps anti-VIH-1 et anti-VIH-2. Certains professionnels de santé et personnels formés peuvent utiliser les TROD sur leur lieu d’exercice. Un résultat négatif ne peut être interprété en cas de prise de risque datant de moins de 3 mois. Le résultat positif d’un TROD doit être confirmé par un test conventionnel de type Elisa de 4e génération.

ADVIH

Les autotests de dépistage de l’infection par le VIH (ADVIH) sont des TROD destinés à être utilisés dans un environnement domestique par des utilisateurs profanes. Le prélèvement et l’interprétation sont effectués directement par l’intéressé.

Le résultat positif d’un ADVIH doit être confirmé par un test conventionnel de type Elisa de 4e génération. Un résultat négatif ne peut être interprété en cas de prise de risque datant de moins de 3 mois.

 Où peut-on faire un test de dépistage du VIH ?

En France, les tests de dépistage de l’infection par le VIH peuvent être réalisés dans différentes structures et auprès de différents professionnels de santé. En fonction de ces acteurs, les tests pratiqués ne seront pas les mêmes :

  • en centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) et centres d’information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles (CIDDIST) (futurs centres gratuits d’information, de dépistage, et de diagnostic [CeGIDD]) [1] :
  • Elisa de 4e génération, TROD ;
  • en laboratoires publics ou privés : Elisa de 4e génération ;
  • auprès de son médecin traitant : ordonnance pour Elisa de 4e génération, éventuellement TROD ;
  • au sein d’associations de lutte contre le sida : TROD par du personnel formé à leur usage ;
  • dans les PASS (permanence d’accès aux soins de santé) et autres services offrant des soins aux plus démunis (centre d’accueil, de soins et d’orientation [CASO], Comede [Comité médical pour les exilés], etc.) : Elisa de 4e génération ou TROD ;
  • chez soi via l’utilisation d’un ADVIH dont on se sera assuré qu’il porte le marquage CE.

Faut-il payer pour faire un test de dépistage du VIH ?

En France, le test de dépistage de l’infection par le VIH (test Elisa de 4e génération), réalisé en laboratoire sur prescription médicale, est remboursé à 100 % par l’Assurance maladie. Il est effectué gratuitement dans les CDAG et les CIDDIST (futurs CeGIDD). Il est possible de faire un test dans un laboratoire sans prescription médicale, mais dans ce cas, il n’est pas remboursé par l’Assurance maladie. Le tarif du test de dépistage de l’infection par le VIH est de 14,04€[2].

Il est possible de faire un TROD gratuitement dans certaines associations de lutte contre le VIH.

Au moment de la rédaction de ce document, début mars 2015, il n’est pas prévu que les ADVIH soient pris en charge par l’Assurance maladie : il est envisagé que l’utilisateur prenne en charge l’intégralité de son règlement, sauf dans les structures qui pourraient le remettre gratuitement



[1] La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2015 crée, dans son article 47, une nouvelle structure appelée centre gratuit d’information, de dépistage, et de diagnostic (CeGIDD). Ces nouveaux centres, financés par l’Assurance maladie, remplaceront les CDAG et les CIDDIST à compter du 1er janvier 2016.

[2] NABM : la cotation de l’acte Infection à VIH-1 et 2 : SD de dépistage (code 0388) est 52 B.

 



Mis en ligne le 15 avr. 2015