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Accréditation – Une nouvelle solution pour la sécurité du patient : la coopération entre anesthésistes-réanimateurs et chirurgiens

06.07.2015

Operation 02Le travail en équipe et plus particulièrement la communication entre anesthésistes-réanimateurs et chirurgiens, représente un enjeu majeur pour la sécurité du patient. Le Conseil national de l’ordre des médecins  a d’ailleurs émis, dès mai 1994 puis en décembre 2001 (actualisation), des recommandations concernant les relations anesthésistes-réanimateurs et chirurgiens. Mais les dysfonctionnements et le manque de communication au sein des équipes persistent et sont des facteurs d’insécurité pour le patient.

En 2009, l’enquête sur les événements indésirables graves associés aux soins (ENEIS) (1) a montré que les événements indésirables graves (EIG) survenant pendant l’hospitalisation étaient le plus souvent associés à des actes invasifs, majoritairement des interventions chirurgicales. Le manque de communication entre professionnels apparait comme une des causes profondes d’évènements indésirables graves le plus souvent retrouvé.

En mars 2015, la HAS a analysé la base de retour d’expérience (base REX) du dispositif d’accréditation des médecins et des équipes médicales. Dans la survenue des 46 957 évènements indésirables associés aux soins (EIAS) analysés depuis 2011, les facteurs le plus souvent en cause étaient liés à l’équipe (dans 27 % des cas). Les causes profondes les plus fréquemment identifiées étaient :

  • les problèmes de communication entre professionnels dans 36,49% des cas,
  • les problèmes de transmissions et d’alertes dans 14,87%,
  • la répartition des tâches (12,06% des cas), les informations écrites (11,39% des cas).

Ces résultats sont similaires à ceux que l’on retrouve dans la littérature. 

La Fédération de chirurgie viscérale et digestive (FCVD) a analysé 559 EIAS déclarés par ses adhérents en 2012. Sur ces 559 EIAS, 330 (soit 59 %) traitent de la relation entre anesthésistes-réanimateurs et chirurgiens aux différentes étapes péri-opératoires : préopératoire (26%), peropératoire (22%), et postopératoire (39%). Une nouvelle analyse réalisée en 2013-2014 confirme la prépondérance du postopératoire observée dans les analyses de 2012 avec, dans 17% des cas, un défaut de communication entre anesthésistes-réanimateurs et chirurgiens.

Ces données (de 2012 à 2014) ont conduit la FCVD à communiquer sur le thème de la gestion des risques dans la relation « anesthésistes-réanimateurs et chirurgiens » lors de différents congrès, en collaboration avec la Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR) et le Collège français des anesthésistes-réanimateurs (CFAR) : Ve journée nationale de la chirurgie viscérale et digestive (22 mars 2014), 116e congrès français de chirurgie à Paris (1er au 3 octobre 2014). Les différents débats ont permis de dégager des pistes de réflexion et ont montré la nécessité et l’intérêt d’un travail sur les relations anesthésistes-réanimateurs et chirurgiens au niveau national, afin d’aboutir à une vision partagée par les uns et les autres.

C’est ainsi qu’à l’initiative de la HAS, de la FCVD, du CFAR et de la SFAR, 6 organismes agréés (FCVD, CFAR, SFCTCV, AFU, Orthorisq et Plastirisq) ont décidé de s’associer pour élaborer une « solution pour la sécurité du patient » (SSP) sur la problématique de la relation anesthésistes-réanimateurs et chirurgiens. L’objectif est de construire un outil pratique clarifiant les rôles et responsabilités (qui fait quoi ?) dans une relation interactive et opérante afin d’améliorer l’organisation de la prise en charge péri-opératoire et de la sécuriser.

Christiane Dosseh – Bruno Bally – HAS

 

 

(1) Michel P., Lathelize M., Domecq S., Kret M., Bru-Sonnet R., Quenon J.-L., Minodier C., Moty-Monnereau C., Chaleix M., Olier L., Roberts T., Nitaro L., Quintard B., 2011, « Les événements indésirables graves dans les établissements de santé : fréquence, évitabilité et acceptabilité », Études et résultats, DREES, n° 761, mai.

 

 

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