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Recommandation en santé publique

Évaluation médico-économique des traitements de fond biologiques dans la prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde

Date de validation
novembre 2015

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie rhumatismale auto-immune, inflammatoire, chronique, évoluant par poussées provoquant des gonflements et des douleurs au niveau des poignets, des mains ou des pieds et détruisant progressivement les articulations. Elle peut toucher également des organes extra-articulaires tels que les poumons et peut conduire à une incapacité fonctionnelle et à la difficulté d’exercer une activité professionnelle. La proportion des femmes atteintes est deux à trois fois plus élevée que celle des hommes. En France, selon les données de la CNAM, le nombre de personnes en affection de longue durée (ALD) pour PR était de 217 600 en 2017.
En première ligne de traitement, le méthotrexate est le médicament de fond de référence de la PR. En deuxième ligne et plus, suite à une réponse insuffisante au méthotrexate, les traitements de fond biologiques (molécules mères et leurs biosimilaires) et plus récemment les traitements de fond dits synthétiques ciblés sont prescrits.

En parallèle des travaux menés par la CNAM dans le cadre de son plan de maîtrise médicalisée sur le bon usage des traitements de fond biologiques et afin de répondre à une saisine de la Direction de la sécurité sociale (DSS), une évaluation économique de ces médicaments a été menée au sein de la HAS. Il s’agit de la première étude médico-économique réalisée en France comparant 180 stratégies médicamenteuses chez des patients atteints de PR définies par des séquences de traitements de fond biologiques et synthétiques ciblés.
Les principaux résultats de cette évaluation sont :

  1. Les différentes séquences évaluées dans le cadre du parcours médicamenteux ne se distinguent guère en termes de bénéfice en années de vie gagnées en bonne santé alors que leur coût varie de façon importante. Les coûts d’acquisition des traitements de fond biologiques représentent le poste contribuant le plus au coût total d’un parcours médicamenteux du patient atteint de PR.
  2. Selon les données actuelles, les stratégies intégrant les biosimilaires sont les moins coûteuses et tendent également à être parmi les plus « efficaces ». Le renforcement de la mise en concurrence des traitements de fond biologiques et leurs biosimilaires est une opportunité pour générer des économies tout en garantissant un accès à des traitements de qualité à de nombreux patients.
  3. La trithérapie (association de trois traitements de fond synthétiques) est la séquence la moins coûteuse en deuxième ligne de traitement de la PR. Cependant le bénéfice médico-économique de la trithérapie (qui ne représente pas aujourd’hui un traitement standard de la PR en France) reste incertain et lié d’une part à la confirmation des données d’efficacité et d’autre part à la démonstration de son acceptation par le patient et de la bonne observance du traitement.

 

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Mis en ligne le 16 mai 2019