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Chimiothérapie en hospitalisation à domicile : une pratique à développer

26.02.2016

La chimiothérapie en hospitalisation à domicile (HAD) est une pratique encore peu développée. Pourtant, il serait essentiel qu’elle se répande. En effet, les patients sont nombreux à la plébisciter et cette pratique permet aussi de désaturer les plateaux techniques. La HAS a édité des recommandations en santé publique sur ce sujet en janvier 20151.

 

La chimiothérapie anticancéreuse est le plus souvent réalisée dans les pôles d’hospitalisation de jour (HDJ) des établissements de santé. Mais l’augmentation de l’incidence des cancers et leur chronicisation accroissent les besoins. Aussi, le transfert d’une partie des activités de chimiothérapie au domicile semble pertinent.

Une activité appréciée par les patients mais trop peu répandue

En 2014, la chimiothérapie en hospitalisation à domicile (HAD) a été peu développée, voire totalement absente dans certaines régions.

Peu d’études fiables permettent de mesurer la satisfaction des patients par mode de prise en charge. Toutefois, la majorité des structures d'HAD interrogées par les experts de la HAS lors d’enquêtes de terrain2 ont souligné la satisfaction et le confort des patients. Ceci est d’autant plus vrai que la population est fragile – personnes âgées, enfants, personnes atteintes de cancers métastasiques – ou que les injections de chimiothérapie sont fréquentes.

Les chimiothérapies sont réalisées dans les mêmes conditions de qualité et de sécurité qu’en HDJ, notamment pour la préparation des solutions médicamenteuses.

Le point sur certaines des recommandations

  • Assurer en priorité une couverture régionale par les HAD des soins d’hématologie pour les populations les plus fragiles. Pour y parvenir, il serait pertinent de cibler les prises en charge qui apportent un vrai confort, notamment aux patients les plus vulnérables. La chimiothérapie à domicile se révèle particulièrement indiquée pour les maladies du sang – ou hémopathies malignes. Reposant le plus souvent sur une administration sous-cutanée ou une durée de perfusion courte, la prise en charge de ces pathologies est plus facilement transposable au domicile. Le réseau Hematolim en Limousin expérimente avec succès le dispositif d’externalisation et de sécurisation de chimiothérapie à domicile pour les hémopathies malignes (Escadhem).

  • Définir la place de l'HAD dans le cas des chimiothérapies par voie orale qui se sont fortement développées récemment. Ce mode d’administration est plus aisé pour les patients. L’évaluation des résultats des expérimentations en cours sur l’observance et le suivi des patients permettra de définir le périmètre et les éventuelles modalités d’intervention de l’HAD dans le cas des chimiothérapies orales.

  • Informer les patients via les associations d’oncologie et d’hématologie sur la possibilité du recours à l’HAD. En parallèle, les oncologues et hématologues prescripteurs devraient aussi être informés afin de développer cette pratique. Une sensibilisation pourrait être effectué via la formation initiale et/ou continue.

  • Améliorer les outils de communication informatique entre les HAD et les établissements prescripteurs. L’utilisation du logiciel Chimio, outil de traçabilité et de sécurisation du circuit de prescription de chimiothérapie, pourrait s’avérer pertinente, en développant un module spécifique pour assurer les liaisons avec les HAD.

  • Renouveler le modèle tarifaire afin que la chimiothérapie pratiquée en HAD ne soit plus déficitaire. En raison du prix élevé des médicaments, l’équilibre économique demeure très fragile. Aussi un « forfait d’externalisation » pourrait être mis en place dans les établissements de santé qui choisissent de transférer certains de leurs patients vers l’HAD.

  • Maintenir des tarifications incitatives pour les infirmières libérales qui souhaitent s’engager dans cette pratique, car dans certains cas, les injections de chimiothérapie nécessitent une longue présence au domicile du patient.

 

Une chaîne de soins complexes

L’administration de la chimiothérapie nécessite un encadrement strict. En effet, cette pratique mobilise une chaîne de soins qui fait intervenir de nombreux intervenants : oncologues prescripteurs, médecins coordonnateurs, pharmaciens de pharmacies à usage intérieur, cadres de santé, infirmiers salariés et libéraux, transporteurs... Leur rôle doit être bien défini et réglementé. Cette chaîne de soins suppose que tous ces professionnels puissent s’organiser et se mobiliser autour du patient.  

 

1. Ce travail, réalisé à la demande de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) du ministère de la Santé, actualise un rapport de 2005.
2. Les auteurs de l’étude ont analysé la base de données PMSI HAD, étudié la littérature internationale et mené des enquêtes de terrain sur 5 sites.

Article rédigé par Citizen press


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