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Certification V2014 – L’heure du premier bilan

30.06.2017

La certification des établissements de santé V2014 est bientôt à mi-parcours : l’occasion de revenir sur les premiers résultats et d’envisager des pistes d’amélioration. Le Dr Carole Cretin* (CHU Nancy), Christine Gueri* (expert-visiteur), Marie Citrini* (représentante des usagers) et Laurence Garo (chef de service à la HAS) sont revenues sur leur expérience à l’occasion de la Paris Healthcare Week 2017.

 

Avec près de 1 000 établissements visités, la certification V2014 des établissements de santé suit son cours. Et le chemin parcouru autorise d’ores et déjà quelques observations. « Plus des deux tiers des établissements étudiés ont reçu des certifications de niveau A ou B, souligne Laurence Garo. Pour l’instant, seuls six établissements n’ont pas été certifiés ». Des résultats éloquents quand on les compare avec ceux du précédent cycle de certification. En moyenne, 62 % des premières décisions en V2014 aboutissent à une certification A ou B, contre 54 % durant la V2010. Cette évolution confirme l’amélioration progressive du niveau d’exigence des établissements de santé et leur appropriation des critères de certification. Meilleurs élèves : les services de radiothérapie et de médecine nucléaire, grâce à un fort niveau de maîtrise des risques et un cadre règlementaire strict.

 

Identifier les freins à la certification

Des premiers résultats qui font apparaître un lien entre le type de l’établissement et son niveau de certification. Tandis que les hôpitaux relevant du service de santé des armées (ministère de la Défense) ou les centres de lutte contre le cancer présentent d’excellents résultats, les établissements de taille plus importante, avec un volume d’activité plus élevé, ont des résultats moins favorables. En cause : la multiplicité des prises en charge, la difficulté d’avoir un management cohérent dans de grosses structures, mais aussi la gestion d’activités à risque. Certains secteurs ou activités restent en effet particulièrement sensibles, comme le bloc opératoire, l’endoscopie, la salle de naissance, la prise en charge médicamenteuse ou encore le processus d’identitovigilance. « Plusieurs facteurs bien identifiés nuisent à la certification, tels le non-respect des bonnes pratiques ou le manque de culture de l’évaluation », indique Laurence Garo.

 

Une amélioration continue du processus

La V2014 est aussi l’occasion de mettre à l’épreuve et d’améliorer le processus de certification. Parmi les fondamentaux, la visite demeure un temps fort. « Il s’agit d’un moment très important pour les établissements, qui permet d’identifier ensemble les points à améliorer », confirme Christine Gueri, expert-visiteur. Quant à la restitution plénière, elle est l’occasion d’exposer clairement les résultats, pour éviter les surprises. « Globalement, constate Laurence Garo, la procédure s’est adaptée aux besoins avec l’expérience ». Par exemple, les bilans journaliers ont été renforcés à la demande des établissements. Quant aux innovations de la procédure V2014 comme l’audit de processus ou l’intégration des indicateurs, elles sont globalement saluées par les différents acteurs. Parmi elles, la méthode du patient-traceur fait l’unanimité : « C’est un excellent outil d’évaluation, qui permet d’avoir une vision détaillée de l’expérience usager », précise Marie Citrini.

Et pour l’avenir ? « Plusieurs pistes sont envisagées, comme l’amélioration du compte qualité, des outils informatiques et des échanges entre la HAS et les professionnels. Néanmoins, le principal chantier portera sur l’adaptation de la certification aux groupements hospitaliers de territoire », conclut Laurence Garo.

 

Propos recueillis par l'agence Citizen press

 

* Déclarations publiques d'intérêts.