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Certification synchronisée : l’expérience du GHT Loire

17.11.2017

Rassemblant 20 établissements de santé, le GHT Loire est le plus important groupement hospitalier de territoire en France en nombre de membres. Totalisant près de 7700 lits et places et 15300 professionnels, il dessert un bassin de population de 820 000 habitants. 150 km séparent les deux établissements les plus éloignés.
En 2017,
tous les établissements ont adopté une politique qualité et sécurité des soins commune. Pour leur certification, ils ont choisi de conduire ensemble des démarches synchronisées et de travailler conjointement 4 thématiques : le management de la qualité et de la gestion des risques, l’identitovigilance, l’hygiène/risque infectieux et les droits des patients.

 

Le projet médical et le projet de soins partagés

Cinq axes transversaux structurent le projet médical partagé : la qualité et la sécurité des soins, l’attractivité et la gestion des emplois médicaux, la recherche clinique et l’innovation, le dossier patient partagé et l’information médicale et de santé publique. La diversité des profils des établissements membres (1 CHU, 1 institut de cancérologie, 5 établissements MCO, 13 hôpitaux de proximité) fait que les principales filières de soins sont présentes dans le projet médical partagé du GHT Loire.

Une équipe médicale territoriale en anesthésie est déjà mise en place. Pour les urgences, le projet médical vise à recentrer les 6 services d’urgences sur leur cœur de métier et à une meilleure articulation des 2 Samu départementaux, une particularité du territoire. En soins de suite et de réadaptation, l’objectif est de fluidifier les parcours des patients entre les nombreux établissements du GHT exerçant cette activité. En cancérologie, la mise en place d’une organisation graduée, la formalisation des parcours patients et le suivi de l’innovation sont inscrits dans le projet.

Quant au projet de soins partagé, l’accent est mis sur la qualité et la sécurité des prises en charge lors des interfaces des parcours de soins. L’amélioration des transmissions paramédicales, la continuité des prises en charge, le partage des fiches de liaison, l’information réciproque sur la disponibilité des lits sont inscrits dans le projet. S’ajoute le management des professionnels visant à développer les compétences, le soutien des cadres de santé  et un dispositif de veille sur les bonnes pratiques.

 

Le pilotage de la démarche qualité commune : mise à disposition d’une « boîte à outils »

La coordination de la démarche qualité entre les 20 établissements est assurée par un groupe thématique sur le management de la qualité et de la gestion des risques. Le GHT Loire est articulé en trois bassins de proximité (Roanne, Saint-Etienne et Annonay) pour lesquels un établissement « référent » relaye les informations et facilite le pilotage.

La priorité est de doter les établissements d’outils communs, d’apporter une aide à la certification conjointe et de développer la culture positive du signalement et de la sécurité des soins. Par exemple, si les établissements ne sont pas prêts aujourd’hui pour réaliser ensemble l’analyse des évènements indésirables graves, les actions sont orientées vers l’harmonisation de la méthode d’analyse (même catégorisation, même échelle de fréquence/gravité).

Un colloque commun visant à une meilleure sensibilisation à la déclaration est organisé pour mars 2018. Différents outils sont à disposition des membres : un site internet dédié au GHT, une hotline qualité assurée par le CHU et une plateforme collaborative de travail référençant de nombreux outils déclinables dans chaque établissement. Chaque membre reste libre d’utiliser ou non ces dispositifs. Un état des lieux est également en cours pour mettre en place une gestion documentaire partagée.

Des patients traceurs ont d’ores et déjà été réalisés sur des parcours interétablissements, comme la réanimation néonatale entre les hôpitaux de Roanne et de Saint-Etienne.

 

Des thématiques communes : l’identitovigilance, l’hygiène et le risque infectieux et les droits des patients

Les groupes thématiques se sont constitués fin 2016. À partir d’une analyse des risques et d’un consensus pluriprofessionnel, des axes prioritaires de travail se sont dégagés.

Pour l’identitovigilance, le travail a été amorcé avant la constitution du GHT sur le secteur particulier de l’hémovigilance. Une charte d’identification commune est écrite et un modèle commun de l’étiquette patient est proposé. À 20 établissements, le GHT a plus de poids face aux éditeurs de logiciels. La rédaction d’une stratégie commune est en cours et une réflexion est menée pour installer une cellule d’identitovigilance à l’échelle du GHT.

Le travail sur la gestion du risque infectieux a débuté par un recensement des ressources au sein du GHT (moyens, structures, formations et compétences). Les travaux se sont centrés sur deux risques : les transmissions croisées et l’antibiorésistance. Des actions sur l’hygiène des mains, une meilleure prévention de la grippe, la lutte contre l’émergence des bactéries hautement résistantes (BHRe) et le juste usage des antibiotiques ont été conduites. Pour le moment, chaque établissement mène sa politique d’hygiène séparément. Une stratégie commune doit être définie, en particulier sur l’accueil des patients BHRe au niveau du territoire.

Concernant les droits des patients, une meilleure formalisation des politiques, la promotion de la bientraitance et la prévention de la maltraitance, l’information des professionnels et des patients sur le dommage lié aux soins sont les trois axes de travail prioritaires. Le groupe se donne jusqu’à janvier 2019 pour arrêter une politique commune sur les droits des patients et organiser des formations communes.

 

Article rédigé par Nathalie Sonzogni – Coordinatrice programmation et suivi de l’activité – Service de certification des établissements de santé – HAS