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« L’accréditation agit comme un cercle vertueux »

27.03.2018

Comment l’accréditation contribue-t-elle à faire émerger une culture de la sécurité du patient au sein des équipes médicales ? Les réponses du Dr Laetitia May-Michelangeli, chef de service de la mission sécurité du patient à la HAS.

 

Quels messages transmettre aux médecins pour les inciter à entrer dans la démarche d’accréditation ?

Après dix ans d’existence, l’accréditation est devenue bien plus qu’une démarche de gestion des risques médicaux. Elle permet à chaque professionnel de s’interroger sur les risques engendrés par son activité en échangeant avec des pairs de sa spécialité. Et, en ce qui concerne l’accréditation en équipe, elle permet de partager avec ses collègues les bonnes et les mauvaises pratiques, de les faire évoluer, de parfaire sa formation pour améliorer la sécurité du patient… L’enjeu ? Diminuer la survenue des évènements indésirables et en limiter les conséquences. Quand on comprend les rouages de l’accréditation, on se rend compte qu’elle est complètement intégrée à l’activité professionnelle. Ce n’est pas une démarche de plus. En participant au développement des compétences techniques, mais aussi non techniques (culture de sécurité, déclaration des évènements indésirables associés aux soins, confiance, communication…), elle contribue à améliorer la qualité et la sécurité des soins dans les établissements.


Comment développer la prise en compte de la démarche d’accréditation dans la certification ? A-t-on des éléments qui permettent d’évaluer son impact sur la gestion des risques en établissement de santé ?

Environ 8 400 médecins sont engagés dans le processus d’accréditation sur les 35 000 potentiellement concernés et plus de 110 000 évènements indésirables ont été signalés depuis dix ans, c’est un premier motif de satisfaction. Mais il est difficile, voire impossible, d’évaluer l’impact du dispositif d’accréditation sur la qualité et la sécurité des soins. Une seule étude réalisée en 2013 par un cabinet d’assurance a conclu à un lien entre accréditation/formation et baisse de la sinistralité chez les médecins accrédités. Ce qui est sûr, c’est que, grâce à l’accréditation, les professionnels ont créé une base de retours d’expériences unique. Ils en tirent régulièrement des enseignements et élaborent des solutions pour la sécurité du patient (SSP), très pratico-pratiques, qui portent sur l’organisation des équipes et des soins.

 

Comment les données issues du dispositif d’accréditation permettent-elles d’enrichir le dispositif de gestion des risques ?

Le dispositif d’accréditation agit comme un cercle vertueux. Les spécialités proposent dans un premier temps de travailler sur les situations les plus à risques. Les professionnels accrédités alimentent les réflexions en décrivant des évènements indésirables associés aux soins qu’ils ont rencontrés dans leurs pratiques. Ils s’interrogent, en analysent les causes et rectifient si besoin leurs pratiques grâce à de nouveaux protocoles, de nouveaux modules de formation. L’analyse d’un grand nombre d’évènements permet à la spécialité de réajuster les situations à risque et d’élaborer des solutions pour la sécurité, dites SSP, que les professionnels devront mettre en œuvre….

 

Comment encourager le développement de l’accréditation en équipe en associant les différentes professions et disciplines ?

L’équipe est une barrière de sécurité indéniable ! Elle permet de rattraper une erreur, d’éviter qu’un dysfonctionnement ne se produise. Ce que l’on vise : que 1+1 soit supérieur à 2 ! Le corollaire, c’est qu’une équipe qui fonctionne mal va engendrer plus de risques qu’un individu qui travaille bien…. L’enjeu est de passer d’un groupe d’experts, tous individuellement compétents d’un point de vue technique, à une équipe experte composée de personnes individuellement compétentes techniquement qui auront appris, en outre, à intégrer les facteurs humains dans leur pratiques (communication, gestion du stress, coordination, leadership, respect de l’autre)…