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« 307 hépato-gastro-entérologues déjà engagés dans l’accréditation »

27.03.2018

Le Dr Béatrice Dupin est présidente d’un organisme agréé pour l’accréditation (OA), le Collège évaluation formation accréditation en hépato-gastro-entérologie (CEFA HGE). Elle donne ici son point de vue sur l’accréditation en équipe : quels bénéfices espérer et quelles sont les éventuelles contraintes ?


Pouvez-vous présenter l'activité accréditation du CEFA HGE ? 

Le CEFA est une structure unique, il représente aujourd’hui le seul organisme de DPC et d’accréditation en hépato-gastro-entérologie. Ses membres fondateurs sont issus de toutes les sociétés savantes et de tous les organismes professionnels de notre profession, avec une parité libérale et hospitalière. Depuis 2014, nous avons réussi à motiver de nombreux hépato-gastro-entérologues libéraux et salariés dans une démarche d’accréditation en équipe que nous appelons GMT (Gastro Medical Team). Aujourd’hui, nous recensons 307 médecins engagés et répartis en 33 équipes : 21 libérales et 12 salariées. Pour le CEFA, l’intérêt de l’accréditation en hépato-gastro-entérologie repose essentiellement sur la démarche en équipe car nous travaillons rarement seuls, quelle que soit notre orientation : endoscopie, maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (Mici), oncologie…


D'après votre expérience, quels ont été les bénéfices de l'accréditation pour les médecins qui ont fait cette démarche ? 

L’accréditation permet de valoriser le travail de tous les membres de l’équipe. Elle s’appuie sur l’implication de tous les hépato-gastro-entérologues de la GMT et resserre les liens avec le personnel soignant du secteur endoscopie. Surtout, l’accréditation améliore la qualité et la sécurité de la prise en charge de nos patients. L’accréditation est un atout important qui peut être mis en avant lors de la certification HAS des établissements et elle sera probablement une des entrées dans la « recertification » des médecins. Enfin, il faut souligner que l’attrait de la démarche accréditation dans notre spécialité n’est pas du tout financier puisque ni les hépato-gastro-entérologues ni notre organisme d’accréditation ne bénéficient d’une aide financière des assurances professionnelles ou de la caisse assurance maladie.

 

Comment l’accréditation permet-elle d’améliorer la qualité des soins et la sécurité des patients ?

Nous identifions 3 éléments qui permettent d’améliorer la qualité et la sécurité des soins : la gestion des risques, l’analyse des pratiques et l’amélioration des connaissances. L’accréditation permet de mieux gérer les risques, notamment lors de la discussion sur les évènements indésirables associés aux soins (EIAS) en RMM. Dans notre spécialité, la réflexion autour des EIAS implique non seulement les hépato-gastro-entérologues mais aussi les anesthésistes, urgentistes, les radiologues interventionnels, les cardiologues, les réanimateurs… Ces RMM permettent de mettre en place des protocoles d’amélioration dans de nombreuses prises en charge : hémorragies digestives graves, corps étrangers œsophagiens, gestion des patients sous agents antiplaquettaires (AAP) ou anticoagulants... Nous nous efforçons de suivre les recommandations de nos sociétés savantes  et de nous évaluer en fonction des protocoles établis. Autre élément d’amélioration de la qualité des soins : l’analyse de nos pratiques. Cette analyse permet de déployer des actions d’amélioration collective auxquelles adhèrent tous les membres de l’équipe. C’est par exemple harmoniser la rédaction des comptes rendus d’endoscopie. L’accréditation permet également d’améliorer les connaissances au travers des congrès organisés par nos sociétés savantes, des formations pratiques comme celles proposées par les universités de Limoges ou des FMC labellisées par notre OA. Chaque médecin choisit une formation dans laquelle il s’estime être moins bon : il n’y a pas de thème FMC imposé, tout est basé sur les besoins de FMC du médecin.

 

Quelles contraintes avez-vous identifiées dans le déploiement de l'accréditation en équipe ?

La partie administrative de l’inscription individuelle de chaque membre de l’équipe sur le site du SIAM 2 peut rebuter certains membres, c’est pourquoi la réussite de la démarche repose en grande partie sur la volonté et le dynamisme du leader de l’équipe. C’est à lui de stimuler l’équipe et d’échanger sur l’analyse des EIAS avec l’expert qui a été attribué à l’équipe. Le leader se charge aussi, très souvent, du remplissage du dossier équipe sur le SIAM 2 de la HAS : déclaration des EIAS, téléchargement des comptes rendus de RMM et de réunions, bilan annuel de l’équipe… Dans les équipes, l’aide d’une secrétaire motivée est essentielle pour mener à bien les démarches administratives et faire passer les informations à tous les médecins.

Selon vous, comment pourrait-on améliorer davantage la qualité des soins ?

Au CEFA, nous aimerions intégrer la notion de « pertinence des actes » dans notre activité. C’est un élément important de la qualité des soins qui rentre tout à fait dans la démarche d’accréditation. Cela permettrait d’éviter des actes inutiles, comme de faire encore trop souvent une endoscopie haute quand une coloscopie est programmée. Nous sommes justement en train de revoir le référentiel du CEFA : nous allons y ajouter le facteur « Pertinence des soins ».