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8 juin 2018 | Communiqué de presse

Vaccination : un an de travaux scientifiques argumentés pour nourrir un dialogue nécessaire

Depuis un an, la Haute Autorité de Santé (HAS) a pour mission d’élaborer les recommandations vaccinales qui servent de base à la définition de la politique vaccinale en France. Sa commission technique des vaccinations (CTV) a ainsi pu se prononcer sur un nouveau vaccin susceptible de modifier la stratégie de prévention du pneumocoque chez l’enfant, sur des nouveaux vaccins contre la grippe et sur la mise en œuvre de recommandations de vaccinations face au contexte épidémique à Mayotte ou devant des pénuries ou arrêts de commercialisation. La HAS, par ses méthodes rigoureuses, argumentées et transparentes d’élaboration des recommandations vaccinales, souhaite contribuer à un dialogue constructif et nécessaire en apportant les éléments scientifiques démontrés.

L’an dernier, la mission d’élaborer des recommandations vaccinales et de participer à la politique vaccinale a été transférée à la HAS par la loi n°2017-220 du 23 février 2017. Auparavant assurée par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), cette nouvelle mission a donné lieu à la création de la Commission technique des vaccinations (CTV) qui s’est réunie pour la première fois en mai 2017.

Durant cette première année, la CTV a élaboré 9 recommandations de stratégies vaccinales et deux avis spécifiques à destination du ministère chargé de la Santé. Son activité s’est inscrite dans un contexte particulier caractérisé par la défiance d’une partie du grand public envers les vaccins et une couverture vaccinale contrastée pour certaines maladies ou dans certaines populations. La menace d’une résurgence de certaines pathologies infectieuses qui avaient disparu rappelle aujourd’hui l’importance cruciale des vaccins comme outil de prévention à un niveau individuel comme collectif.


Évaluer la pertinence de chaque vaccin selon la maladie et la situation de la France

Les recommandations de la HAS visent à définir les stratégies vaccinales à adopter en fonction d’objectifs de prévention à un niveau individuel (prévenir la survenue de la maladie ou de ses complications) ou collectif (éviter le développement d'épidémies).

Ainsi un nouveau vaccin ne donnera pas automatiquement lieu à une recommandation favorable de la HAS : il devra permettre d’atteindre ces objectifs et être pertinent par rapport aux modes de transmission de la maladie ou de la situation épidémiologique en France par exemple.

Chaque stratégie vaccinale a enfin vocation à être revue et actualisée régulièrement, en tenant compte de l’évolution de l’épidémiologie ou de l’arrivée de nouveaux vaccins.


Rigueur scientifique, transparence et avis indépendants pour ouvrir le dialogue

Le rattachement de la mission vaccination à la HAS a permis aux experts de bénéficier d’un meilleur soutien logistique institutionnel et de revues systématiques et exhaustives de la littérature. Il a été l’occasion d’élargir les profils des membres de la commission (qui compte notamment désormais un méthodologiste, un pharmacien, un infirmier) et de l’ouvrir vers la société civile en intégrant un représentant des usagers. La commission a ainsi pu élaborer ses recommandations selon la méthode HAS : analyse de la littérature scientifique rigoureuse conformément aux principes de l’evidence based medecine, gestion stricte et transparente des liens d’intérêt, recommandations détaillées et accessibles à tous… Autre point nouveau, les recommandations susceptibles de modifier les stratégies vaccinales actuelles sont désormais systématiquement proposées à consultation publique. Par cette méthode, la commission espère ouvrir le dialogue sur ses recommandations, partager les informations scientifiques disponibles, contribuer ainsi à une meilleure connaissance et compréhension des recommandations vaccinales par tous, usagers et professionnels de santé.


Une année de travaux répondant à des situations très variées

Au-delà d’avoir garanti la continuité des missions de l’ancien comité technique des vaccinations, la HAS a eu au cours de l’année écoulée une activité dense. En un an, la HAS a ainsi pu répondre – y compris en urgence – à des questions aussi diverses que :

  • La mise en œuvre de vaccinations en contexte d’épidémie,

  • la place de nouveaux vaccins dans une stratégie vaccinale existante,

  • la définition de populations cibles prioritaires en cas de tension d’approvisionnement ou d’arrêt de commercialisation d’un vaccin,

  • les conditions d’un rattrapage vaccinal en cas de couverture trop faible,

  • la modification de la population ciblée dans une stratégie vaccinale,

  • les recommandations pour des populations particulières comme les femmes enceintes,

  • la mise en œuvre opérationnelle de la politique vaccinale.

Dans un contexte de politique volontariste de la ministre chargé de la Santé pour faciliter l’accès à la vaccination, simplifier le parcours vaccinal et lever les freins à la vaccination, l’activité déjà soutenue de la première année va sans nul doute encore s’intensifier.

 

Quelques recommandations emblématiques de l’année et de prochains travaux

 

Durant sa première année d’exercice, la CTV :

  • a rendu un avis négatif sur l’intégration d’un nouveau vaccin à la stratégie actuelle de prévention du pneumocoque chez l’enfant

Malgré un rapport bénéfice/risque très favorable du vaccin, la CTV n’a pas recommandé l’intégration du vaccin SYNFLORIX dans la stratégie vaccinale actuelle, compte-tenu de l’épidémiologie en France (croissance du sérotype 19A maitrisée par le vaccin actuellement utilisé, PREVENAR13).

  • a recommandé l’intégration de 2 nouveaux vaccins contre la grippe dans la stratégie française

La CTV a conclu que les nouveaux vaccins tétravalents contre la grippe (Vaxigrip Tetra, Influvac Tetra) sont aussi efficaces que les trivalents utilisés jusqu’à ce jour et qu’ils peuvent être intégrés sans problème à la stratégie vaccinale existante.

  • a formulé des préconisations en urgence dans le contexte épidémique à Mayotte

La CTV a élaboré deux recommandations en urgence dans le cadre d’une campagne de rattrapage vaccinal à Mayotte. Compte tenu d’une couverture vaccinale insuffisante et d’un système de santé très sollicité, la HAS a donné son accord pour :

    • la vaccination des femmes enceintes contre la coqueluche afin de protéger leurs enfants dès la naissance ;
    • l’administration en une seule fois de plusieurs vaccins chez des enfants de 0 à 6 ans.

  • a défini des conduites à tenir en situation de pénurie ou d’arrêt de commercialisation

La commission a été sollicitée pour répondre à une pénurie de vaccins contre l’hépatite B, l’arrêt de commercialisation du vaccin pneumococcique polyosidique et d’un vaccin contre la rougeole, vaccins déjà recommandés et inscrits au calendrier vaccinal. La HAS a ainsi pu définir les populations prioritaires devant bénéficier de la vaccination.

 

Et demain, des avis très attendus

  • La commission a déjà inscrit à l’ordre du jour, pour sa seconde année d’activité, différents sujets comme :

  • la vaccination des garçons contre le papillomavirus humain (HPV),

  • la vaccination des femmes enceintes (hors contexte épidémique),

  • la conduite à tenir en cas de statut vaccinal inconnu ou incomplètement connu, aussi bien pour les migrants qu’en population générale,

  • l’élargissement des compétences des infirmiers, des pharmaciens et des sages-femmes en matière de vaccination (pour la grippe puis pour toutes vaccinations).

Mis en ligne le 08 juin 2018
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