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IVG – Zoom sur les méthodes et les protocoles

02.07.2018

Lorsqu’une femme souhaite recourir à une interruption volontaire de grossesse (IVG), il est essentiel qu’une information détaillée lui soit délivrée afin qu’elle dispose de tous les éléments pour choisir entre une IVG médicamenteuse ou une IVG chirurgicale. Si l’IVG médicamenteuse est retenue, elle repose sur l’association d’une antiprogestérone suivie d’une prostaglandine. L’efficacité de la méthode est conditionnée par le respect d’un protocole précis. Explications de Bertrand Mussetta et du Dr Evelyne Joubert*, du service évaluation des médicaments à la HAS.

 

Quels sont les éléments qui permettent de faire un choix entre une IVG chirurgicale et une IVG médicamenteuse ?

Trois éléments déterminent le choix entre les deux techniques : le stade de la grossesse, l’offre de soins disponible et les préférences de la femme.

  • L’IVG chirurgicale, sous anesthésie générale ou locale, peut être proposée jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée (SA). Une préparation cervicale médicamenteuse est recommandée.
  • L’IVG médicamenteuse peut être proposée jusqu'à 7 SA en cabinet de ville, dans un centre de planification ou un centre de santé et jusqu’à 9 SA dans un établissement de santé. Elle repose sur une antiprogestérone (mifépristone) suivie, 36 à 48 heures après, d’une prostaglandine (misoprostol ou géméprost). Elle est pratiquée par un médecin ou une sage-femme.

Dans tous les cas, une visite de contrôle est nécessaire dans les 14 à 21 jours. Les protocoles validés sont détaillés dans la fiche BUM. Quelle que soit la méthode retenue, le misoprostol ne doit pas être utilisé à une dose supérieure à 400 µg et/ou en intravaginal.

 

Quelles sont les données d’efficacité de l’IVG médicamenteuse ?

Les études révèlent que lorsque les protocoles conformes à l’autorisation de mise sur le marché (AMM) ont été respectés, le taux d’expulsion complète était compris entre 92 et 96 %.

Il est essentiel d’informer la femme que l’IVG médicamenteuse comporte un risque d’échec et qu’il sera nécessaire dans ce cas de recourir à une IVG chirurgicale si l’interruption est toujours souhaitée.

Au cas où la femme renonce à interrompre la grossesse, elle doit être avertie que le misoprostol est tératogène.

 

Quels sont les éventuels effets indésirables pouvant résulter de l’IVG médicamenteuse ?

Les évènements indésirables les plus fréquemment rencontrés ont été des douleurs pelviennes, des métrorragies, des nausées, des vomissements et des diarrhées. Dans moins de 5 % des cas, des saignements utérins abondants ont nécessité un curetage hémostatique.

Des évènements rares, mais graves, ont aussi été signalés, principalement lors d’utilisations hors AMM de spécialités contenant du misoprostol : chocs toxiques et septiques après administration par voie vaginale de comprimés destinés à la voie orale, infarctus du myocarde, AVC, principalement après des doses supérieures à celles figurant dans l’AMM.

 

* Propos recueillis par Arielle Fontaine – HAS